"Nicolas Sarkozy, secrets d'une présidence"

François Fillon se démarque de Nicolas Sarkozy dans un documentaire, qui sera diffusé le 8 mai sur France 3, où il explique ce qui l'opposait à l'ancien chef de l'Etat sur la crise et sur le Front national, révélant qu'il lui avait "plusieurs fois donné sa démission".

Une “crise structurelle très grave” minimisée par Nicolas Sarkozy

"En 2007, Sarkozy croit que ça va s'arranger. Moi, non", affirme l'ancien Premier ministre dans ce documentaire d'une heure trente, signé par Laurent Portes et écrit par Franz-Olivier Giesbert. "Il pense que c'est très maîtrisable, moi, je pense que c'est une crise structurelle très grave", ajoute M. Fillon.

Intitulé "Nicolas Sarkozy, secrets d'une présidence", le documentaire rassemble de très nombreux témoignages de proches et d'anciens ministres de M. Sarkozy. Il est truffé de d'extraits d'interventions de l'ex chef de l'Etat, d'images de sa campagne victorieuse de 2007 et de son quinquennat.

Lors d'un déplacement en Corse le 21 septembre 2007, M. Fillon déclare: "je suis à la tête d'un État qui est en situation de faillite". "Nicolas Sarkozy m'appelle et me dit qu'il ne comprend pas, que je suis trop pessimiste, que je dénigre mon pays, qu'il faut donner au pays une vision plus optimiste de l'avenir (...) Je lui ai donné plusieurs fois ma démission, ça n'a pas été des moments faciles", se souvient l'ancien Premier ministre, resté à Matignon, durant tout le quinquennat.

Un lapsus que n’a pas apprécié Sarkozy

Pour Roselyne Bachelot, proche du député de Paris, ce que Nicolas Sarkozy n'a pas apprécié, c'est qu'il dise qu'il était "à la tête" d'un Etat en faillite.

"Très intéressant, le lapsus de Fillon!", s'exclame Alain Minc. Le Premier ministre d'alors "a fait un dérapage institutionnel hallucinant. Il est chef de l'administration, pas de l'Etat. J'impute ça au rosé corse", plaisante-t-il.

"C'est vrai", en Corse, "on a bu un peu de rosé" et il y avait "les syndicats agricoles qui demandaient de l'argent"... Fillon lâche alors la phrase que Sarkozy lui reprochera.

Mais au-delà, "j'ai senti qu'il y avait un problème", avec "la tentative de mettre le Premier ministre sous l'autorité du secrétaire général de l'Elysée", Claude Guéant, affirme également M. Fillon. (M. Guéant avait notamment accordé une grande interview à La Tribune le jour même où François Fillon devait prononcer son discours de politique générale à l'Assemblée).

Le Front national s’invite entre Fillon et Sarkozy

Autre sujet de divergence: le Front national. "Il y avait une différence d'approche irréconciliable. Nicolas Sarkozy pense que le Front national est à combattre parce qu'il affaiblit la droite et qu'il nous fait perdre - c'est d'ailleurs ce qui s'est passé à l'élection présidentielle - moi, je pense que le Front national est à combattre parce qu'il est en dehors des limites du pacte républicain tel que je le considère. Ca, c'est une vraie divergence", assure M. Fillon.

Malgré ces critiques, l'ancien Premier ministre reconnaît que sans "l'engagement extrêmement volontaire de Nicolas Sarkozy" en 2008, "on aurait eu une faillite du système financier". Il se dit "fasciné par le côté lapin Duracel" de Sarkozy. "Moi, j'ai des moments où j'aime bien fermer les portes, lui c'est 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an".

Fillon qualifie également de "visionnaire" l'ouverture opérée par Nicolas Sarkozy en début de quinquennat.

Aujourd'hui, "la France est dans une situation tellement difficile qu'à un moment, il va falloir mettre autour de la table les gens de bonne volonté pour essayer de redresser le pays. Je ne sais pas quand ça se produira mais il va falloir que ça se produise. D'une certaine façon, Nicolas Sarkozy avait anticipé ça", affirme M. Fillon.

Ce documentaire sera suivi d'un autre, de 60 minutes écrit par la journaliste Anna Cabana et réalisé par Jean-Charles Deniau sur le thème "La droite a-t-elle tué Nicolas Sarkozy ? ".

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