(Not) Made in France

Un quart de notre consommation de biens porte sur des biens en provenance des pays de délocalisation et permettent au consommateur final de réaliser des gains de pouvoir d'achat substantiels, par rapport à l'achat de produits équivalents Made in France. Nous évaluons ces gains potentiels de 100 à 300 euros par ménage et par mois. Il y a là une marge de manœuvre pouvant être utilisée pour améliorer les conditions de travail dans les pays exportateurs, sous la pression des consommateurs.

Selon une étude du Centre d’études prospectives et d’informations internationales

"Les Français l’affirment dans tous les sondages, ils sont prêts à payer plus cher pour des produits fabriqués en France. Mais si, demain, ils décidaient de remplacer leurs achats de produits importés des pays à bas coûts par des biens identiques mais, tricolores, leur pouvoir d’achat en prendrait un sérieux coup", avertit le Cepii.

Le surcoût potentiel à "acheter français"

Cette étude "du très sérieux Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), en moyenne, le surcoût potentiel pour acheter français serait de 1.270 à 3.770 euros par an et par ménage. Soit pas moins de 100 à300 euros par mois!"

"71 % du surcoût seraient imputables au remplacement des seules importations en provenance de Chine", ajoute l'étude du Cepii.

"Un quart de notre consommation de biens porte sur des biens en provenance des pays de délocalisation et permet au consommateur final de réaliser des gains de pouvoir d’achat substantiels", indiquent les deux économistes Charlotte Emlinger et Lionel Fontagné auteurs de cette étude.

S’appuyant sur des données de 2010, "l’étude estime que le quart du surcoût lié à l’achat français porterait sur les seuls articles en cuir, les sacs en tête. Viendrait ensuite le petit matériel électrique (10%), suivi des vêtements (8 %)", détaille le Cepii.

"La logique d’opposition entre produits importés et produits fabriqués en France ou entre industrie et service n’a pas de sens, estime Lionel Fontagné. L’enjeu pour la France est d’être suffisamment attractive et de rendre ses entreprises plus compétitives et innovantes."

Et l'emploi ?

S'agissant des emplois en France, il convient de prendre en compte les effets de report de consommation. On peut être tenté d'opposerà la baisse du coût du panier de consommation les emplois qui seraient créés par les entreprises fabriquant des substituts aux biens de consommation importés. Mais si ces derniers devaient être produits en France, les ménages ne pourraient pas avoir le même panier de consommation (biens et services) qu'en présence d'importations. La substitution de produits nationaux aux produits importés augmenterait la dépense sur les produits concernés, ce qui réduirait la consommation de services. Or il est tout à fait possible que le contenu en emplois des services, par euro de valeur ajoutée, soit plus important que celui des usines robotisées fabriquant les substituts aux biens importés dans les secteurs confrontés à la concurrence des pays à bas salaires.

Not-made-in-France-Lettre-CEPII-333-juin2013.pdf : Charlotte Emlinger & Lionel Fontagné , 2013.

"(Not) Made in France,"

La lettre du CEPII N° 333 , juin 2013 , CEPII.

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(Not) Made in France
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