Un sondage aux questions populistes

Un sondage sur 1 016 personnes, déjà, c’est que dalle. Mais en plus avec des questions qui poussent à montrer que les français ont peur de leur ombre, ça commence à bien faire. Les médias feraient mieux d’éduquer, de donner les vrais chiffres, aux français qui pensent encore que l’immigration coûte de l’argent. Pathétique connerie d’un monde abstrait.

Un sondage sur 1 016 personnes

Dans ce sondage réalisé par Le Monde avec le Cevipof et la fondation Jean-Jaurès - bon, relativisons, il est basé sur un échantillon de 1 016 personnes...- 29% seulement jugent que "l'immense majorité des immigrés qui se sont installés en France ces trente dernières années est bien intégrée". 70% partagent l'idée qu'"il y a trop d'étrangers en France", 46% que "pour réduire le nombre de chômeurs, il faut réduire le nombre d'immigrés". Et 57% jugent même que "le racisme anti-blanc est assez répandu en France".

Les “français” ont peur de tout

"Les Français - du moins la grande majorité d'entre eux - semblent donc avoir peur de tout" et, quand ils se prononcent sur les "moyens de redressement, ils répondent: redressement de l'autorité et repli sur le pré carré", affirme dans Le Monde l'historien Michel Winock. Par ailleurs, un Français sur deux (51% contre 49%) se dit certain que "le déclin de la France est inéluctable" (une conviction ancrée chez 77% des sympathisants du Front national). Ce sentiment est fondé sur la pénurie de travail, le chômage, cité par 56% des sondés, surpassant tous les autres sujets de préoccupation.

Le déclin de la France ? Non ; le déclin de ses neurones

On va déjà commencer par une réalité, un truc acquis, mais qui, à priori, ne semble pas avoir été intégré par beaucoup ; la France est le pays Européen qui à les règles les plus strictes concernant les autorisations de séjour délivrées pour motif familial. Les demandes issues de cette catégorie étant les deuxièmes plus nombreuses. En 2010, 203 017 autorisations de long séjour ont été accordées, contre 185 988 en 2005, selon l'Office français de l'immigration et de l'intégration - Ofii -.

Entre 2005 et 2010, les chiffres de l'immigration légale ont été boostés par le nombre croissant d'étudiants étrangers. Ils étaient près de 45 000 en 2005 et plus de 65 000 en 2010, soit une augmentation de 47%. A l'inverse, le nombre de réfugiés a diminué de près de 30% en cinq ans, passant de 12 000 à moins de 8500.

En cinq ans (2005-2010), l'immigration légale pour motif familial a enregistré une baisse de 10%. Le durcissement des conditions du regroupement familial - 15 000 personnes en 2010 - explique en partie cette diminution.

Jeunes délinquants et immigration : encore un fantasme

Donnons quelques ordres de grandeur en prenant pour point de repère le nombre total de mineurs et de jeunes majeurs suivis au titre de la délinquance au cours d'une année par la Protection Judiciaire de la Jeunesse et par le secteur associatif habilité : environ 170 000 jeunes en 2010 (voir la source ici). Et admettons pour simple raisonnement que la moitié de cette population sont des jeunes« descendants d'immigrés » (cela peut être davantage dans les agglomérations des régions industrielles, mais moins d'autres territoires). Cela ferait donc 85 000 jeunes.

Ce calcul n'est qu'une approximation. Le but est de montrer l'écart existant entre d'une côté quelques dizaines de milliers de personnes et de l'autre côté plusieursmillions. Ainsi, chez les immigrés et leurs enfants, comme dans le reste de la population, la délinquance ne concerne qu'une petite part de personnes ou de familles. C'est une évidence à l'échelle nationale mais c'est également vrai à l'échelle locale.

Dans n'importe quelle ville de France, les jeunes engagés dans la délinquance sont une minorité, même à l'échelle de leur quartier et même à l'échelle d'un quartier « sensible » à très mauvaise réputation. A contrario, il est dès lors évident que les immigrés et leurs enfants sont très majoritairement des personnes respectant la loi, que la délinquance de certains jeunes descendants d'immigrés récents s'explique par d'autres facteurs que cette origine. Les études montrent ainsi que cette délinquance s'explique en réalité par les mêmes facteurs que ceux qui ont toujours expliqué la délinquance des jeunes quelle que soit leur origine : ruptures familiales, échecs scolaires, effets d'entraînement dans des « bandes » au sein de quartiers concentrant les problèmes...

Donc, si délinquance = immigration ; il n’y aurait que peux de crimes et de délits en France

Au final, en toute logique, si la délinquance avait quelque chose à voir avec la condition de migrant ou de descendant de migrant en général, elle devrait concerner peu ou prou toutes ces populations.

Si ceux qui soutiennent ces hypothèses n'avaient pas des peurs non maîtrisées ou des préjugés idéologiques, ils comprendraient qu'on ne peut pas expliquer le comportement particulier de quelques uns par une caractéristique générale de toute une population (ils comprendraient peut-être même que procéder à cette généralisation est justement le propre du raisonnement raciste).

Voilà pourquoi toutes ces affirmations ou ces allusions sur le lien supposé fondamental entre délinquance et immigration sont fausses à la base. Si nous étions logiques et raisonnables, elles seraient d'emblée écartées comme constituant de grossières erreurs de raisonnement. C'est qu'il s'agit en réalité non pas de raisonnements mais de peurs et d'émotions manipulées par certains à des fins politiques.

Trois années de travail pour obtenir les coûts réels de l'immigration en France

En 2006, une équipe de chercheurs de l’université de Lille, sous l’autorité du professeur Xavier Chojnicki pris commande d’une étude à réaliser pour le ministère des Affaires sociales. Auparavant, aucun regroupement de des chiffres officiels n’avaient été réalisé, ni aucune étude sur ce point qui semble prendre une ampleur importante dans la politique Française ; les coûts de l’immigration pour l’économie nationale. Il aura fallu trois ans de travail pour que les chercheurs rendent leur copie, et les résultats furent peu commenté.

Dommage car si nous pouvons les trouver depuis maintenant plus de deux ans - le rapport fut rendu en 2009 - il n’en demeure pas moins que l’on préfère toujours les discussions de comptoirs sur l’immigration et son coût, plutôt que de se baser sur des chiffres dont la réalité ne peut prêter à confusion.

49,9 milliards de coûts pour 60,3 milliards d'entrées...

Nous découvrons donc que Les 47,9 milliards d’euros que coûte l’immigration au budget de l’Etat (2009) sont ventilés comme suit : retraites, 16,3 milliards d’euros ; aides au logement, 2,5 milliards ; RMI, 1,7 milliard ; allocations chômage, 5 milliards ; allocations familiales, 6,7 milliards ; prestations de santé, 11,5 milliards ; éducation, environ 4,2 milliards.

De leur côté, les immigrés reversent au budget de l’Etat, par leur travail, des sommes beaucoup plus importantes : impôt sur le revenu, 3,4 milliards d’euros ; impôt sur le patrimoine, 3,3 milliards ; impôts et taxes à la consommation, 18,4 milliards ; impôts locaux et autres, 2,6 milliards ; contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et contribution sociale généralisée (CSG), 6,2 milliards ; cotisations sociales, environ 26,4 milliards d’euros.

L'immigration est une très bonne affaire financière

Ainsi, les immigrés sont une très bonne affaire pour l’économie française : ils reçoivent de l’Etat 47,9 milliards d’euros, mais ils reversent 60,3 milliards. Autant dire un solde positif de 12,4 milliards d’euros pour les finances publiques, qui ne représente pourtant que la part monétaire de transferts bien plus importants. Dans ce pays de 64,7 millions d’habitants, 6,5 millions de Français comptent au moins un immigré dans leur famille. Les chiffres de l’immigration légale sont très fluctuants. En France, on recense environ 5,3 millions de résidents étrangers avec leurs familles.

A ce solde positif de quelque 12,4 milliards d’euros il faut ajouter d’autres revenus pas toujours monétaires, mais d’une grande importance sociale et économique : les immigrés occupent l’immense majorité des emplois dont les Français ne veulent pas, et 90 % des autoroutes ont été et sont construites et entretenues avec de la main-d’œuvre étrangère. Sans immigrés, les prix à la consommation (produits agricoles et autres) seraient bien plus élevés, la main-d’œuvre étrangère étant bien moins payée.

Enfin une étude sérieuse sur l'immigration

La comptabilité réalisée par les chercheurs de l’université de Lille fait ressortir aussi de profonds changements sociaux. Majoritairement jeunes, les immigrés sont de grands consommateurs : comme nous venons de le voir, ils versent environ 18,4 milliards d’euros à l’Etat sur leurs dépenses personnelles, notamment en TVA. Les immigrés ont modifié en profondeur le sport et les arts populaires français : la grande majorité des footballeurs de haut niveau sont issus de l’immigration, et les artistes d’origine immigrée, noirs et maghrébins, peuplent le Top 50 de la chanson populaire.

Parallèlement, de nombreux métiers, en particulier dans les services, ne fonctionnent en France que grâce à l’immigration. Plus de la moitié des médecins hospitaliers dans les banlieues sont étrangers ou d’origine étrangère. Pas moins de 42 % des travailleurs des entreprises de nettoyage sont des immigrés. Plus de 60 % des ateliers de mécanique automobile de Paris et de la région parisienne appartiennent à des mécaniciens et petits entrepreneurs d’origine étrangère

50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites

Dans un domaine aussi crucial que l’avenir du système des retraites, les immigrés jouent un rôle des plus favorables. Le très officiel Comité d’orientation des retraites est parvenu à cette conclusion : “L’entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites.”

Xavier Chojnicki commente ces résultats en ces termes : “Il s’agit d’un processus historique lié à la structure de la population immigrée, majoritairement jeune. Comme ils sont peu qualifiés, les immigrés sont très souvent au chômage. Mais ils dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques.”

Il est vrai que le FN n’a pas la même lecture. Mais il est vrai aussi que le FN fait chiffrer son programme économique lié à l'immigration par un spécialiste des sciences de l'information qui a enseigné "l'image politique" : Jean-Paul Gourévitch.

Le Canard confirme faire la même chose ; quand il va faire estimer son véhicule, il passe chez le charcutier...

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