Pas bon d'être malade quand on bosse

Le gouvernement a accepté pour les fonctionnaires l'annulation de la carence pour arrêt maladie, comme un petit geste face à la grogne de ses employés-fonctionnaires. Mais le privé...

On parle aujourd'hui des journées de carence pour les fonctionnaires, mais qu'en est-il réellement dans le privé ?

Pour mieux expliquer , et ce de manière simple, prennons l'exemple du Groupe Saint-Gobain via l'une de ses filiales les chiffres vont parler d'eux-mêmes.

Les carences c'est selon votre état de santé ou accident de la vie et elles peuvent diminuer votre salaire de façon exponentielle. En effet, plus vous êtes malade, plus vous êtes pénalisés. Est-ce votre fait ou votre faute si vous avez mangé une volaille atteinte d'une grippe, embrassé votre petit dernier qui avait la varicelle, mangé un plat surgelé de chez Minus au cheval qui pouvait-être avarié ? Certes non, ceci n'est pas de votre fait !

Pour faire simple, soyez malades !

Mais allez bosser pour faire plaisir aux patrons, comme celui de Titan qui se plaint que le français n'est pas productif. C'est vrai, quand on a une gastro-entérite, c'est commode d'assurer ce pourquoi on est plus ou moins bien payé entre deux aller et retour aux toilettes qui souvent sont aux antipodes de votre poste de travail.

J'en viens aux chiffres exemples valables pour une année calendaire.

Le premier arrêt maladie vous en coûtera trois jours de carence.

Le second arrêt maladie vous en coûtera cinq jours de carence.

Et si par malheur vous avez un troisième arrêt maladie on dépasse l'imaginable, celui-ci vous coûtera, sept jours de carence.

Et pour ces chiffres, ceci n'est valable que si et seulement si vous possédez une ancienneté dans cette entreprise supérieure ou égale à deux années.

Plaignons les CDD et les nouveaux CDI sans ancienneté.

Pour eux, le calcul est beaucoup plus simple, c'est 7 journées de carence d'office s'ils ont entre un et deux ans d'anciennetés.

Et les autres, me direz-vous? Aucun salaire reversé, juste la base sécu obligatoire sans complément c'est à dire pas grand-chose.

Alors les carences, qu'en penser ?

Pour réaliser des économies mais aussi pour dissuader les employés de poser des arrêts maladie "de confort" ou à répétition. Résultat, un salarié y réfléchit à deux fois avant de renoncer à se rendre à son travail pour une maladie peu gênante. Mais est-ce efficace ? Non pas vraiment, car quand on est malade c'est pas pour nous faire plaisir.

Au niveau financier, c'est vraiment pas rentable d'être malade.

Aux indemnités de la Sécurité sociale peuvent s'ajouter un complément versé par l'employeur notamment si le salarié justifie d'une année d'ancienneté. Il perçoit alors 90% puis 66% de la rémunération brute (y compris les indemnités journalières) qu'il aurait gagnée s'il avait travaillé, et ce, pour des durées qui varient selon son ancienneté : 90% pendant les 30 premiers jours si l'ancienneté est de 1 à 5 ans, 40 jours si elle est d'au moins 6 ans, 50 jours si elle est d'au moins 11 ans, etc. Des conventions ou accords collectifs peuvent prévoir une indemnisation plus avantageuse.

Moralité

La sécu tourne vinaigre, les remboursements pour maladie vont comme peau de chagrin, et la productivité, le profit et les actionnaires sont plus importants que le salarié dont la bonne santé doit assurer le bon fonctionnement de l'entreprise pour laquelle il travaille.

Nous ne voulons pas devenir les chinois du CAC 40.

Pas bon d'être malade quand on bosse
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