Sondages ; la droite gouvernait pour faire bander les beaufs

Au delà des affaires financière des sondages, que nous avons payé pour la plus grande joie des Sarkozy et autres Fillon, c’est une affaire politique qui semble vouloir sortir de ces dossiers, à présent entre les mains de juges d’instruction.

Si, en effet, le gouvernement et la présidence de la république achetaient autant de sondages sur les sujets aussi variés et aussi souvent ; c’est parce qu’elle gouvernait, non pas en tenant compte d’un position ferme, défini et en phase avec ses promesses de campagne, mais en fonction des “sentiments” des électeurs de son camp, quitte, in fine, à faire l’inverse de ses engagements.

40 % de promesses - seulement - de campagne actées ; un hasard ?

Non, certainement pas. En onze mois, l’actuel gouvernement arrive à près d’une cinquantaine de promesses validées et votées. Tout en restant ferme sur ses engagements et sur son cap, mettant de côté les sondages catastrophiques - logique : pas de bla-bla pour faire bander le peuple, pas d’effets de manche pour faire pâmer les journalistes -.

Faire de la politique en se basant sur des sondages est le summum de la mononeuronie qui pourrait se résumer par “on n’a qu’à proposer ce que les discussions de comptoir racontent, comme ça on fera peuple”.

Des affaires compliquées pour la droite

L'affaire démarre en 2009, lors de la publication du rapport annuel de la Cour des comptes sur le budget de l'Elysée. Les magistrats notent de nombreuses irrégularités dans la gestion des enquêtes d'opinion: sur les 35 sondages facturés par la présidence en 2008, au moins quinze ont été publiés quelques semaines plus tard dans la presse. En ligne de mire notamment, les enquêtes grand public "omnibus" d'Opinion Way, financées par l'Elysée pour un montant de 392 288 euros, puis cédées au Figaro et LCI pour être publiées.

La Cour dénonce également "les conditions dans lesquelles a été passée et exécutée une convention signée le 1er juin 2007" entre l'Elysée et "un cabinet d'études", pour un montant de "avoisinant 1,5 million d'euros". En clair : l'Etat n'a pas respecté l'obligation de faire un appel d'offres pour obtenir le meilleur tarif. Les magistrats ne nomment pas ce cabinet. La presse s'en charge: il s'agit de Publifact, dirigé par Patrick Buisson, proche conseiller de Nicolas Sarkozy.

L'immunité présidentielle en jeu

Tout est parti d'une plainte de l'association anti-corruption Anticor déposée en 2010 pour favoritisme. En cause, une convention commerciale signée par l'ex-directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, avec la société de conseil Publifact de Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. Dans un rapport de juillet 2009, la Cour des comptes avait déjà épinglé cette convention passée sans qu'"aucune des possibilités offertes par le code des marchés publics pour respecter les règles de la mise en concurrence (...) n'ait été appliquée".

Le juge d'instruction Serge Tournaire avait estimé en mars 2011 qu'il y avait matière à enquêter, mais le parquet avait fait appel. Et en novembre 2011, la cour d'appel de Paris s'était opposée à l'enquête, estimant que le juge risquait de remonter jusqu'au chef de l'Etat et de porter atteinte à l'inviolabilité de ce dernier qui, selon l'article 67 de la Constitution, ne peut faire l'objet d'une enquête durant son mandat.

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