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Le Kiosque aux Canards

Le Kiosque aux Canards

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Tunisie : mais où sont passés nos barbus ?

Tunisie : mais où sont passés nos barbus ?

Manou Bouzid, correspondante tunisienne du Kiosque aux Canards, se demande “ou sont passés nos barbus ?”

Non pas qu’ils nous manquent, mais leurs disparitions apparentes et leurs silences font presque peur. Depuis près de trois mois on ne les voit plus, on ne les entend plus, et ils ne font plus parler d’eux !

Nettoyage de printemps anti barbus

Il y a trois mois, les municipalités y compris celle de Bizerte, ont décidé de faire le grand nettoyage de printemps.

Bien sur les citoyens furent agréablement surpris car, depuis deux ans, c’est la première fois que les nadahouis font quelque chose pour eux et surtout quelque chose de positif ce qui ne gâche rien à notre agréable surprise.

Evidemment il y a eu quelques échauffourées avec la police au moment de déloger les vendeurs de rue presque tous barbus, car la barbe est leur passeport pour l’anarchie. Ces nassabas qui s’étaient appropriés des artères complètes de la ville ont été délogés manu militari et alors qu’on s’attendait à une guerre de rue qui allait durer et perdurer, à notre grand étonnement , après deux jours de grogne ce fut le calme plat. Mieux : ils n’ont pas remis leur étal après le départ de la police.

L’apprentissage du civisme chez les barbus ?

Les barbus se sont ils d’un coup pris par un sens du civisme qu’ils ignoraient jusqu’à maintenant ?

Le fait qu’on les voit moins serait dû, pour certains, à la chaleur : des barbus se raseraient car cet attribut pileux serait trop chaud sous notre soleil et surtout en plein ramadan... D’autres pensent que la mode islamiste commence à lasser les moins convaincus d’entre eux qui ne faisaient ça que pour suivre le mouvement, et le mouvement se prenant claque sur claque ; les rats préfèrent quitter le bateau avant que celui-ci ne coule totalement.

Mais l’hypothèse la plus probable, c’est qu’ils suivent les consignes de la maison mère qui leur demande de rester calme en vue des futures élections et surtout pour prouver à François Hollande qu’ils sont des gens bien comme il faut, et comme a dit le Président français « islam et démocratie » vont bien ensemble, ce à quoi tous les nadahouis, qui n’ont pas pris conscience de la nuance, se sont levés pour applaudir des deux mains et ils l’auraient fait des deux pieds s’ils avaient pu !

« islam et démocratie » et pas « islamisme et démocratie »

C’est vrai que nos nadahouis, même s’ils sont fourbes, ne sont pas très intelligents. Ils entendent ce qu’ils veulent. François Hollande a dit « islam et démocratie » et eux ont entendus « islamisme et démocratie ». C’est vrai qu’à leur âge, on ne peut pas se refaire.

Il faut avouer que les égyptiens ont donné un sacré coup de main aux tunisiens.

En récupérant leur révolution qui leur a été volée, tout comme la notre, par les islamistes ; ils ont jeté une pierre dans la mare et la vague provoqué a fait un effet tsunami chez nos dirigeants. Ils ne dorment plus et, restant à l’affut, s’attendent à tout moment à ce que les tunisiens imitant les égyptiens descendent dans la rue pour réclamer leurs départs.

Sincèrement, c’est un plaisir quasi orgasmique de les voir s’agiter en tout sens, redoublant de déclarations sur la légitimité qu’ils n’ont plus depuis un an, s’essayant dans des manifestations en soutien à Morsi - rappelons que ces manifestations ont fait un flop : ramadan, chaleur, Egypte : les militants préférant dormir en attendant la rupture du jeûne...

Les manifestations pro Morsi ayant échoué, des menaces de tous genres et de tous côtés fusèrent contre les tunisiens et cela à simple titre préventif vu que les tunisiens n’ont encore rien entamé ; cela me rappelle la politique d’Israël qui attaque préventivement au cas où.

“ L’effusion du sang serait un droit”

Mais dans toute cette agitation qui ressemble plus à l’animation d’un épouvantail à oiseaux plutôt qu’à l’organisation d’un parti - parti qui est également le gouvernement -, une déclaration a fait mouche ; celle du président du bloc parlementaire du partis au pouvoir bien évidemment Nahda.

Ce type - on ne sait comment le nommer, mais pour faire bien on va dire “cet homme” - se permet en public de menacer les tunisiens en disant : « quiconque osera remettre en cause la légitimité sera piétiné par cette même légitimité et que l’effusion du sang serait un droit contre tous ses détracteurs ».

C’est bien évidemment ce que tout citoyen attend non seulement d’un élu mais aussi d’un président du bloc parlementaire Ennahda, qui est un parti de la foi, donc censé prôner la bonté l’amour et la paix. Pour enfoncer le clou, en guise d’excuse il dit « que ses propos étaient destinés à une minorité de tunisiens ». De mieux en mieux, voilà maintenant qu’il confirme qu’il veut tuer “une minorité de tunisiens”.

Il est impératif que les élus de nahda, ainsi que leurs valets, arrêtent deux choses : les déclarations intempestives et la consommation de subsistance illicite, car nul être normalement constitué ne peut prononcer autant d’énormité, s’il n’est pas sous l’emprise de narcotique.

D’ailleurs l’un des deux valets, à savoir la présidence elle-même, vient de déposer auprès du ministère public une plainte contre ceux qui ont appelé à se révolter contre la légitimité qui n’est plus, et qui ont revendiqué la dissolution de l’Assemblée constituante qui ne sert à rien, et l’annulation du projet de la Constitution que, de toutes façons, nous réécrirons.

Un gouvernement en sueurs froides

Le mouvement Tamarod tunisien prend de l’ampleur, et c’est cela qui donne des sueurs froides à nos illégitimes gouvernants. De plus l’opposition se réunit régulièrement pour étudier la possibilité de demander la destitution de l’ANC et du gouvernement, mais pendant que l’opposition se tâte, Tamarod avance.

C’est pourquoi notre Tartour national ne dort plus, il a une peur bleue de ne plus être président. D’ailleurs, il a du acheter plusieurs mètres de chaines en acier trempé pour s’enchainer aux grilles de Carthage ; ça va être dur de le déloger, avec ou sans légitimité il ne partira que dans une camisole de force.

Nahda a peur de la contagion égyptienne, et demande à ses troupes de faire profil bas pour pouvoir passer pour victimes au cas ou la situation dégénérerait. Mais la seule victime de ces opportunistes, c’est la Tunisie. Et on la défendra envers et contre tout ; ils ne changeront pas notre pays, ils ne changeront pas notre mentalité et ils ne changeront pas notre langue ; nous continuerons à dire « asslema » et non « salem ouahlikom » !

Alors si notre modèle de vie ne leur plait pas, nous leur souhaitons bon voyage !

Tunisie : mais où sont passés nos barbus ?