Les ministres en vacances, la vacance de l'UMP

Bon on le sait depuis hier nos ministres sont officiellement en vacances. Aucun intérêt de revenir sur le qui est où. La vacance de l'opposition sur la scène politique qui a commencé depuis pas mal de semaines annonce une rentrée difficile pour la droite et en particulier pour l'UMP.

L'UMP est est en vacance.

En vacance de tout : d'une réelle unité, d'un véritable chef de file, de programme politique. C'est un parti qui a perdu ses repères depuis le 6 mai 2012 et circonstance aggravante depuis la tentative d'élection de son nouveau président à l'automne 2012.
Comment un parti dans cet état de décrépitude tel peut-il jouer son rôle dans le débat démocratique d'une rentrée politique dense au niveau des réformes prévues par le gouvernement ? Son rôle d'opposant risque de se limiter à des pics et petites phrases démagogiques et dénués de réel sens politique comme nous l'avons déjà vu lors du débat sur la mariage pour tous. La rentrée pour l'UMP se fera donc en ordre dispersé malgré le « Sarkothon » et ses quelques 9 millions de dons récoltés pour compenser en partie l'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy par le Conseil constitutionnel qui ont pu nous laisser accroire à une UMP debout malgré l'adversité.

Pas de capitaine à la barre du navire UMP

Même le scénario incantatoire d'un retour de Nicolas Sarkozy, présumé « providentiel » et entretenu comme tel par ses fidèles malgré l'instauration de primaires d'investiture pour 2016, ne chasse plus les inquiétudes. Ce n'est pas Coppé, président par défaut et à minima qui peut mener la barque. Alors quel chef pour quel parti ? Autant d'ambitions rivales, autant de risques de balkanisation.
Et ils ne sont pas prêts de se trouver un chef  ! En l'absence d'université d'été pour cause d'austérité, c'est chacun pour soi. Le 18 août, Laurent Wauquiez et sa « Droite sociale » se réunissent en Haute-Loire. Puis ce sera le tour de Jean-François Copé, président de l'UMP, à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône) sous la bannière de « Génération France ». Et enfin la personnalité politique préférée des Français selon CSA (j'aimerais mieux analyser la panel des sondés ?) , François Fillon, qui entend disputer à Nicolas Sarkozy le titre de leader de la droite, organisera un séminaire de réflexion le 28 août dans la Sarthe. Sans oublier « Les Amis de Nicolas Sarkozy » qui se rassembleront les 1er et 2 septembre à Arcachon. On se croirait revenu au bon vieux temps d'une droite RPR-UDF, avec ses « luttes sourdes », qui ont largement contribué à la victoire de François Mitterrand en 1981. Et commme le disait à un journaliste un député UMP : « Si on continue comme ça, François Hollande est assuré d'être réélu ». Le combat des chefs doit profiter à la majorité présidentielle, en ce moment fortement affaiblie.

Le devoir d'inventaire, lui aussi en vacance

« Au lieu de tirer les leçons de l'impasse dans laquelle nous nous sommes mis, une nouvelle historiographie se propage: elle voudrait que la première défaite d'un président sortant depuis trente ans ait finalement été une 'presque victoire' comme Waterloo », analyse le sénateur UMP Philippe Bas dans une récente tribune dans Le Monde. « La présence-absence de Nicolas Sarkozy empêche de faire retour sur l'expérience passée, elle empêche l'UMP d'avancer », souligne Stéphane Rozès. Seul François Fillon, et de manière abrupte, a osé la rupture avec le passé, refusant de lier l'avenir de son parti sur la tête d'un seul homme (NDLR : Nicolas Sarkozy). Il est aussi le seul à avoir un brouillon de programme politique. Sur son blog, l'ancien Premier ministre a mis en ligne le 24 juillet sur son blog « 35 propositions pour la France » dont il appelle ses concitoyens à débattre. Enfin un réel acte politique d'opposition de la part d'un membre de l'UMP ! « Miser sur le discrédit de la gauche n'assurerait ni notre victoire, ni notre capacité réelle à moderniser notre pays. Pour incarner une alternative forte et crédible, il faut commencer à bâtir notre projet », écrit-il. Je crois qu'il a retenu la leçon des débats stériles qui ont émaillés les séances parlementaires de l'année écoulée. Et ce ne seront certainement pas les « Assises de la Refondation » de Copé qui vont doter l'UMP d'une réelle force de frappe politique et électorale. Copé est incapable d'être l'homme de la synthèse, du bilan, des idées, d'un programme.

Les divergences sont et seront irréconciliables

Entre une tendance droite décomplexée flirtant avec le Front National et une droite modére misant plus sur une recentralisation de l'idéologie, la rupture semble définitevement actée. Ce qui n'est pas pour déplaire à Sarkozy qui a toujours misé sur les divisions pour sortir de sa boîte à malices et se poser en messie. Le premier arbitrage sur le carnet de route de l'UMP, seront les élections municiaples de 2014. On verra à ce moment si l'UMP saura faire front commun ou si comme cela a commencé ira au combat en ordre dispersé, avec des alliances locales UMP/FN. C'était bien du temps du RPR-UDF, on distinguait les méchants des molassons.
Et sans se moquer de Luc Chatel et ses propos optimistes qui lançait il y a deux jours à la radio cette petite phrase , « La bonne nouvelle en ce milieu d'été, c'est que l'UMP est de retour » : un retour de manivelle ?

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