Meurtre d'Agnès Marin : le procès

C'est à 9h, mardi matin, que le procès du meurtrier présumé d'Agnès Marin a débuté aux Assises de Haute-Loire au Puy-en-Velay.

Après délibération et au bout de deux heures d'audience, la cour a décidé que le procès se déroulerait à huis clos.

Un procès à huit clos

Alors que le procès du violeur et meurtrier présumé d'Agnès Marin s'est ouvert, mardi matin, aux assises du Puy-en-Velay en Haute-Loire, le président de la cour, Christophe Ruin, a annoncé après avoir entendu les différentes parties que les débats se tiendraient à huis clos.

La famille d'Agnès et Me Szpiner, souhaitaient une publicité des débats pour que la mort d'Agnès "serve à quelque chose" selon les mots de l'avocat parisien. La défense de celui qui se trouve dans le box des accusés, Matthieu M., ne voulait pas de publicité autour du procès. "Ce n'est pas de l'information, c'est du spectacle malsain qui fait vendre" a dit Me Mimran pour convaincre la cour.

Mais ce qui a, semble-t-il convaincu la cour d'ordonner le huis clos, ce sont les arguments présentés par la défense de la première victime présumée de Matthieu dans le Gard, Julie. Alors qu'un huis clos partiel avait été envisagé, c'est finalement une demande de huis clos total qui était souhaité par Me Devèze-Fabre qui expliquait que la jeune fille ne supporterait pas de devoir étaler sur la place publique les sévices qu'elle a subis.

Au terme de cinquante minutes de délibération, la cour a donc décidé que le procès du jeune homme se tiendrait dans un huis clos total, en estimant notamment qu'il serait difficile au cours des prochains jours d'évoquer l'affaire Agnès en la dissociant de celle de Julie.

Le procès

Près de 80 journalistes représentant une quarantaine de médias régionaux et nationaux sont attendus mardi matin au Puy-en-Velay pour l'ouverture du procès du meurtrier présumé d'Agnès Marin. La jeune fille qui allait avoir 14 ans avait été violée puis tuée par Matthieu M., un de ses camarades au Collège-Lycée Cévenol, au Chambon-sur-Lignon le 16 novembre 2011.

Le jeune homme n'avait pas 18 ans à l'époque des faits, c'est pour cette raison qu'il en répond aujourd'hui devant la cour d'assises pour mineur de Haute-Loire. Matthieu, placé en détention provisoire à la prison de Lyon-Corbas depuis dix-neuf mois sera jugé pour deux affaires au Puy.

L'efficacité du contrôle judiciaire en 2010

Il a été mis en examen pour viol commis sur mineur de 15 ans et meurtre avec préméditation, sur mineur de 15 ans et précédé, accompagné ou suivi d'un autre crime pour l'affaire du Chambon-sur-Lignon, mais il comparait également pour viol avec usage d'une arme, un acte commis le 1er août 2010 dans le Gard. N'ayant pas été condamné définitivement pour cette première affaire, le jeune homme n'est pas en état de récidive légale, on parle là de réitération.

Ce procès a été classé "sensible" pour plusieurs raisons: la nature des faits, le fort retentissement médiatique et les questions qu'il amène sur l'institution judiciaire (le rôle des experts, l'efficacité de contrôle judiciaire, etc.).

Depuis le début de l'année, trois autres procès avaient reçu le même classement : celui de Tony Meilhon à Nantes, celui des prothèses PIP à Marseille et du Médiator à Nanterre.

“Matthieu peut surjouer et peut être amené à mentir.” -

"Lorsque nous lirons le dossier, nous comprendrons que Matthieu a menti à cinq ou six reprises", dit Maitre Joëlle Diez. "Durant les auditions, j'ai dû enlever ma robe d'avocate pour créer une relation de confiance avec lui", continue-t-elle. "Quand nous sommes plus de deux, Matthieu est incapable de parler", dit-elle pour convaincre la cour de vider la salle d'audience au minimum des personnes nécessaires au débat.

“Dans une démocratie, la justice est publique.”

Maitre Francis Szpiner

L'avocat des parents d'Agnès insiste sur la "pédagogie de la justice publique". "On a tué leur fille dans des circonstances terribles", dit-il en affirmant ensuite que leur souhait est que ce procès serve à quelque chose. Le droit à Julie d'avoir un procès à huis clos "est un droit mais pas un droit absolu". "Les droits de Julie ne peuvent pas s'exercer au détriment de ceux de la famille Marin", scande l'avocat parisien en défendant l'idée d'un huis clos partiel.

Maitre Valérie Devèze-Fabre prend à son tour la parole: "Julie n'a pas à être prise en otage dans un litige qui ne la concerne pas". Elle ajoute que sa cliente l'a "suppliée pour que les débats concernant les sévices qu'elle a subis ne soient pas publics", et d'ajouter qu'elle "ne le supporterait pas".


 

“La justice des mineurs est spécifique.”

Maitre Isabelle Mimran

Au tour de la défense de Matthieu M. de se prononcer sur une publicité des débats ou non. "La défense a adopté une communication cohérente et constante de non communication" assure une des deux avocates de Matthieu. "La justice des mineurs est spécifique et autonome", rappelle Maître Isabelle Mimran. Elle fustige l'expression de l'avocate générale qui souhaitait une "demande plus raisonnable" de la part de Julie. Elle évoque ensuite la forte présence médiatique sur ce procès. "Faut-il que la justice ait besoin du recours de la presse pour rendre une bonne décision ?" interroge-t-elle. "Ce n'est pas de l'information, enchaîne Me Mimran, c'est du spectacle malsain qui fait vendre et la justice n'a pas à se faire la complice de ça". Peu avant l'ouverture de l'audience, alors qu'elles arrivaient au tribunal du Puy-en-Velay, Me Mimram et Me Diez n'ont pas répondu aux questions des nombreux journalistes présents sur place. "Ni avant, ni pendant, ni après" ont martelé comme unique réponse les deux avocates du violeur et meurtrier présumé d'Agnès.  Pendant que ses deux avocates défendent l'idée d'un huis clos total, Matthieu, lui, a le regard grave et triste.


 

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