Pour Jean-Luc Mélenchon, François Hollande "fait le malin". Certes, il est bien placé pour savoir ce que veut dire “faire le malin”, lui qui n’a jamais rien prouvé et qui se base sur une opposition à “tout”, et n’arrive, in fine, qu’à faire le malin.

Certes... Sauf que demander aux militantes et aux militants Front de Gauche de ne pas se mélanger avec ceux du PS lors des cortèges à la mémoire de Cédric est digne d'une cour de récréation de maternelle. Retour sur les prises de positions incompréhensibles d'un homme pourtant brillant.

Et encore une connerie, une...

Invité de l'émission "4 Vérités" sur France 2, vendredi 31 mai, le coprésident du Parti de gauche a dénoncé la "posture", la"pantalonnade" du chef de l'Etat, deux jours plus tôt, face aux injonctions de la Commission européenne. "François Hollande ment, quand il dit : 'Bruxelles n'a pas à me dire ce que je dois faire'. C'est faux", a tranché l'ex-candidat du Front de gauche à la présidentielle.

Mercredi, François Hollande a affiché son volontarisme face aux sombres prévisions de l'OCDE sur l'économie française. Il a répliqué sèchement à Bruxelles, qui somme la France de ramener son déficit public à 3,6% du PIB en 2014 et à 2,8% en 2015 :"La Commission européenne n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire".

Jean-Luc Mélenchon a estimé que "souvent", François Hollande fait "pire" que son prédécesseur, notamment en matière de politique économique. L'ex-socialiste a dénoncé "la politique de l'offre" du chef de l'Etat, le "cadeau" des 20 milliards d'euros accordés aux entreprises sous forme de crédit d'impôt pour renforcer la compétitivité et encourager les embauches. "Un truc du XIXe siècle", a-t-il tranché.

Un positionnement difficile à tenir

Or, ça mouline dans la semoule l’histoire ; entre cadres du parti mécontents, responsables qui s’éloignent et déclarations étranges, qui se contredisent dans le même texte ; il est compliqué de comprendre le positionnement de Jean-Luc Mélenchon. Ou, du moins, il est difficile de savoir s’il milite ou s’il se place. Fort de ses meetings réussis, il a cru longtemps qu’il suffisait de rassembler 100 000 personnes pour être audible, sans se rendre compte que de s’opposer impliquait d’avoir des bases fortes pour proposer. A lire et entendre ses dernières déclarations, on peut en douter.

D’autant que les résultats du gouvernement PS, PRG et EELV, au bout de neuf mois seulement, tend à contredire les épanchements mélenchoniens dans les médias. Lui qui les critique dès qu’il le peut, s’en sert pourtant parfaitement.

Faîtes ce que je dis, mais surtout pas ce que je fais

Le Kiosque aux Canards, par respect pour les militants du Front de Gauche, avait évité de pointer les incompréhensions qu’il ressentait à mesure que la campagne des présidentielles arrivait à son terme. Entre les violences verbales faciles sur un jeune journaliste et les envolées lyriques proches de l’auto-paluchage ; on passait d’un ténor politique à du populisme pathétique.

Après l’élection de François Hollande ; le délire s’est accentué. Toutes les mesures, lois, décrets ont été sources de conflit pour ce parti qui, lors du vote du dernier traité européen n’avait pas eu de mots assez durs pour se plaindre du PS qui votait avec l’UMP ; le Front de Gauche fait exactement pareil, au Sénat, en s’opposant à la majorité, rejoignant les votes de droite et du centre.

L’affaire Aurore Martin ; le début d’un questionnement

L’affaire de la militante basque est un cas d’école pour comprendre comment le Front de Gauche, et son leader, fonctionnent. Alors qu’ils appuient humainement Aurore Martin - ce qui est tout à leur honneur -, Jean-Luc Mélenchon et son parti en profite pour taper sur un ministre de l’intérieur qui ne fait que respecter la loi, et surtout, les directives européennes avec lesquelles Mélenchon étaient en phase quand il était ministre du gouvernement qui les a adoptées.

Ainsi, on pouvait lire sur le blog du responsable Front de Gauche “... Mais d’où vient qu’un mandat d’arrêt européen permette la déportation d’une citoyenne française qui n’est sous le coup d’aucun acte illégal dans son pays ni d’aucune activité que son pays condamne ?“ La réponse à cette question, Jean-Luc Mélenchon la connaît parfaitement, puisqu’il valida, à l’époque, le Conseil de Tampere, où cette possibilité d’extradition fut discuté et mise au vote. S’opposer pour juste s’opposer est bien souvent assez limite, comme le démontre cette amnésie mal à propos.

L’intervention au Mali ; je m’oppose, sans m’opposer, tout en m’opposant

Jean-Luc Mélenchon écrit tout sur son blog. Ce qui est vraiment pratique. Par contre, il devrait prendre la peine de se relire. Ainsi, sur son billet s’opposant à l’intervention française au Mali, on peut lire le summum du rétropédalage - en pédalo peut être ? - Morceaux choisis :

« La légalité internationale de l’intervention d’abord n’est pas aussi assurée que le gouvernement veut bien le dire. » Il a parfaitement raison. C'est grandiose. Si je vois une petite dame agressée dans la rue et que je frappe l'agresseur, mon action est illégale.

« Pour finir, mon communiqué condamnait une décision prise par le seul Chef de l’Etat sans consultation préalable du Parlement et sans réunion du Gouvernement. » Dans la fin du paragraphe, il explique que le Parlement devrait être informé (pas consulté) au minimum 3 jours après.

Je vais donc tenter de résumer son billet ainsi : « Vous comprendrez que j'ai fait un communiqué avec mes premières impressions parce qu'il fallait le faire et que j'ai bien réfléchi. » suivi de « Je ne suis évidement pas pour la prise de Bamako par les terroristes et l'intervention en urgence était indispensable et il était impossible de consulter le parlement avant. Par contre, il faudra faire attention à ne pas s'enliser là-bas et à ne pas refaire les conneries qu'on a faites ailleurs. ».

« Stopper une colonne de pick up est une chose. Reconquérir le nord du pays une tout autre affaire. » Il s'agissait bien de stopper une colonne de pick up (remplis de terroristes armés jusqu'aux dents qui voulaient conquérir le pays). « Le reconquérir contre qui ? Les islamistes ou les Touaregs ? Et pour rendre le terrain repris à qui ? Les putschistes au pouvoir ? Des élus ? Donc nous allons organiser les élections ? La définition des buts de guerre est un commencement indispensable » Les réponses sont dans la résolution 2085 de l'ONU.

Le Front de Gauche et Mélenchon ne survivent que pour s’opposer

Et ça, les responsables sur le départ l’ont fort bien compris. Il en est ainsi pour Marc Dolez, co-fondateur du Front de Gauche, qui ne décolère pas depuis l’après présidentielles. "l'acquis de la belle campagne présidentielle a été dilapidé dès les législatives, avec la catastrophique campagne d'Hénin-Baumont". Jean-Luc Mélenchon avait été éliminé au premier tour face à Marine Le Pen. "La stratégie Front contre Front nous a cornérisés à l'extrême gauche", développe le député du Nord.

"Je déplore aussi l'expression médiatique de Jean-Luc Mélenchon. Il critique le plus souvent le président de la République et le gouvernement plutôt que de s'attaquer à la droite. Nos propositions sont rendues souvent inaudibles à cause de l'outrance du verbe", accuse-t-il. "Beaucoup de ses propos brouillent notre message, je ne crois pas à la thèse de deux gauches irréconciliables ni au mythe du recours", ajoute Marc Dolez, à propos d'une majorité alternative à gauche, thèse défendue par Jean-Luc Mélenchon, également ex-PS. Tout est dit.

Mélenchon, en ex trotskyste, toujours du côté du manche, ne veut pas du pouvoir. C'est une imposture absolue.

Non, le Front de Gauche n’a pas été élu en mai dernier !

On pourrait en douter vu les “conseils”, les sorties médiatiques, les quasi ordres donnés à la majorité présidentielle dans des termes qui ne sont pas sans nous poser quelques soucis... Ça, c’était la manière polie de l’écrire. En fait, venant d’un parti qui n’a rien prouvé ; nous sommes un certains nombre à en avoir ras le bol.

Les donneurs de leçons n’étaient que rarement des gestionnaires, nous nous réjouissons des négociations entamées par le Parti communiste, le PS, le PRG et EELV pour les prochaines échéances électorales locales ; ces partis ayant une longue habitude de la réalité de la gestion de terrain. C’est d’ailleurs dans ce sens qu’il faut voir et analyser le départ de nombreux cadres du FdG et, pois chiche sur le couscous, du co-fondateur du parti.

Non ; nous n’avons pas les mêmes analyses que le FdG et oui, nous avons été élu

Non, nous ne voulions pas de leur “traité européen” et nous avons voté Hollande en sachant que les deux points qu’il souhaitait renégocier - et qu’il a fait inclure dans le nouveau traité - nous convenaient ; non, nous ne voulons pas de leur vision des échanges économiques européens et souhaitons, au contraire, des négociations avec les partenaires tel que le gouvernement le fait et continuera à le faire ; non, nous ne voulons pas de leur vision des modifications du code du travail, mais une loi sur la sécurisation de l’emploi, générée par du dialogue avec les partenaires sociaux.

Oui, nous pensons que le CICE - Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi - et que l’ANI - Accord national interprofessionnel - contribueront à la compétitivité et que l’on ne peut vivre et évoluer dans un monde où elle prime qu’en comptant dans celui-ci par notre capacité à investir, à faire évoluer les PMI et les PME, à diversifier notre industrie, notre commerce, nos services, sans pour autant empêcher un citoyen de devenir un chef d’entreprise et de bien vivre, par le fruit de son travail et des investissements.

Oui, nous pensons que l’amnistie sociale devait être restreinte, voir ne pas exister du tout, ou alors pourquoi ne pas y inclure les militants d’extrême droite qui ont tenté de démonter une mosquée ? et qu’il n’est pas juste de permettre, même si les causes sont audibles, de tout laissé passer ; sinon, pourquoi s’indigner de l’occupation d’une mosquée par l’extrême-droite si on laisse tout faire, tout casser ?

Et oui, plus de la moitié des réformes décidées, actées et votées depuis mai 2012 sont celles pour lesquelles nous avions voté Hollande puisque clairement indiquées dans son programme ; pas pour d’autres.

Des exemples ? Ben ok

Ceci étant écrit, regardons de plus prêt les exemples de pays qui “auraient” mis en place la fameuse révolution sociale et populaire que notre porte-parole du Front de Gauche aimerait intégrer à la gauche de gouvernement, en devenant son premier ministre. Alors ? Qu’en est il de la révolution Islandaise ? De la gestion populaire de Chavez ? Et de la liberté à Cuba ?

Mélenchon : le paluchage continue
Retour à l'accueil