Viande de cheval versus viande de boeuf : accusons donc les roumains, ils en ont l’habitude

Une affaire complexe à plus d'un tire

Bon, déjà, on va reprendre vite fait l’affaire depuis le début. Findus France annonce le retrait temporaire de trois de ses plats surgelés des rayons français, suite de la découverte la veille au Royaume-Uni de viande de cheval dans des lasagnes au boeuf fabriquées par la société française Comigel, basée à Metz.

Les produits retirés du marchés français, des lasagnes bolognaises, du hachis Parmentier et de la Moussaka, « ne comportent aucun risque sanitaire », assure le groupe agroalimentaire.

Mais avec la révélation de l’origine la viande utilisée par Comigel, le scandale débarqué d’Angleterre prend une soudaine ampleur. Le cheval vient en effet de Roumanie. « Il y a huit jours, nous nous sommes rendu compte qu'il y avait un problème, après avoir été alertés par des gens sur le marché britannique », a expliqué alors Erick Lehagre, le président de Comigel.

Des réactions quasiment plus intéressantes que l’affaire en elle-même

A partir de là, on a entendu, lu et vu de l’infos mêlant allègrement “viande de cheval” avec “Roumanie”, comme si non seulement le responsable avait été trouvé, qu’il ne pouvait être français et que, roumain, il ne mettait pas en péril le fonctionnement de l’agro-alimentaire français.

Sauf que l’on sait, aujourd’hui, que selon des factures saisies par les services de répression des fraudes, la société Spanghero, fournisseur de viande des surgelés Findus, a "réceptionné" pendant six mois des viandes dont «l'étiquette douanière» correspondait bien à du cheval. Le scandale porte sur 750 tonnes de viande, dont 550 tonnes ont servi à la fabrication de plus de 4,5 millions de plats frauduleux vendus dans 13 pays européens.

Les autorités françaises ont réagit immédiatement

Le ministre de l'Agriculture et de l'agroalimentaire Stéphane Le Foll a considéré vendredi « pas acceptable » le fait de trouver de la viande de cheval à la place du boeuf dans des plats cuisinés, après le scandale qui touche plusieurs pays, dont la France. « Il doit y avoir correspondance entre le contenant et le contenu. Il ne peut pas être acceptable de vendre un produit pour telle ou telle destination avec tel ou tel contenu qui ne soit pas celui que les consommateurs trouvent dans leur assiette », a-t-il déclaré

Le président de Spanghero ne connait pas les codes douaniers liés à son activité

Surprenante réaction du président de Spanghero qui a de nouveau réfuté toute responsabilité et soutient avoir été «grugé» par le trader qui lui a vendu de la viande congelée. «Le problème vient du trader qui a mis sur la facture un code qu'il considère être un code douanier qui correspond à du cheval», a insisté Barthélemy Aguerre, certifiant qu'il ne connaissait pas ce code «que nous avons pris pour un code article». «J'ai consulté des collègues dans la filière, les opérateurs sont tous unanimes pour dire, et je les crois, ce code-là on le connaît pas, nous avons été grugés par ce fait-là», a-t-il dit.

Pourtant, dans toute l’Europe, des milliers de tests ont été mis en place, avec quelques résultats immédiats

En Autriche, les autorités ont fait état de traces de viande de cheval dans des tortellinis qui n'auraient dû contenir que du boeuf. En Norvège, le groupe de grande distribution Norges Gruppen a annoncé que de la viande de cheval avait été retrouvée dans des lasagnes vendues dans ses magasins puis retirées des rayons. 

Au Danemark, le ministère de l'alimentation a indiqué avoir ouvert une enquête sur un abattoir qui pourrait avoir introduit du cheval dans de la viande présentée comme du boeuf destinée à des fabricants de pizza. 

Aux Pays-Bas, une perquisition a été menée vendredi dans une usine du sud du pays qui mélangeait viande de cheval et de boeuf avant de la revendre labellisée "pur boeuf". 

"La société transformait des carcasses de chevaux en provenance des Pays-Bas et d'Irlande en morceaux de viande et les mélangeait à des morceaux de viande de boeuf", a indiqué le Parquet dans un communiqué. L'entreprise, dont le nom n'est pas cité, revendait ensuite ces mélanges comme étant de la viande "pur boeuf". 

Les autres pays touchés jusqu'ici sont la France, l'Allemagne, la Suisse et la Suède. A ce jour, les autorités assurent qu'il n'y a pas de risque pour la santé humaine. 

Selon l'agence française anti-fraudes, le scandale concerne 750 tonnes de viande dont 550 tonnes ont servi à la fabrication de plus de 4,5 millions de plats frauduleux vendus dans 13 pays européens. 

Et le personnel de Spanghero dans tout ça ?

Le préfet de l'Aude, Eric Freysselinard, a reçu une délégation de salariés de Spanghero ce vendredi. La suspension de l'agrément de la société à titre «conservatoire» devrait durer une huitaine de jours dans l'attente des investigations de la brigade nationale vétérinaire, a-t-il précisé. Il est «prématuré» pour l'instant de dire si l'agrément sera redonné ou pas à l'issue de cette période. Dans l'intervalle, la préfecture étudie la possibilité que les salariés qui n'auraient plus de congés à prendre puisse bénéficier d'un chômage partiel payé par l'Etat.

Un représentant syndical de l'entreprise Lur Berri, propriétaire de Spanghero, a estimé ce vendredi que la société s'est «lancée dans des métiers qu'elle ne sait pas faire». «A partir des années 2008 et 2009, Lur Berri a grandi trop vite», a déclaré Mattin Lamarque, délégué syndical CFDT de l'usine basée à Aïcirits (Pyrénées-Atlantiques) qui possède depuis 2008 quelque 99% de Spanghero. «Non seulement cela a coûté beaucoup d'argent à la coopérative, mais elle s'est lancée dans des métiers qu'elle ne sait pas faire. Avec ces rachats, elle s'est projetée dans la mondialisation et la financiarisation», a estimé le représentant syndical. Pour lui «on a sacrifié un investissement local qui favorisait des circuits de distribution courts au profit d'investissements extérieurs difficilement contrôlables».

Pas simple...

Vidéo - Stéphane Le Foll, Benoît Hamon et Guillaume Garot

ont organisé le lundi 11 février 2013 une table ronde à Bercy sur la traçabilité des viandes et sur les mesures prises à la suite de la présence de viande de cheval dans les plats cuisinés à base de viande de bœuf.
Viande de cheval versus viande de boeuf : accusons donc les roumains, ils en ont l’habitude
[PAYS=FRANCE] [INSTITUTION=MINISTERE-AGRICULTURE] [BIO=BENOIT-HAMON]
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