Une prochaine réforme des allocations familiales

Le gouvernement souhaite économiser 1 milliard d'euros dès 2014. Si l'universalité des aides n'est pas remise en cause, elles seront fortement réduites à partir de ce seuil.

"On gardera l'universalité des allocations familiales" a prévenu le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, "mais à partir d'un certain niveau de revenus, ça sera progressif".

15 % des français concernés

Quelque 15% des Français, les plus aisés, seront concernés par la baisse des allocations familiales, a annoncé mercredi 17 avril le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

"Ce sera les plus hauts revenus, autour de 15% des gens concernés", a-t-il déclaré sur France Inter, tout en assurant que le seuil de revenus à partir duquel les allocations seraient réduites n'avait pas été tranché.

"On gardera l'universalité des allocations familiales, c'est-à-dire que toutes les personnes auront des allocations familiales", a rappelé le chef du gouvernement. "Mais à partir d'un certain niveau de revenus, ça sera progressif", a-t-il ajouté au sujet de la baisse déjà annoncée pour les familles les plus aisées.

Une affaire qui n'est pas encore tranchée

"Cette affaire n'est pas tranchée puisque je dois dans les prochaines semaines me rendre devant le Haut Conseil (de la famille, NDLR), où tous les partenaires autour de la table pourront en débattre avec moi", a-t-il précisé.

Le président François Hollande avait déjà annoncé le 28 mars sur France 2 que "les plus hauts revenus" n'auraient plus "les mêmes allocations", sans entrer dans les détails.

L'objectif de cette réforme est de faire des économies ( 1 milliard) pour ramener à l'équilibre la branche famille de la sécurité sociale, dont le besoin de financement est évalué à 2,2 milliards d'euros à l'horizon 2016.

Des pistes d'économie

Le président du Haut conseil de la famille (HCF), Bertrand Fragonard, a présenté début avril ses pistes d'économies. Dans son rapport, il fait notamment porter l'effort sur les plus aisés via une baisse des allocations familiales et élabore plusieurs scénarios.

L'un deux permettrait justement une économie de un milliard d'euros: selon cette hypothèse, les allocations commenceraient à baisser pour les ménages de deux enfants gagnant 5.072 euros par mois (5.847 euros avec trois enfants) et seraient divisés par quatre au-delà de 7.101 euros pour les ménages avec deux enfants (7.876 euros avec trois enfants).

Dans ce scénario, le pourcentage de perdants serait de 17%, un chiffre proche de celui annoncé mercredi par le Premier ministre.

La réforme des "alloc" reste un sujet explosif

Aujourd'hui, les allocations familiales sont versées à tous les foyers, sans condition de ressources, à partir du deuxième enfant (127 euros par mois), un principe auquel l'opposition et les associations familiales sont particulièrement attachées.

Régulièrement évoquée par la gauche comme par la droite, la réforme des "alloc" reste un sujet explosif, dont Alain Juppé en 1996 (qui voulait les taxer) ou Lionel Jospin en 1997 (qui voulait les conditionner) ont fait les frais. Devant le tollé, ils avaient dû reculer.

Environ 15% des Français touchés par baisse des allocations, via Le Kiosque aux Canards

Une prochaine réforme des allocations familiales
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