Les soldats français sont à Kindal : territoire des narco-trafiquants puis des salafistes d’AQMI

Le sud du Mali a déjà été rendu aux autorités malienne, le nord du pays, occupé par les milices religieuses, est en cours de nettoyage. Déjà, certains mouvements islamistes demande une négociation immédiate. Le gouvernement français va dans les deux sens de la pacification du pays ; recherche et destruction des terroristes religieux et assistance à la reprise des négociations.

Les soldats français pacifient le pays

Après avoir rendu la plus grande partie du sud du Mali aux autorités, ne laissant que des encadrants auprès de l’armée malienne, les troupes françaises montent vers le nord, région des narco-trafiquants, puis des islamistes du groupuscule terroriste de l’AQMI et des islamistes du Mujao. Ces derniers gérant encore le trafic de drogue, de cigarettes et s’occupant de la “gestion” des otages, dans un désert de 151,430 kilomètres carrés.

Kindal : la région de tous les conflits

C’est dans cette région malienne que tout a commencé ; la première révolte touaregs date de 1963. Aujourd’hui et depuis 1990, ces révoltes puis le regroupement des touaregs, menés par Iyad Ag Ghali, chef des ifogahs, une tribu touaregs noble que l’on trouve aussi en Algérie et au Niger. Il faut savoir que dans une tentative d’appaisement, Iyad Ag Ghali fut nommé par l’ancien gouvernement malien comme conseiller consulaire à Djeddah en Arabie Saoudite d’où il fut expulsé en 2010 en raison de ses liens avec Al Qaïda.

Il devient le leader d’Ansar Dine en 2012 et c’est à sa tête qu’il participe activement à l’insurrection de ces derniers mois, tout comme avec le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) et le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), ce dernier étant fortement marginalisé depuis la fin juin 2012.

Cette région fait ainsi office de quartier général des mouvements islamistes et ce n’est donc pas un hasard si les troupes françaises ont décidé de s’y poser, afin de rendre le plus efficace possible leurs actions.

Un problème contourné par la France

Le soucis principal  vient que le MIA et le MNLA ne voulaient en aucun cas voir arriver des troupes maliennes, même encadrés de soldats français ; l’antériorité du conflits et la haine latente entre touaregs et soldats réguliers maliens auraient généré des vengeances qui n’auraient fait qu'attiser cette violence.

L’Etat major français a donc pris la situation en main et a décidé, la nuit dernières,d ‘envoyer un gros porteur ne contenant que des militaires français, alors qu’un autre appareil partait du Burkina-Faso afin de conduire une délégation MIA-MNLA vers Ouagadougou afin de reprendre les négociations avec le gouvernement malien. Dans le même temps, la France faisait pression pour que le parlement malien vote à l’unanimité une feuille de route qui officialise la reprise des discussions avec “certains groupes armées”...

Ce qui va dans le sens des demandes de ces mouvements, arrivées la semaine passée - que Le Kiosque aux Canards avait été le seul a détaillé dans un précédent billet -, qui cherchent une solutions pacifiques au conflit, telle qu’elle avait d’ailleurs commencé bien avant que Iyad Ag Ghali ne décide de lancer ses troupes dans cette offensive suicidaire, qui a conduit ses soldats à tant de violence sur le peuple malien.

Soldat malien à Kindal, encadré par l'armée française

Soldat malien à Kindal, encadré par l'armée française

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