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Le Kiosque aux Canards

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Chili-73 : l'autre 11 septembre américain

Chili-73 : l'autre 11 septembre américain

11 septembre 1973, l'opération « S.O.B. » (comprendre "Sons of Bitch") voulue par Nixon , l'acronyme étant de lui, préparée depuis des semaines est, au grand soulagement d'ITT et des grands groupes miniers US, enfin déclenchée.

Kissinger et Haig, ayant préparé le terrain avec les réseaux d'influence et de déstabilisation qui caractérisaient à l'époque la politique étrangère des États-Unis. Résultats des courses, un régime élu démocratiquement est renversé, son président, président aussi de l'Unité Populaire (UP), parti marxiste, est contraint au suicide pendant que les chars d'assaut du pantin Pinochet, général qui pourrait faire rire dans les Picaros d'Hergé, assiègent le palais présidentiel.

Simultanément, des listes d'opposants possibles soigneusement établies par les cellules secrètes de la CIA, sont remises à des unités spéciales chiliennes appuyées par des membres des forces spéciales américaines ayant fait leurs preuves au Cambodge et au Laos, qui organisent une gigantesque rafle. Plus de 6 000 personnes se retrouvent prisonnières dans le grand stade de Santiago.

A cette occasion, je souhaitais parler du poète-auteur-compositeur chilien Victor Jara, exécuté le 15 septembre 1973 par , via une chanson de Julios Beaucarne de 1975 qui lui rend hommage ainsi qu'à tous les opposants dont la majorité connaîtront tortures, déportations ou exécutions sommaires (dont quelques étudiants américians ou réfrectaires au Vietnam) sous l’œil bienveillant des représentants du cabinet Kissinger.

Cette chanson, « Lettre à Kissinger » nous raconte l'essentiel: la violence, l'espoir, la résistance. 

 

 

« J'veux te raconter Kissinger
l'histoire d'un de mes amis
son nom ne te dira rien il était chanteur au Chili

ça se passait dans un grand stade
on avait amené une table
mon ami qui s'appelait Jara
fut amené tout près de là

on lui fit mettre la main gauche
sur la table et un officier
d'un seul coup avec une hache
les doigts de la gauche a tranché

d'un autre coup il sectionna
les doigts de la dextre et Jara
tomba tout son sang giclait
6000 prisonniers criaient

l'officier déposa la hache
il s'appelait p't'être Kissinger
il piétina Victor Jara
chante dit-il tu es moins fier

levant les mains vides des doigts
qui pinçaient hier la guitare
Jara se releva doucement
faisons plaisir au commandant

il entonna l'hymne de l'U
de l'unité populaire
repris par les 6000 voix
des prisonniers de cet enfer

une rafale de mitraillette
abattit alors mon ami
celui qui a pointé son arme
s'appelait peut-être Kissinger

Cette histoire que j'ai racontée
Kissinger ne se passait pas
en 42 mais hier
en septembre septante trois »


 

(c) musique et paroles Julos Beaucarne 1975

Video : lettre à Kissinger - Julos Beaucarne

Chanson de l'album de Julos Beaucarne : Chandeleur Septante Cinq - Tous droits réservés. De Julos Beaucarne, tout le monde connaît les chandails bariolés et la chevelure mal disciplinée: "Il a du soleil dans les cheveux", observait une petite fille de quatre ans; dans le coeur également, mais restons encore aux choses extérieures. […] Si Julos a été assureur, ce qui ne fait pas spécialement poétique, il a été aussi placeur d'antennes de télévision, dans le ciel donc, sinon dans la lune, et professeur de gymnastique, mais plutôt de mime, ce qui s'accorde mieux avec la suite. A vingt-cinq ans, en Provence, pour payer la réparation de la vieille Peugeot tombée en panne, il s'installe sur les places publiques, il se fait annoncer par le crieur, public lui aussi, et il fait la quête avec élégance: "On paie sa place au prix du plaisir". Chansonnier, c'est un peu court, même si l'on précise que Julos Beaucarne compose à la fois des mots et des notes.

ZEBDA Présente : « Comme un guitariste chilien »

Zebda chante le mythe populaire Victor Jara

Le projet "Être un guitariste chilien", qui accompagne le hors-série de l'Humanité « 11 septembre 1973, Chili, l’espoir assassiné », rend hommage au chanteur Victor Jara. Il s'inscrit dans la tradition de transmission patrimoniale portée par Tomas Jimenez, alias El Communero, et Zebda. Le groupe et ses invités rendront hommage à Victor Jara à sur la Grande scène de la Fête de l'Humanité, samedi à 16h10.

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