Manou Bouzid, correspondante du Kiosque aux Canards, en est sûre ; «on les aura, pacifiquement à la tunisienne, mais on les aura».

Les égyptiens ont eu leur deuxième révolution. Après un sit in gigantesque, 33 millions de citoyens dans la rue, et le coup de pouce de l’armée qui a démit Morsi ; les égyptiens ont récupéré leur pays.

C’est vrai que ce n’est pas encore fini, la confrérie des frères musulmans faisant de la résistance arguant la légitimité des urnes.

En Tunisie la légitimité des urnes a atteint sa dead line le 23 octobre 2012

Cependant, le peuple tunisien, fidèle à ses traditions, préféra leur donner le bénéfice du doute, pensant qu’avec juste un peu de pression, Nahda finirait par écrire cette satanée constitution et organiser au plus vite des nouvelles élections.

Mais lorsque on a l’arrogance de Nahda, un bon geste est vite pris pour de la faiblesse. Et lorsqu’on est fourbe, on essaye de profiter de la faiblesse des autres.

Mais voilà, ils se sont trompés ; les tunisiens ne sont pas faibles et depuis une dizaine de jours, le sit in sur la place du Bardo qui prend de plus en plus d’ampleur, le prouve bien.

L’assassinat de Brahmi, au commencement...

Cela a commencé avec l’assassinat du député d’opposition Mohamed Brahmi et s’est amplifié avec les crimes atroces dont ont été victimes nos valeureux militaires.

Il est vrai que la situation ne prête pas à rire, mais si seulement les occidentaux pouvaient être ici et voir la débandade des islamistes, ils en riraient autant que nous.

Tout y passe ; conférences de presse accusant les sympathisants de l’ancien régime de Ben Ali, alors que plus personnes ne se souvient de lui ; gesticulations dans tous les sens essayant de montrer qu’ils sont sûrs d’eux et qu’ils ne craignent personnes ; tentatives de déstabilisation du moral des tunisiens en voulant leur faire entrevoir le scénario noir de l’Algérie des années 90.

Mais ils sont incompétents même dans la médiocrité. Et même là ils ont échoué.

Une équipe de bras cassés

Un islamiste voulant fabriquer une bombe dans le district de la Manouba, n’a réussit qu’a se faire sauter, faire sauter sa maison et blesser gravement sa femme enceinte. Dans la même journée un autre à Menzel Bourguiba, ne réussit qu’à se faire sauter la main mais il lui reste quand même quelques doigts pour se gratter là ou cela lui démange.

On est loin des spécialistes algériens des années 90, ce qui même si cela prête à rire est quand même d’un certain coté plutôt rassurant.

Hexabyte a mis à disposition des sit inneurs, un réseau wi fi disponible à tous sur la place du Bardo, disponible à tous cela veut dire même aux islamistes et c’est là que l’on retrouve l’esprit tunisien, cet esprit qui fait que même dans les pires situations, on ne désespère jamais car il y a toujours quelque chose pour titiller notre sens de l’humour qui Dieu merci, nous quitte rarement.

Pour se connecter à ce réseau, les Internautes doivent taper le mot de passe : Bourguiba

Imaginez le dilemme pour les nahdaouistes, taper Bourguiba ou rester hors connexion !

Pour les islamistes ce mot de passe risque de leur donner de l’arthrite dans les doigts en le tapant et pour nous c’est une douce sensation que ces gens là qui veulent nous ramener au 14 siècles, doivent utiliser les technologies du 21ème en tapant le nom de leur pire ennemi qui du fond de sa tombe doit se fendre en deux de rire.

Nahda essais de rameuter ses troupes

La mobilisation des sit inneurs ne baissant pas, Nahda essais de rameuter ses troupes ; des SMS ont été envoyé en vrac à tous les adhérant du parti leur demandant et même leur sommant de participer au sit in du Bardo.

Il est vrai que Nahda commence à être intimidé par le nombre des manifestants de l’opposition, cinq à six fois supérieur à leurs propres militants.

Mais comme ils jouent leur dernière cartouche, ils nous ont promis un million de manifestants pro Nahda à la Kasbah - notre Matignon - délaissant, ainsi, pour un soir, le Bardo, et ce pour le 3 aout jour anniversaire de Bourguiba.

Pour cet événement Nahda a mit les petits plats dans les grands en reprenant à son compte le système Ben Ali.

Une somme monumentale a été dépensé en location de cars venants de toutes les régions remplis de militants ayant reçus entre 20 et 50 dinars par tête, selon ou ils habitent, pour participer à cette manifestation d’envergure, Nahda vide tous les fronts pour en remplir un seul, fin stratège jusqu’au bout des ongles, en cas de guerre il ne faut pas compter sur eux pour s’en sortir.

Le matériel installé est digne d’une scène des Rolling Stones, scène spectaculaire, matériel sono professionnel, écran géant etc.…alors que de leur coté, les manifestants du Bardo se déplacent par leurs propres moyens, ne reçoivent aucun argent, et viennent spontanément.

Et justement c’est là qu’est toute la différence.

Les anti gouvernementaux manifestent et se battent pour leurs pays, les pros gouvernementaux manifestent et se battent pour un partis.

On ne peut pas acheter le militantisme, on ne peut qu’acheter les opportunistes et malheureusement la misère.

De plus Nahda commence à apprendre de ses erreurs.

Jusqu’à maintenant dans leurs meetings et dans leurs manifs, on ne voyait que les drapeaux aussi noirs que leurs cœurs et les manifestants n’entonnaient que des chants religieux. Aujourd’hui, à la Kasbah, des drapeaux rouges flottaient à perte de vue, et une première : l’hymne national était chanté en chœur, à contre cœur certes, mais chantée quand même. On en était arrivé à penser qu’ils ne connaissaient même pas les paroles, mais leur slogans anti nationaux détonnent avec l’hymne, contradictoires dans tous ce qu’ils font.

Les islamistes mettent du coeur à l’ouvrage

On peut dire qu’ils y mettent du cœur à l’ouvrage. Il faut toutefois ajouter que derrière tout cela, il y a l’argent de Nahda financée jusqu’à présent à coup de millions d’euros par l’ex Emir du Qatar. Mais comme celui-ci a pris sa retraite ; Nahda se sert directement dans les caisses de l’état, alors que les sit inneurs du Bardo ne sont que des citoyens ne disposant d’aucun financement et qui sont juste là pour sauver leur pays.

Mais même avec tout son argent, Nahda ne pourra pas se permettre de faire ça tous les jours, tandis que les tunisiens continueront à aller tous les jours au Bardo, la différence est assez significative.

C’est David contre Goliath.

Leur argent et le fait qu’ils aient le pouvoir, font de nous des David même si nous sommes plus nombreux, et on sait ce qui est arrivé à Goliath.

Malgré toute cette logistique, nous sommes loin du million annoncé par Nahda. Ni les forces de l’ordre, ni les organisateurs n’ont put donner d’estimations quand au nombre, mais celui-ci ne pouvant pas de toutes façons dépasser les 50 ou 60 000 manifestants, au vu de la taille de la place de la Kasbah, le Bardo l’a déjà fait sans bus, sans sono, sans écrans géants et sans bakchichs.

Et Nahda s’offre une première mondiale, utiliser l’argent du peuple pour organiser une manifestation du gouvernement contre son peuple, on aurait voulu l’inventer, on n’y serait pas arrivé.

Et la tête enflant devant cette foule, dans son allocution sur cette scène tel une rock star, le gourou/Ghanoucchi compare la mobilisation de ce soir à la Kasbah à la conquête de la Mecque par le Prophète, j’ignorais que le prophète avait payé ses compagnons d’armes, mais Ghanoucchi l’a dit, peut être y était il aussi ?

Et dire que c’est nous qu’il traite de blasphémateurs et de mécréants.

Pour impressionner Nahda a été obligé de mettre tous ses œufs dans le même panier, imaginez la taille de l’omelette si le panier venait à tomber.

On les aura
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