Valls réforme le renseignement français

Manuel Valls a dévoilé hier, à l’issue d’une «grand-messe» place Beauvau sa réforme du renseignement intérieur.

Quelque 200 policiers et gendarmes issus des directions placées sous la responsabilité du ministère ainsi que des syndicats ont assisté à la réunion.

Une meilleure coordination entre services

Au programme de la réforme, une légère transformation de la DCRI telle qu’elle est actuellement, avec un pouvoir de décision ministériel plus important. «Je ne me situe pas dans une rupture par rapport à 2008. La DCRI a fait la preuve de son intérêt et de son efficacité.

L’objectif est de la renforcer dans le cadre d’une meilleure coordination entre les services» a expliqué Manuel Valls à l’issue de la réunion.

Des policiers et des contractuels spécialisés

Pour ce faire, un plan de recrutement de 430 personnes sur cinq ans a été adopté.

Des policiers, mais surtout des contractuels, ingénieurs, analystes, linguistes, qui devront répondre à plusieurs objectifs opérationnels : la capacité d’analyse thématique (notamment sur l’islam radical), le contre-terrorisme, le renforcement du département judiciaire, la cyber-défense et le soutien technique.

Une décision qui ne fait pas l’unanimité. «Certains fonctionnaires de la DCRI disent eux-mêmes que leur effectif est pléthorique. Or on leur rajoute ici plus de 400 personnels.

Entre 40 et 60 millions d’euros ont été dégagés pour accompagner le changement - le chiffre exact étant classé secret défense.

Une gestion remis en cause par l’affaire Merah

La réforme de 2008 a donné naissance à trois services : la DCRI, la sous-direction de l'information générale (SDIG), qui s'occupe de tout ce que la DCRI ne fait pas (mouvements sociaux, ordre public, religion – hors radicaux –, violences urbaines et bandes, sectes et lutte contre l'économie souterraine), et la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP), compétente à Paris et en banlieue.

Pour M. Valls, l'enjeu est double. Il s'agit de sa première grande réforme, et il doit répondre aux nombreuses critiques qui ont visé le renseignement, et tout particulièrement la DCRI.

Le service, marqué par la personnalité controversée de son premier directeur, Bernard Squarcini, a vu son efficacité remise en cause après les assassinats commis par Mohamed Merah, en mars 2012. Le ministre a affirmé que le djihadiste toulousain – suivi mais mal évalué par la DCRI – avait révélé des "failles".

Valls réforme le renseignement français
Le KAC © 2017 -  Hébergé par Overblog