“No” de Pablo Larraín ; on dit “si” !

Pablo Larraín, né en août 1976 à Santiago du Chili, n’avait jamais été autant en tête de gondole des réalisateurs dont il faut voir - et apprécier - le film. Même s’il avait été remarqué à la Mostra de Venise en 2010 pour son film “Santiago 73, post mortem”, même s’il avait été vu à la quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes en 2008 pour son film “Tony Manero” ; son nouveau bébé, “No”, est encensé par les critiques. Avec raison.

Un titre court et claquant... Logique

Troisième volet de sa trilogie, “No” est donc politique. Noir aussi même s’il reste moins dérangeant que ces deux films précédent et plus “audible” par tout citoyen qui aura suivi d’assez près une campagne électorale et sa médiatisation, avec ses raccourcis et ses coups de marketing. C’est d’ailleurs le sujet, au delà de la chute de Pinochet ou d’une comparaison argumentée entre dictature et démocratie, la campagne électorale chilienne racontée du point de vue des spins doctors et des communicants.

D’ailleurs, on comprend bien après avoir vu le film que, comme partout ailleurs, ce n’est pas le peuple qui a viré Pinochet, mais les communicants. Et rien que cet aspect du film, s’il est certes iconoclaste puisqu’à l’opposé de ce que l’on a l’habitude de lire, de voir et d’entendre sur ce sujet, il est réel ; vrai et en phase avec nos expériences de citoyens. Bien plus qu’une légende faite pour la postérité.

L’histoire de “No”

“Virer Pinochet” est la volonté de la communauté internationale... Mais il fait y mettre des formes “démocratiques” tout de même. Ainsi, un des spots de pubs sont accordés à chaque camps ; 15 minutes par jours durant près d’un moins. Afin d’optimiser ses spots, et la campagne, le chef de l’opposition contacte René Saavedra, un jeune fil de pub.

Ce jeune publicitaire est à l’image de ses collègues du “monde civilisé” ; jouisseur de la vie, complètement immature, fan de skate, de musique, de consommation. Il n’est pas un combattant de la liberté, mais un publicitaire qui veut gagner sa campagne... C’est juste... Humain. Loin du héros. Il va ainsi faire de la campagne une énorme opé de pub ; des brain storming, des logos, des iconographies, du spot de pub. On vent de la lessive démocratique. C’est décalé... Et ultra drôle.

Le réalisateur confirme son talent, ses talents. De cinéaste “politique”, social aussi puisque ce dernier opus de sa trilogie politique devient ce que sont nos pays modernes ; des sacs à pub, à consommation. Afin de nous mettre dans l’ambiance, il a choisi de filmer avec la même caméra qu’utilisaient les publicitaires de l’époque, en format 4/3. Images modernes et d’époques, le fondu enchaîné fonctionne à la perfection.

Pour “No” ; Le Kiosque aux Canards dit “Si”

Bande annonce de No


“No” de Pablo Larraín ; on dit “si” !
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