"Yamaguchi-gumi Shinpo" : les Yakusas communiquent

Aujourd’hui, et depuis pas mal de temps, les organisations constituées - entreprises, associations, groupes diverses et variés - ont leurs publications internes, afin de communiquer directement avec leurs salariés ou leurs adhérents, faire passer l’info en interne et motiver les troupes.

C’est, à présent, le cas pour la principale organisation mafieuse japonais, la fameuse “Yamaguchi-gumi”. Sauf que dans son cas, pas de pub, pas de promo, pas de comm ; c’est de l’interne, seulement de l’interne, juste de l’interne.

"Yamaguchi-gumi Shinpo" ; les infos de votre mafia locale

Enterrement d'un chef Yakuza à Tokyo

Ainsi, "Yamaguchi-gumi Shinpo", autrement dit "la gazette du clan Yamaguchi", a été envoyé au 28 000 membres de ce syndicat spécialisé dans le trafic de drogue, le racket, la prostitution, l’usure et la gestion du jeu. Ajoutons à cela la face non immergée de l’iceberg ; l’immobilier et la finance. En fait, de quoi largement remplir les 8 pages de leur “gazette” interne, d’autant que fleurissent au détour de la lecture, une page réservée aux jeux avec des problèmes de Go ou de Shogi et une chronique de poésie avec des haiku, les non moins fameux poèmes japonais. Pour finir et afin de rester dans l’air du temps des médias, une chronique pure people y détaille les activités des pontes de la famille Yamaguchi-gumi, y compris leurs parties de pêche et l’éditorial est signé du “parrain” de l’organisation, Kenichi Shinoda.


 

Le “parrain” signe l’éditorial

Kenichi Shinoda, patron du clan Yamaguchi-gumi

Ainsi, "Yamaguchi-gumi Shinpo", autrement dit "la gazette du clan Yamaguchi", a été envoyé au 28 000 membres de ce syndicat spécialisé dans le trafic de drogue, le racket, la prostitution, l’usure et la gestion du jeu. Ajoutons à cela la face non immergée de l’iceberg ; l’immobilier et la finance. Kenichi Shinoda est le boss en fonction. A 71 ans, il dirige le clan depuis 2005 et contrôle environ 40 000 yakuza sur l’ensemble de l’archipel Nippon. Sorti de la prison de Fuchu, à Tokyo, en octobre 2011, où il purgeait une - brève - peine de prison pour possession illégale d’arme à feu, il sait, apparemment, tenir aussi la plume puisque son long éditorial vante les valeurs et la discipline qui ont fait la force du Yamaguchi-gumi depuis sa création, en 1905. Il continue en rappelant que les “temps sont durs” et que la mafia japonaise ne doit pas “se reposer sur ses lauriers” ni sur sa "marque" si elle veut développer ses affaires et faire du bénéfice.


 

Les Yakuzas : une histoire vieille de plus de 400 ans

Yakuzas participantau festival de Sanja, vieux de 700 ans

Les yakuzas sont représentés par quatre principaux syndicats, présents sur tout l'archipel, et possèdent également des ramifications dans la zone Pacifique, et même en Allemagne et aux États-Unis. Ils seraient plus de 84 700. Ils seraient la plus grande organisation de crime organisé du monde, pourtant, ce n'est pas une organisation secrète. Ainsi, les clans ont généralement pignon sur rue, la plupart du temps sous couvert d'une structure légale de type associative Eux-mêmes racontent qu’ils descendraient des Machi-Yokko (« les serviteurs des villes »). Lors de la démilitarisation, ayant eu lieu dès 1603, et survenant lors de la « Pax Tokugawa », période de paix qui durera 250 ans, les samouraïs représentaient 10 % de la population, soit 2 à 3 millions de personnes. 500 000 sont démobilisés, dont certains deviennent des rônins, des samouraïs sans maître, en rupture de ban. Ils deviennent des bandits de grand chemin, terrorisant les populations, semant le désordre, voire tuant des citoyens pour le plaisir, d’où leur nom de « Kabuki-mono » (les « fous »).


 

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Les organisations mafieuses au Japon ; pas illégales mais encadrées

Tatouage Yakuza

Le 1er mars 1992, le gouvernement japonais fait voter une loi Antigang (Boryokudan Ho ou Botaiho), qui sera en 1993 complétée par une loi Anti-blanchiment. Elles ont plusieurs causes : - L’altération progressive de l’image des yakuzas auprès de la population ; - Les conflits entre corporations, qui ont parfois touchés des « civils » ; - La perte de fonction sociale des yakuzas, avec : La réorganisation des forces de polices dans les années 1960, qui a enlevé le rôle de « suppléant » aux yakuzas ; La chute de l’URSS, qui rendit la lutte contre le communisme moins pressante ; L’influence extérieure, notamment des États-Unis, qui constatent l’implantation de yakuzas sur leur territoire. Cette loi met en place un recensement officiel des bandes, selon un certain nombre de critères. Les membres doivent ainsi bénéficier de leur appartenance à une organisation pour avoir des avantages financiers, qu’une partie d’entre eux aient un casier judiciaire, et que l’organisation soit hiérarchisée. Si une bande est fichée, elle est alors sujette à des restrictions. Cette loi est uniquement administrative et non pénale, en cas de non-respect, un simple rappel à l’ordre est adressé au contrevenant. Cette loi a été révisée en 2004, et renforcée par une mesure qui rend responsables les chefs de clans en cas de dommages causés à des personnes ou à des biens. Les citoyens concernés peuvent alors demander un dédommagement, sur présentation d'une simple preuve. Cette mesure a été prise afin de contrecarrer le chantage et le racket, activités pratiquées traditionnellement par les yakuzas. La deuxième parution du “ Yamaguchi-gumi Shinpo” est déjà annoncée, sans date officielle.


 

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Cérémonie de succession à la tête du clan Yamaguchi-gumi

Intronisation de Kenichi Shinoda comme Kumicho du clan Yakuza Yamaguchi-gumi

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