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Publié par Le Kiosque aux Canards

Le massacre de Sabra et Chatila (deux camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest au Liban) a été perpétré, du 16 au 17 septembre 1982, par la milice chrétienne libanaise dirigée par Elie Hobeika, dans un secteur sécurisé par l'armée israélienne depuis l'Opération Paix en Galilée. Le nombre de victimes varie suivant les sources entre 700 et 3 500.

La commission Kahane, chargée par le gouvernement israélien d'enquêter sur le massacre, a établi que si les tueries n'ont été le fait que des seules Phalangistes, la conduite de la campagne militaire israélienne était fautive et que certaines personnalités politiques israéliennes dont le Ministre de la Défense de l'époque, Ariel Sharon, avaient une « responsabilité personnelle » dans les événements du fait de sa non-action durant ces massacres.

Septembre 1982 à Sabra et Chatila

Le massacre de Sabra et Chatila (deux camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest au Liban) a été perpétré, du 16 au 17 septembre 1982, par la milice chrétienne libanaise dirigée par Elie Hobeika, dans un secteur sécurisé par l'armée israélienne depuis l'Opération Paix en Galilée. Le nombre de victimes varie suivant les sources entre 700 et 3 500.

La commission Kahane, chargée par le gouvernement israélien d'enquêter sur le massacre, a établi que si les tueries n'ont été le fait que des seules Phalangistes, la conduite de la campagne militaire israélienne était fautive et que certaines personnalités politiques israéliennes dont le Ministre de la Défense de l'époque, Ariel Sharon, avaient une « responsabilité personnelle » dans les événements du fait de sa non-action durant ces massacres.

Un accord et une intervention française

Après deux mois de négociations tendues, un accord est finalement conclu entre l'OLP, le Liban et Israël sous garantie américaine.

L'OLP s'engage à quitter le Liban en échange de garantie que la sécurité des civils qui s'y trouvent, en particulier les réfugiés des camps, sera assurée.

Israël s'engage à ne pas pénétrer dans Beyrouth ouest et protéger les camps, et Arafat reçoit la promesse écrite des Américains que les marines ainsi qu'une force multinationale (800 Français, 500 Italiens et 800 Américains) seront les garants ultimes de l'engagement israélien.

Le premier contingent - français - arrive le 21 août et doit assurer l’évacuation et la collecte des armes. Cette force doit rester une trentaine de jours, empêcher tout dérapage et protéger les familles palestiniennes. Le premier septembre, le retrait d'Arafat et de l'OLP est achevé. Mais personne ne respectera sa parole.

À commencer par le gouvernement américain. M. Caspar Weinberger, secrétaire à la défense, donnera l’ordre à ses marines de quitter le Liban alors même que les milices chrétiennes prennent position, le 3 septembre, dans le quartier Bir Hassan, en bordure des camps de Sabra et Chatila. Le départ des Américains entraîne automatiquement celui des Français et des Italiens. Le 10 septembre, le dernier soldat est parti de Beyrouth, alors que la force internationale devait rester jusqu'au 21 ou 26 septembre.

L’assassinat de Bechir Gemayel...

Le 14 septembre, Bechir Gemayel, le nouveau président libanais élu par l'assemblée Nationale et soutenu par les Israéliens, est assassiné. M. Ariel Sharon prend ce prétexte pour envahir Beyrouth-Ouest et pour cerner les camps de Sabra et Chatila.

Selon le journaliste Robert Fisk, se référant à une dépêche AP du 15 septembre, « Le ministre de la Défense Ariel Sharon associe l'assassinat (du leader phalangiste Gemayel) à l'OLP: "il symbolise le terrorisme meurtrier des organisations terroristes de l'OLP et de leur partisans" ». Selon le journaliste Uri Dan, les Israéliens avaient appris "qu'un Libanais téléguidé par Damas avait actionné à distance une bombe placée à proximité du bureau de Gemayel". Selon le journaliste Alain Ménargues, qui se réfère à des sources phalangistes, cet agent syrien nommé Habib Tanios Chartouni avait été identifié et arrêté par les Phalangistes" le 16 septembre vers 17h30". Peu après commence le massacre punitif de Sabra et Shatila.

... Puis le massacre commence

Les premières exactions commencent le jeudi soir du 16 septembre. Selon un article de Pierre Péan dans Le Monde diplomatique (septembre 2002, p. 21), qui se réfère à Alain Ménargues (citant lui-même des « témoins » non identifiés, dans un livre dont le contenu lui a été directement inspiré par Fadi Frem, le dirigeant phalangiste qui était à la tête des Forces libanaises depuis le 13 septembre), les militaires israéliens positionnés à proximité des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila auraient assisté passivement tout au long du vendredi aux massacres commis par des Phalangistes chrétiens qu'ils ont laissés pénétrer dans les camps sur des civils palestiniens.

Les témoignages de soldats israéliens réunis dans le documentaire d'Ari Folman Valse avec Bashir indiquent que des informations partielles et confuses sur des exactions commises par les Phalangistes parviennent alors aux forces israéliennes, mais que ce n'est qu'après la fin du massacre que celui-ci sera perçu dans son ampleur.

Dans l'après-midi, le commandant en chef de Tsahal, le général Rafael Eitan rencontre les officiers Phalangistes qui l'informent que l'opération dans les camps est achevée et qu'ils quitteront les lieux le lendemain à cinq heures du matin. Au matin du samedi 18 septembre, les Phalangistes sont toujours dans Sabra et Chatila. Le général israélien Yaron exige alors du chef des Phalangistes chrétiens qu'il retire ses hommes.

Les Phalangistes obéissent, et les derniers d'entre eux quittent les camps à huit heures du matin. Femmes et enfants ont été rassemblés dans un stade voisin, tandis que les hommes étaient exécutés sur place ou emportés en camion. On découvre alors que les Phalangistes ont tué, outre des combattants palestiniens, des civils en grand nombre. Des employés de la Croix-Rouge et des journalistes arrivent sur place et informent le monde entier. Quand Ariel Sharon et Rafael Eitan annoncent que les tueries ont cessé et que les Phalangistes ont été expulsés des camps, il est trop tard. Il y aurait eu 900 réfugiés palestiniens tués. Les chiffres de morts et de disparus demeurent dans le plus grand flou. Ils varient, selon les estimations, de 500 à 5 000.

Une seule enquête officielle

À ce jour, une seule enquête officielle a été menée, celle de la commission israélienne dirigée par le juge Itzhak Kahane, président de la Cour suprême, rendue publique en février 1983. Il en ressort que l'organisation chrétienne des Forces libanaises porte seule la responsabilité directe du massacre. Ariel Sharon, alors ministre de la défense, porte une responsabilité indirecte pour n'avoir pas prévu le comportement des Phalangistes libanais. Le rapport parle d’une grave erreur de celui-ci, qui n’a « pris aucune mesure pour surveiller et empêcher les massacres ». Les journaux israéliens ont publié des articles confirmant et amplifiant ces conclusions.

Le journaliste français Pierre Péan affirme, dans son article du Le Monde diplomatique, quant à lui, que le journaliste israélien Amir Oren aurait dans un article de Davar du 1er juillet 1994 affirmé à partir de documents officiels que les massacres faisaient partie d’un plan décidé entre Ariel Sharon (alors ministre de la défense d'Israël) et Béchir Gemayel (chef des Phalanges chrétiennes et président du Liban récemment élu) qui utilisèrent les services secrets israéliens qui avaient reçu l’ordre d’exterminer tous les terroristes ; selon cette thèse, bien que les milices libanaises chrétiennes (phalangistes) portent la responsabilité directe des massacres, elles auraient été de simples pions dans la ligne de commandement qui conduisait, via les services, aux autorités israéliennes.

Un événement reconnu comme “ un acte de génocide”

Cependant, une enquête du mensuel "L’Arche” démontre que le journaliste israélien n'a pas écrit ce que lui attribue Pierre Péan. La rédaction du Monde diplomatique le reconnaît, dans un rectificatif ajouté à la version de l'article de Pierre Péan publiée sur son site Internet.

Lors de la 108e réunion de l'Assemblée générale des Nations unies, les événements furent reconnus comme étant un massacre à grande échelle et un acte de génocide

Suite à ces événements, Israël établit une commission officielle d'enquête dirigée par Yitzhak Kahane, juge à la Cour suprême. Le 7 février 1983, la commission confirme la culpabilité des milices chrétiennes libanaises, et reconnaît Ariel Sharon indirectement responsable pour n'avoir pas prévu la tragédie qui résulterait de l'entrée des Phalangistes dans les deux camps palestiniens.

Pour les mêmes raisons, la commission blâme d'autres responsables israéliens qui auraient dû, selon elle, prévoir les conséquences meurtrières d'une entrée des Phalanges dans les camps palestiniens, et qui de ce fait portent eux aussi une part de « responsabilité indirecte » dans les massacres (la « responsabilité directe » étant, souligne la commission, exclusivement celle des auteurs du crime, c'est-à-dire les membres des Phalanges chrétiennes libanaises).

Sont ainsi blâmés par la commission, à des degrés divers, outre le ministre de la défense Ariel Sharon : le premier ministre Menahem Begin, le ministre des affaires étrangères Itzhak Shamir, le commandant en chef de Tsahal Raphaël Eytan, le chef des renseignements militaires Yehoshoua Saguy, le commandant de la région nord Amir Drori, et le général Amos Yaron. La recommandation la plus sévère est celle visant Ariel Sharon, qui doit quitter ses fonctions.

Militaires libanais et ambassadeur américain

La commission indique que, selon son enquête, d’autres parties pourraient être mises en cause, notamment les dirigeants libanais qui ont refusé (malgré la demande expresse des militaires israéliens) de faire entrer l’armée libanaise dans les camps pour mettre un terme aux massacres, ainsi que l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Morris Draper, qui a refusé de faire pression en ce sens. Mais, puisqu’il s’agit d’une enquête israélienne, seuls les manquements des Israéliens sont pris en compte dans le rapport de la commission. (Aucune commission n'a été instaurée par ailleurs, dans un cadre libanais ou dans un cadre international, pour établir les responsabilités des acteurs non israéliens dans cette affaire.)

Dans sa conclusion, la commission Kahane évoque l’argument selon lequel « des massacres ont eu lieu auparavant au Liban, avec des victimes beaucoup plus nombreuses qu’à Sabra et Chatila, mais l’opinion publique mondiale ne s’en est pas émue et aucune commission d’enquête n’a été établie ».

Elle rejette cet argument, soulignant que l’objectif de son enquête était de préserver « l’intégrité morale d’Israël, et son fonctionnement en tant qu’État démocratique adhérant scrupuleusement aux principes fondamentaux du monde civilisé ». Et elle ajoute : « Nous ne nous berçons pas de l’illusion que les résultats de notre enquête suffiront à convaincre ou à satisfaire les gens nourris de préjugés et les consciences sélectives. Mais notre enquête ne leur était pas destinée.»

Septembre 1982 à Sabra et Chatila ; souvenons-nous

Massacre de Sabra et Chatila

Massacre de Sabra et Chatila

Le massacre de Sabra et Chatila a été perpétré, du 16 au 17 septembre 1982, par la milice chrétienne libanaise dirigée par Elie Hobeika, dans un secteur sécurisé par l'armée israélienne depuis l'Opération Paix en Galilée. Le nombre de victimes varie suivant les sources entre 700 et 3 500.

Septembre 1982 à Sabra et Chatila

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