L’œuf en pack de la grande distribution

Rien à voir avec la PAC , et encore faut y regarder de plus près, l’œuf est brouillé avec les marchés, l’œuf est dur à acheter pour le consommateur, bref l’œuf est une coque qui coûte cher à nos producteurs.

La faute à qui, la faute à quoi ?

La semaine dernière, les producteurs d’œufs ont exprimé leur désarroi face à la chute des cours. L’Europe y est pour quelque chose, la grande distribution pour beaucoup et nos sales habitudes alimentaires et de consommation responsables.

Lorsqu'un producteur à qui l'Europe a demandé de mettre aux normes et ce plusieurs fois durant les quinze dernières années, quant aux conditions des volailles pour pondre de manière décente, des frais ont été engagés par ces derniers. Des investissements parfois lourds, pour offrir à ces volatiles, griffoirs, perchoirs, nids douillets, pour pondre plus et mieux sur une surface qui n'excède pas le format d'une feuille A4. Vous me direz, on en revient à l'éternel problème de l'élevage intensif. Mais qui a orienté nos paysans vers cette méthode productiviste : l'Europe. A coup au départ de subventions, puis de réglementations, notre chère Europe agricole a su ficeler nos agriculteurs. Un peu comme un dealer qui au départ fournit une came de merde gratuitement pour rendre accro un pauvre bougre qui deviendra dealer pour payer sa propre came et ce avec la bénédiction des gouvernements successifs, du Crédit à Bricole, de la MSA comme mentors. 

Accro et dépendant

Il fallait écouler la marchandise et le marché était imposé : la grande distribution. Avec ses marges arrières, ses magouilles entre copains, la grande distribution, entube les producteurs et nous les consommateurs. Mais nous consommateurs, notre part de responsabilité, existe.

Acheter en hypermarché c'est favoriser la crise.

Je sais on est plus au moyen-âge, les hypers c'est facile pratique, automatique ou en drive et en plus on peut comparer les prix avec son smartphone. Mais se nourrir se limite-t-il à un achat grotesque de masse ?
Nos agriculteurs, éleveurs, producteurs, artisans des métiers de l'alimentaire sont en réelle crise, alors que nous savons tous qu'ils seraient les principaux pourvoyeurs d'emplois en CDI, sans flexibilité et non en temps partagé ou en temps partiel, contrairement aux copains d’Édouard Leclerc, Auchan, Carrefour et la bande.
Notre responsabilité est bien réelle dans la crise de notre agriculture. Vous pensez qu'un véritable paysan ai envie de produire de la merde, de détruire sa production car ce qu'il a produit ne vaut rien ? Je ne le pense pas . Certes, il existe une race de paysan phagocytée par les grands groupes alimentaires qui jouent le jeu de la grande distribution et de la malbouffe, mais si nous consommateurs donnions le choix à la majorité d'entre-eux : un véritable revenu pour une production de qualité dans le respect de l'environnement, que se passerait-il?  Sincèrement, le payer moins cher pour bouffer de la merde, en mettant sur la paille de leurs vaches (quant elles en ont encore pour dormir) des paysans, c'est pas mon truc. 

Agriculture raisonnée versus hypermarchés

Chaque fois que vous passez à table, vous posez vous la question du combien a gagné le producteur ? Non ! Et pourquoi la majorité des produits que vous dressez au dîner peuvent être de la merde et ne pas être conformes à l’étiquetage annoncé sur la promo de votre hyper favori ? Non ! Parce que, le sens d'une réelle de l'alimentation a changé. On mange ce qui est à la mode, ce qui est hors saison, on mange exotique, bref on mal bouffe !
Les hypermarchés sont responsables de la crise de l’œuf. Comment un producteur peut vivre en vendant une centaine d’œuf 5 euros alors que son prix de revient est de 7 euros ? Et pourquoi notre demi-douzaine d’œufs achetée en grande surface dépasse les 1 euros ? Pour remplir les poches d'actionnaires qui eux peuvent s'offrir de la bonne bouffe dans des restaurants étoilés Michelin à 30 euros des œufs bio de ferme pochés aux truffes sauvages d'Ardèche, juste pour l'entrée, sans compter le vin.
L'agriculture raisonnée passe par chacun d'entre nous, en faisant le choix de manger local, des produits de saison auprès de producteurs raisonnables dans leurs méthodes de travail et leur prix. Et vous serez surpris de savoir qu'un légume acheté chez ce type de producteur se garde beaucoup plus longtemps au frais que le même acheté en hyper ou supermarché. Donc pour une agriculture raisonnée, équitable, soyons raisonnables.

Et les œufs dans tout cela ?

Les producteurs ont eu raison de détruire des palettes entières d’œufs, c'était pour eux le seul moyen de se faire entendre, et de médiatiser un des nombreux problèmes de cette agriculture imposée par l'Europe depuis près de quarante ans. Même le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll nous dit :« On a une grande distribution qui continue à tirer les prix vers le bas, au mépris de l’appareil de production d’œufs français».
Yves-Marie Beaudet, président de la section œufs de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne, répond : « On est surpris que l’État découvre le problème (...). Il faut qu’une vingtaine d’éleveurs jettent des œufs pour que le ministre de l’Agriculture se saisisse de la question ».

Alors que la France souffrait l’an dernier d’une pénurie d’œufs, le marché est aujourd’hui saturé par les éleveurs, qui pâtissent d’un excédent d’œufs de 5 à 10%. L’application d’une directive européenne sur le « bien-être » des poules pondeuses, effective depuis le 1er janvier 2012, avait au départ contraint les producteurs d’œufs à diminuer le nombre de poules par cage. Le retard dans la mise en conformité de la directive a d’abord conduit à une pénurie.
Un an plus tard, l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne et des Pays-de-la-Loire estime que l’Union européenne souffre d’un surplus de 15 à 20 millions de pondeuses, sur un total d’environ 350 millions.
Résultat : le cours est en chute libre, tout comme le prix de revient des produits avicoles. « Les producteurs d’œufs ont souvent profité de la mise aux normes européennes pour agrandir leurs installations de 30 à 50%. Dans certains élevages, il y a près de 100 000 poules ! », dénonce Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, qui met en cause la dérégulation du marché et la libéralisation de la filière.

L’Europe toujours l'Europe, je crois qu'il faudra un jour sortir de ce système pernicieux et redonner à l'agriculture son autonomie de gestion individuelle et ses propres règles de qualité au grand plaisir des consommateurs mais pas des hypers.
Et cela signifie aussi, écouler les produits agricoles hors des circuits imposés, aller au plus près des consommateurs avec des prix justes ; car moi perso je suis d'accord pour acheter une centaine d’œufs à 7 euros ce qui me ramène la sizaine à 42 centimes, et je peux même amener ma boîte. Comme avant !

N'en déplaise à Leclerc, Carrefour, Intermaché, et autres

Ils veulent de la publicité comparative, cela me donne envie de faire un site internet qui compare combien ils achètent aux producteurs, fruits, légumes, viande, poisson, céréales, tous produits non transformés et sans emballage marketing superflu et combien ils vous les vendent !

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plombier paris 25/03/2015 17:47

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