Nicolas Sarkozy mis en examen

Alors que certains avaient tenté de plaider l’irrecevabilté des enregistrements de l’ex maître d’hôtel de Liliane Bettencourt, Pascal Bonnefoy ; le juge d’instruction Jean-Michel Gentil avait prévu une confrontation entre ce dernier et l’ex président de la république, aujourd’hui à Bordeaux.

Déjà, l’an dernier, durant la campagne...

Tout avait commencé dans l’émission “Des paroles et des actes” ; Eva Joly y déclarait “des présomptions concordantes et précises” contre le NanoPrésident Sarkozy dans l’affaire Bettencourt, dont une partie parle des financements illégaux de sa campagne de 2007, financée en partie par madame Bettencourt.

On apprenait, début mars, que la trace de sept opérations relatives à la famille Bettencourt figurait dans les archives de Cofinor : 400 000 euros le 5 février 2007 ; 400 000 euros encore le 26 avril 2007 ; puis deux fois 1 million d'euros les 2 et 8 décembre 2008 ; enfin, trois fois 400 000 euros les 18 novembre, 27 novembre et 7 décembre 2009.

Aucun de ces versements n'a pu être expliqué, Liliane Bettencourt ayant été placée sous tutelle l'an dernier et son mari, l'ancien ministre André Bettencourt, étant décédé fin 2007. À chaque fois, la somme était retirée à Paris par les hommes de Cofinor et livrée par un "coursier" porteur d'un mot de passe convenu à l'avance. Patrice de Maistre ne nie pas avoir organisé ces remises de fonds.

Un nouveau magistrat qui relance l’affaire

Mis en examen pour "abus de faiblesse" au préjudice de la milliardaire, M. de Maistre est incarcéré depuis le 23 mars à la prison de Gradignan (Gironde). "Il est arrivé que Patrice de Maistre me demande de mettre à disposition de Mme Bettencourt des fonds à Paris, confiait-il. L'opération était effectuée par des organismes professionnels de compensation. (...) Je n'ai jamais assisté personnellement à de telles remises de fonds. J'imagine qu'elles ont été effectuées correctement. Ce que je puis dire, c'est que M. de Maistre était très rigoureux, insistant pour que les fonds soient remis en main propre à Mme Bettencourt." L'avocat précisait dès cette date que les fonds provenaient d'un compte ouvert "il y a vingt ou trente ans" à la banque Hyposwiss au nom d'une société-écran panaméenne baptisée "Noblesse Investment".

La réponse étrange du président candidat Sarkozy

Invité à son tour sur le plateau de l’émission “Des paroles et des actes” ; le président candidat Sarkozy

Sarkozy répondait alors à la candidate d’EELV qu'il opposait le «mépris le plus cinglant » aux «ragots», à la «médisance», à la «méchanceté», à la «volonté de détruire et de démolir». Et d'enfoncer le clou : «Quand on pense que cette dame, qui viole tous les principes du droit, qui porte des accusations scandaleuses sans aucune preuve, était magistrate, ça fait frémir !». Le NanoPrésident oubliait sans doute que le nouveau magistrat instruisant l’affaire interrogeait les différents intervenants de cette affaire, pourtant, dans le sens des affirmations d’Eva Joly.

Un maître d’hôtel qui enregistrait les conversations

Le maître d’hôtel, mis en examen en 2012 pour "atteinte à la vie privée", avait remis ces bandes sonores à la fille de Liliane Bettencourt, Françoise Bettencourt-Meyers, laquelle suspectait un abus de faiblesse sur sa mère. En 2007, elle avait porté plainte contre le photographe François-Marie Banier.

Dans ces enregistrements, dont des extraits ont été rendus publics par le site d'informations Mediapart en 2010, les noms de Nicolas Sarkozy et Eric Woerth étaient mentionnés par le gestionnaire de fortune de la milliardaire, Patrice de Maistre. Les deux derniers cités ont déjà été mis en examen. S'il est prouvé que l'ancien chef de l'Etat a profité de l'état mental de la milliardaire pour lui soutirer de l'argent en vue de sa campagne, il risque jusqu'à 3 ans de prison et 375.000 euros d'amende.

Le parquet fait un communiqué

Nicolas Sarkozy a du, dans cette journée de confrontation avec l'ex maître d'hôtel mais aussi une ancienne femme de chambre, Dominique Gaspard, l'infirmière Henriette Youpatchou, et un autre maître d'hôtel et face au juge Gentil, s’expliquer sur le nombre de rendez-vous avec Madame Bettencourt. On se rappelle d’ailleurs que l’ex président de la république était déjà placé sous le statut de témoin assisté depuis nouvembre dernier ; aujourd’hui, les éléments de l’enquête lié à la confrontation ont permis au magistrat de mettre Nicolas Sarkozy en examen pour abus de faiblesse.

«Dans le cadre de l'information judiciaire suivie à raison de faits d'abus de faiblesse, d'abus de confiance aggravés, d'escroqueries aggravées au préjudice de Mme Liliane Bettencourt, trois magistrats instructeurs co-saisis, ont, ce jour 21 mars 2013, recueilli l'audition de M. Nicolas Sarkozy, lequel était assisté de Maître Thierry Herzog, avocat au Barreau de Paris» explique le parquet.

«Au terme de cet acte, M. Nicolas Sarkozy, qui bénéficie de la présomption d'innocence - s'est vu notifier une mise en examen du chef d'abus de faiblesse commis en février 2007 et courant 2007 au préjudice de Mme Liliane Bettencourt Schuller»

Seize personnes ont déjà été mises en examen par le juge Gentil et ses deux collègues depuis deux ans et demi dans cette affaire, partie d'une plainte, déposée fin 2007 par Françoise Bettencourt Meyers, la fille de Liliane, pour des abus de faiblesse à l'encontre de sa mère. La clôture définitive du dossier par le magistrat, qui a déjà demandé plusieurs fois sa mutation dans d'autres tribunaux, est attendue incessamment, et la confrontation de ce jeudi pourrait être le dernier acte important de son enquête.

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