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À chaque drame, à chaque fait divers meurtrier - d’ailleurs, plutôt moins important en France qu’il y a une vingtaine d’années - les allumés de la peine de mort ressurgissent, tels des zombis assoiffés d'une vengeance qu'ils sont bien incapable d'assouvir eux-mêmes.

Moins ils connaissent les dessous de l’affaire qui les fait surgir de leurs trous, plus ils se lâchent. Fiona fut le cadre de débordement honteux pour sa mémoire et pour la dignité de ses parents, celle de la petite Chloé fait renaître ces assoiffés d’un sang qu’ils ne prendront jamais eux-mêmes. Et heureusement d’ailleurs que leur courage s’arrête au bord de leur clavier, sur les réseaux sociaux.

Utiliser la peur du peuple pour créer la peur de l’autre

On se balade dans une époque merveilleuse. Faite de fausses infos, de fausses peurs, de fausses données et de vrai baltringues. Jamais notre pays n’a été aussi sûr pour son peuple. Jamais depuis la création de la France, en tant qu’État, elle n’a été aussi tranquille, calme, au niveau de la sécurité de ses habitants. Et jamais, dans toute son histoire, un de ses habitants, individu lambda, n’a pu, en moins de quelques minutes, avoir accès à autant d’informations qui lui permettent de se rendre compte de cette sûreté.

L’insécurité et les histoires de coins de comptoir

Alors, il reste le troupeau des baltringues qui, même quand on leur fout sur la tronche la réalité des chiffres, des textes de loi, du travail de terrain des associations, de celles et de ceux qui s’engagent, quotidiennement, pour que notre société soit humainement meilleure et qui pallient aux carences, de plus en plus profonde, d’un gouvernement qui se décharge de ses tâches sur de plus en plus de structures régionales, locales, voir même associatives, nous sortent leurs conversations de comptoir préférées.

Rappelons d’ailleurs que le nombre d’homicides recensés par les gendarmes et policiers a ainsi été divisé par 2,4 en moins de vingt ans, passant de plus 1 600 en 1995 à 665 en 2012. 

Cela va de “en France, les immigrés ont plus de droits que les Français” - et, quand tu leur demandes “lesquels”, ils te sortent conneries sur conneries, basées sur des “on m’a dit”, “ma grand mère a été à...” ; et vas-y que je te balance des informations à la mord moi le noeud.

Cela passe par “les immigrés sont majoritaires en prison” ; ben non, les immigrés ne sont pas majoritaires en prison ; désolé hein ! Que ce soit dans les chiffres officiels ou dans ceux des associations, assez proche d’ailleurs, les chiffres et la réalité contredisent ce genre de connerie de comptoir. D’ailleurs, près de 90 % de la population carcérale est masculine... On en tire quoi comme conclusion ? Sourire...

Une population carcérale en phase avec le milieu sociologique, et pas avec l’origine.

Alors, on va faire une petite explication de texte. Guidée par un spécialiste dans les questions de délinquance et de violence des populations immigrées, le sociologue Laurent Mucchielli, qui nous explique que la proportion des Français d'origine étrangère dans les prisons varie selon plusieurs critères :

"Pour commencer, il faut distinguer les personnes de nationalité française qui ont une origine étrangère de ceux qui n'ont pas la nationalité française."

Il faut tenir compte de la localisation géographique: "Les prisons des grandes agglomérations, situées à proximités des zones urbaines sensibles, comptent davantage de détenus 'd'origine étrangère' que celles de zones rurales". Les populations en question sont plus présentes dans les banlieues d'agglomération qu'en pleine campagne. Le type de peine: "Les crimes de sang, les viols sont plus souvent l'oeuvre de Français d'origine française, poursuit Laurent Mucchielli. Les personnes d'origine étrangère sont davantage concernées par les actes de petite délinquance".

Le contexte social: "Les choses n'ont pas beaucoup changé depuis 50 ans, rappelle le sociologue. Il n'est pas tant question de couleur de peau que de milieu social: ce sont les plus pauvres qui sont majoritaires en prison."

Et donc, surprise ! On en arrive exactement aux mêmes analyse que si nous étions parti du postulat “90 % de la population carcérale est masculine” : ce n’est pas le genre, ni l’origine qui est déterminant. Mais les conditions sociétales.

La peine de mort ; la solution des lâches

Parce que la peine de mort est un châtiment suprême qui ne permet aucun retour en arrière et qui satisfait la vengeance, sans aucun résultat pratique ; les pays qui l’utilisent ne voient pas les crimes baisser. La récidive pour les crimes est tellement peu importante en France que cela en devient pathétique que de monter un programme politique autour d’elle, pour valider un retour en arrière.

Mais, chez les blaireaux ; y’a du nouveau. Auparavant, on entendait, ça et là, certains promouvoir son retour, en se basant sur la seule absence de récidive. Vu le nombre d’erreurs judiciaires reconnues et prouvées dans les couloirs de la mort, ces gens là ont abandonné l’idée de la promouvoir dans ce cas : on ne peut, sans passer pour un abruti, se baser sur la notion de “récidive” alors que bons nombres de jugés sont, en fait, innocents.

La peine de mort et la récidive de l’Etat

Alors, ces mêmes baltringues nous proposent une peine de mort “à la carte” ; valable seulement pour certains crimes, dont les meurtres d’enfants - ce qui, dans le cas de Patrick Dils, aurait été appliqué par ces mêmes “héros des temps modernes” sur un pauvre type, complètement innocent.

Et on touche là le principal problème : les tentatives des États de sélectionner les «pires des pires» crimes et criminels parmi les milliers de meurtres commis chaque année entraînent inévitablement des incohérences et des erreurs – faiblesses inévitables qui sont exacerbées dans certains cas par la discrimination, les déficiences du parquet et la qualité médiocre de la représentation juridique. L'être humain étant faillible, le risque de commettre une erreur judiciaire, et donc d'exécuter des innocents, ne peut, ainsi, être écarté. Et ; on en arrive à ce que le seul “récidiviste” soit l’Etat.

La peine de mort perd du terrain

Dans son rapport annuel sur la peine de mort publié en mars dernier, Amnesty International montre «une poursuite de la tendance mondiale à l'abolition, malgré quelques retours en arrière en Asie du Sud». L'ONG a recensé des exécutions dans 21 pays, contre 28 pays il y a dix ans. «On ne peut exclure que des exécutions aient eu lieu en Syrie et en Egypte», ajoute toutefois Amnesty.

Le nombre des exécutions est stable par rapport à 2011 (682 contre 680). Mais «ce chiffre ne tient pas compte des milliers de personnes qui auraient été exécutées en Chine», où ce type de statistiques est classé secret d'Etat, précise l'organisation.

L'Iran, Etat le plus meurtrier

Sur les 682 exécutions confirmées, les trois quarts ont été recensées dans seulement trois pays: l'Iran (314, principalement pour des infractions liées aux stupéfiants), l'Irak (129, presque deux fois plus qu'en 2011) et l'Arabie saoudite (79 condamnés exécutés, le plus souvent en public par décapitation).

En Europe, le Bélarus est le seul pays à avoir exécuté des condamnés, dans le plus grand secret. De leur côté, les Etats-Unis ont procédé au même nombre d'exécutions qu'en 2011 (43) qui ont eu lieu dans neuf Etats en 2012, contre 13 en 2011. En avril 2012, le Connecticut est devenu le 17e Etat abolitionniste.

Le nombre de pays ayant supprimé la peine de mort est d'ailleurs en augmentation: avec la Lettonie, il est passé à 97 en 2012, contre 80 en 2003. «Au total, 140 pays ont aboli la peine capitale en droit ou en pratique», note Amnesty.

 

En fait, les allumés de la peine de mort augmentent autant que la culture et la connaissance baissent. On est mal barré...

Les allumés de la peine de mort
Tag(s) : #actualité, #justice, #police, #violence, #prison, #Fiona, #peine de mort, #France, #Chloé

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