Réforme scolaire : Peillon tient le cap

Vincent Peillon, le ministre de l’Éducation nationale, tient le cap. Après une tournée nationale afin de promouvoir sa réforme de la semaine de 4,5 jours, le voici défendant sa réforme des vacances d’été, malgré une opposition à sa droite et à sa gauche.

Intéressant d’ailleurs de remarquer que cette réforme, qu’avait espérer la droite durant ses dix dernières années de pouvoir sans trouver le courage de la réaliser, devient pour elle un des premiers fronts de son opposition.

Pour l’agrégé de philosophie Vincent Peillon, le lien entre la République et son Ecole se délite, le niveau baisse, chaque année un peu plus et il est de son devoir de réagir.

Pas un sujet prioritaire

C’est l’argument phare des opposants. Ségolène Royal l’a même avancé après l’annonce, en mai dernier, du travail du ministre sur ce projet de réforme. Etrange ; demander une réforme urgente, quand on est dans l’opposition, et la trouver “non prioritaire” quand on est dans la majorité. Même s’il est nécessaire pour Vincent Peillon de se calmer un peu - souvenons-nous de ses sorties sur le cannabis - en attendant que les dossiers sur lesquels il travaille soient présentés devant le parlement ; il fait son job de patron de l’Éductation nationale et on ne lui demande “que” cela.

"Il serait juste que l'ensemble des socialistes soutiennent le ministre de l'Education", "soutenir Vincent Peillon, c'est soutenir les enfants !", s'emporte son prédécesseur rue de Grenelle, Jack Lang, qui relève la "catastrophe" qu'a représentée la décision en 2008 de la droite de passer à la semaine de quatre jours. Et si "une erreur a été commise, ce n'est pas celle de Vincent Peillon", mais celle "du gouvernement d'ouvrir une période de concertation" sur les rythmes quand cet engagement présidentiel aurait dû être d'"application immédiate", selon Jack Lang.

Le choix d’une communication régionale

Au lieu de se focaliser sur les médias nationaux. Ce qui n’est pas mal vu. "Ce qui me préoccupe, c'est les 12 millions d'écoliers français plus que mon destin", "j'ai une certaine persévérance", dit-il, soutenu par la principale fédération de parents d'élèves, la FCPE. 

Fin 2012, il évoquait longuement "L'étrange défaite", analyse à chaud de l'historien Marc Bloch sur la débâcle de 1940 et la chute d'une nation aveugle et trahie par ses élites. Un destin auquel serait confronté l'école. 

Aussi assure-t-il que face à cet enjeu, sa carrière politique lui importe peu. En avant-propos de son livre "Refondons l'école", paru en février, Vincent Peillon rappelle le message d'accueil du recteur de Paris en mai: "La durée de vie des ministres de l'Education nationale est courte. Deux ans en moyenne." 

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