Ce soir, on s'fait un Mac Do ? Non un In Vitro !

Un burger créé in vitro servi en première mondiale à Londres aujourd'hui, il pèse 142 grammes et coûte 250 000 euros. Cela nous ramène combien le prix au kilo ? A peu près 1,8 millions d'euros ! Ce sera le happy meal de la décennie, le cadeau en moins. Pour info le cours moyen du kilo de bœuf ce 5 août acheté à l'agriculteur français est de 3.78 euros (source Pleinchamp.com).

L'expérience inutile

Fabriqué à partir de cellules souches de vache il sera cuisiné, servi et dégusté ce lundi à Londres. Deux volontaires goûteront à partir de 11h30 GMT ce steak né en laboratoire, œuvre du scientifique néerlandais Mark Post, de l'Université de Maastricht. Avec son équipe, ce professeur a mis six semaines pour confectionner son burger à partir de 20.000 minuscules tranches de viande cultivées en laboratoire. Ils y ont ajouté de la chapelure, du sel, de la poudre d’œuf ainsi que du jus de betterave et du safran pour la couleur. Cela risque de plus ressembler à un gâteau à la viande qu'à un véritable steak.
Déjà que dans les steaks hachés Mac Do on se demande où est la viande ? Alors là c'est clair, net et précis, pas de viande, juste un scientifique assemblage de protéines animales. Winston Churchill, en 1936, a été visionnaire comme à son habitude. En effet il annonçait à cette époque : « D’ici à cinquante ans, on évitera l’absurdité de faire grandir un poulet entier uniquement pour manger sa poitrine et ses ailes en faisant croître ces parties séparément dans un milieu approprié ». Et depuis 2001,  l’Agence spatiale américaine (NASA) mène des expériences sur le sujet, à partir de cellules de dinde.

On est limite dans le film de Claude Zidi, l'Aile ou la Cuisse

Mark Post estime que l'expérience est « d'importance car le bœuf produit en laboratoire offre une solution à des problèmes majeurs que rencontre notre planète », en permettant de créer de la viande à volonté et sans dégâts majeurs sur l'environnement. Avec l'augmentation de la population mondiale, « la demande en viande va doubler dans les quarante ans qui viennent. Aujourd’hui, nous utilisons 70% de nos capacités agricoles à la production de viande. Il est facile de comprendre qu'il nous faut trouver des alternatives », souligne Mark Post. Il ajoute que la fabrication de viande en laboratoire permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre résultant de l'élevage.

Tiens cela me rappelle quelque chose, les mêmes justifications avancées pour le développement des OGM, avec les risques que l'on connaît pour notre environnement et notre santé.

Des OGM à l'in vitro

Belle alimentation qui attend nos petits-enfants, une nourriture high-tech qui pourra être adaptée selon la race, l'âge, la géographie. Presque de l'eugénisme alimentaire. Comme pour l'agriculture où certains comme Monsanto (US) et Limagrain (France) font arracher les semences traditionnelles au profit des leurs, bientôt nous trouverons à la place de nos étables, nos vaches sous les pommiers, des laboratoires. J'aimerais qu'un artiste nous projette en vidéo ce que pourrait-être le Salon de l'Agriculture de l'an 2100. Plus de gentils agneaux ou veaux, des volailles réduites à l'état de boîte de Pétri, des cochons en tubes, et du bœuf que l'on pourra voir au microscope. Vive la science ! 

Avantage pour les cuisiniers ?

On pourra ajouter, en laboratoire, à notre entrecôte favorite directement des molécules de beurre salé ou non, de persil et d'ail à la conception du morceau « 1er choix, AOC (appellation d'origine carnée) », pour en un tour de main nous servir celle-ci façon maître d'hôtel, le tout accompagné avec des pommes de terres génétiquement modifiées, qui ne germent jamais, ayant le galbe idéal pour la frite, contenant des molécules d'huile de palme, et poussant à l'abri de la lumière dans du polyuréthane noir.
Pour la garniture, de la salade à mémoire de forme qui une fois sortie du sachet reprend couleur et forme de la feuille de scarole (la capacité de garder en mémoire une forme initiale et d'y retourner même après une déformation) comme pour les matériaux métalliques.

Le steak in vitro : le buzz du jour doit le rester !

La bouffe c'est pas un truc pour les geek et le combat contre la malbouffe, les multinationales agroalimentaires, les professeurs Maboul et Foldingue doit s'intensifier au risque, qu'un jour, l'humain se demande : « C'était comment la bouffe avant ! »

Ajout à 19h30 le 5/08/2013 : la vidéo

5 Août 2013 - Londres - Durée : 01:41

Le premier Steak de Culture à l'épreuve des papilles

La première pièce de viande éprouvette n'a pas exalté les papilles des testeurs. Pour la dégustation du tout premier steak de synthèse, fabriqué in vitro, les Britanniques ont vu les choses en grand. La cuisson de la pièce, servie lundi 5 août dans un bar londonien, a été confiée au célèbre cuisinier Richard McGowan. Premier souci : le steak mutant ne comporte pas de graisse, seulement du muscle ! Les équipes n'ont pas réussi à synthétiser parfaitement les molécules de graisse. Le chef doit tapisser abondamment la poêle avec du beurre et de l'huile de tournesol, dans laquelle grésille la viande de 142 grammes. Prête, la grillade éprouvette créée à partir de cellules souches de vaches a des allures de semelle cramée. Les deux "goûteurs" en laisseront la moitié, soit près de 145 000 euros de gâchis, à 290 000 euros la pièce.La première à tester ce nouveau genre de bidoche est une Autrichienne experte en tendances culinaires. Après une timide bouchée, elle livre ses premières impressions : "Je m’attendais à ce que la texture du steak soit plus douce, mais ça ressemble à de la viande, même si ce n’est pas autant juteux". L’autre cobaye, un Américain auteur d'un ouvrage sur les "goûts de demain", surenchérit : "La consistance est parfaite, même s’il manque un peu de sel et de poivre." Souci de taille, c’est surtout le goût qui pose problème. A qui la faute ? Mark Post, le créateur du steak dans son laboratoire de l’Université de Maastricht, pointe l'absence de graisse, essentielle dans la composition du goût. Le hamburger assemblé après la dégustation (David Parry/PA WIRE)Pour tenter de compenser, du sel, de la chapelure, de la poudre d’œuf ainsi que du jus de betterave et du safran ont été ajoutés, le tout arrosé de beurre. Sans grand succès. Mark Post s’est tout de même félicité de l’expérience : "Je pense que c’est un très bon début. Nous avons prouvé que nous étions capables de réaliser ce genre d’aliment. J’en suis très heureux."

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