Manif contre le projet de loi sur l’emploi

Quatre syndicats - CGT, FO, FSU, Solidaires - appellent à manifester ce mardi pour empêcher l'adoption du projet de loi sur l'emploi. 174 rassemblements sont prévus dans toute la France. Avec le soutien du Front de Gauche.

Des préavis de grève sont déposés dans de nombreux secteurs. Mais à la SNCF et à la RATP les directions prévoient un trafic normal.

Dans des départements, les syndicats étudiant UNEF et lycéen UNL se sont associés au mouvement.

Un accord pourtant négocié par la majorité syndicale

Depuis la signature le 11 janvier de l'accord sur la sécurisation de l'emploi par trois centrales - CFDT, CFTC, CFE-CGC - et le patronat, la CGT et FO, qui ont refusé leur paraphe, crient à la "la régression sociale" et reprochent à l'accord de faciliter les licenciements et d'accroître la précarité.

Bernard Thibault a dit espérer "plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues". Et si cela "ne suffit pas, nous continuerons", a-t-il prévenu. Il faut "accroître la pression. Nous allons continuer sur notre ligne: non à l'accord et à sa transposition", a martelé Jean-Claude Mailly.

“Il faut sauver des emplois le plus rapidement possible”

L'accord des partenaires sociaux a été transposé sans grande modification par le gouvernement et le projet sera sur la table du Conseil des ministres mercredi. Il sera ensuite en débat, début avril, à l'Assemblée nationale en procédure d'urgence, et au Sénat fin avril. "Début mai ce texte sera applicable", a affirmé M. Sapin. "Il faut sauver des emplois le plus rapidement possible, il y a urgence, donc on agit dans l'urgence", a-t-il dit.

Le gouvernement insiste pour que "l'équilibre" du texte soit maintenu, manière d'inviter les députés de la majorité à ne pas amender le texte de manière radicale.

Des effets favorables, rapidement

C’est un accord en faveur de l’emploi qui aura un effet favorable pour l’emploi, de deux façons :

- d’une part en facilitant le maintien de l’emploi dans un contexte économique de crise. Avec les outils visant à favoriser la mobilité interne et externe des salariés, la simplification et l’unification du dispositif de chômage partiel et les accords majoritaires de maintien de l’emploi, les entreprises et les représentants du personnel disposeront de davantage de leviers pour préserver l’emploi et éviter les licenciements ;

- d’autre part, l’accord apporte des éléments de sécurisation juridique pour les entreprises qui permettront d’enrichir la croissance en emplois. C’est un paramètre important pour l’attractivité des sites de production français : en échange de sécurité pour les parcours professionnels des salariés, les entreprises bénéficieront de procédures plus claires et plus simples, de délais connus. Ces réformes structurelles sont porteuses d’améliorations pérennes pour le marché du travail, sans fragiliser les droits des salariés.

C’est un accord visant à faire reculer la précarité et à améliorer la qualité de l’emploi : amélioration des droits des salariés quels que soient leur statut et la nature de leurs contrats de travail, incitation à recourir au contrat à durée indéterminée plutôt qu’au contrat à durée déterminée via la modulation des cotisations, amélioration de la situation des salariés à temps partiel.

Les salariés des PMI, PME seront les premiers à en bénéficier

Les salariés les moins bien protégés aujourd’hui, en particulier ceux des très petites entreprises et des petites et moyennes entreprises, seront les premiers à bénéficier de ces améliorations.

C’est un accord qui ouvre des droits nouveaux, individuels et collectifs, pour les salariés :

- des droits individuels plus forts : droit à la protection sociale avec la généralisation de l’accès collectif à la complémentaire santé, droit à la formation professionnelle avec la création d’un compte individuel qui suit le salarié tout au long de sa vie, droit à la protection face au chômage avec une meilleure indemnisation (« droits rechargeables »), droit à une meilleure rémunération et à une meilleure organisation du travail pour les salariés en temps partiel ;

- des droits collectifs renforcés, avec des salariés davantage associés à la stratégie économique de l’entreprise : des salariés avec voix délibérative dans les conseils d’administration des grandes entreprises, des obligations renforcées pour l’entreprise pour partager en temps réel les informations avec les représentants des salariés.

Cet accord est un élément majeur d’un nouveau modèle français, tant sur la méthode que sur le fond. Il conforte le choix fait de placer le dialogue social au cœur de toute réforme dans ce champ. Le Gouvernement transcrira, fidèlement et sans délais, cet accord dans un projet de loi comportant les dispositions d’ordre législatif nécessaires à sa mise en œuvre.

Manif contre le projet de loi sur l’emploi
Le KAC © 2017 -  Hébergé par Overblog