Michelin : pas de licenciements “secs”

Michelin a donc bien décidé d’avancer son calendrier. Plutôt que d’attendre mercredi comme initialement prévu, le manufacturier vient d’annoncer, par un communiqué, la mise en place d’un projet destiné à « renforcer la compétitivité de son industrie et moderniser ses moyens de recherche et développement ».

Fin de l’activité “poids lourds” à Joué-lès-Tours

Le groupe va donc arrêter l’activité poids lourds sur le site de Joué-lès-Tours « au 1er semestre 2015 ». Ce qui devrait occasionner la suppression de 700 suppressions de postes sur 926.

Ne subsistera qu’une activité de calendrage (étanchéité du pneu) et de membrane de cuisson, regroupant 200 salariés. Sur les 700 postes supprimés, 250 devraient être concernés par des mesures de départ à la retraite anticipée, le solde se verra proposer des solutions de reclassement sur d’autres sites, notamment la Roche-sur-Yon (à 200km), qui verra sa production passer de 800.000 à 1,6 million d’unités par an « d’ici à 2019 », selon le communiqué. Ce qui devrait entraîner la création de 170 emplois.

Un résultat opérationnel en hausse de 25 % en 2012

Côté investissement, le groupe promet 800 millions d’euros dans l’Hexagone à horizon 2019. Quelque 145 millions d’euros seront consacré aux pneus de génie civil via une augmentation des capacités sur Montceau-les-Mines (95 millions) et au Puy-en-Velay (50 millions).

Un autre investissement de 45 millions est acté à Montceau-Les-Mines dans les produits semi-finis, tandis que Troyes bénéficiera de 8 millions sur les pneus agricoles. Et le groupe indique un investissement supplémentaire de 260 millions global pour « améliorer sa compétitivité » sur « tous les sites France » . Enfin, le centre de R&D de Michelin à Clermont-Ferrand devrait profiter de 220 millions d’euros entre 2013 et 2019 via une modernisation des locaux.

Il faudra attendre pour voir l’exacte portée de ces investissements, s’ils recoupent uniquement de nouveaux projets ou se greffent sur des plans déjà annoncés. Quoiqu’il en soit, les avis seront sans doute partagés. D’un côté, Michelin raye un site de production français, alors que mondialement son activité se porte très bien : son résultat opérationnel a grimpé de 25 % l’année dernière, à 2,4 milliards d’euros. Une pilule qui passe mal auprès de certains syndicats. Le groupe pâtit notamment de la faiblesse du segment des pneus poids lourds, qui est passé d’un volume annuel de 26,7 millions en 2007 à 20,2 millions en 2012 en Europe, sous l’effet de la crise économique.

Michelin ne lâchera pas ses sites français

De l’autre côté, l’investissement de Michelin montre qu’il n’entend pas lâcher ses sites français, comme l’a martelé à plusieurs reprises son président de la gérance, Jean-Dominique Sénard. Comparé à ses concurrents comme Continental ou Pirelli, qui produisent majoritairement en Europe de l’Est, Michelin dispose encore d’environ 40 % de ses capacités industrielles en Europe de l’Ouest, dont 11 % en France. Reste qu’au final, la balance sociale risque d’être déficitaire.

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