Le populisme c'est «bobos-villas» & «beaufs-HLM»

Le mot « populisme » est apparu à la fin du XIXe siècle à la fois en Russie avec des intellectuels et aux États-Unis où les petits fermiers du People's Party tentaient de se rebeller contre les impôts trop lourds et l'emprise des grands propriétaires. Le mot va se distiller, parfois disparaître et aujourd'hui il fait son coming-out, plus rayonnant que jamais dans une classe politique, qui de droite, qui de gauche, s'opposent à « l’establishment », bref à nos institutions démocratiques et républicaines. 

Le populisme est un virus

Il se concrétise par des scores inattendus de partis politiques au « nationalisme rétrograde » , ou celles guidées et représentées par un leader « charismatique ». Ces partis insistent, quels que soient les contextes historiques et nationaux, sur le ralliement souhaité et massif des « exclus » et notamment des fractions populaires et classes moyennes, les plus durement touchées par la « crise sociale et économique », ou à des démagogues anti-démocrates dont les talents de tribun savent gagner les plus crédules aux solutions simplistes qu'ils proposent. N'est-ce pas Jean-Luc et Marine ?

Front de gauche, FN et maintenant Front de Droite, même populisme ?

Mélanchon de son côté joue sur l'association classique de l'historicisme marxiste-léniniste, qui croit aux lois tendancielles des rapports économiques et sociaux, et du populisme gauchiste, qui exalte le peuple comme détenteur de la vérité. Quant à Marine, elle propose une nouvelle classification du FN bien plus floue et bien moins stigmatisant que les précédentes labellisations de fascisme ou d'extrême droite auxquelles elle se substitue, la désignation rend licites des verdicts d'une extrême violence et les « copy-cats » comme l'UMP, Debout la République, qui, emboîtent le pas à une ligne de solutions à courte vue et dangereuses pour la démocratie. L'équation entre électorat populaire et démagogie frontiste ou pseudo-gauchiste s'est ainsi banalisée.

Négation du plus grand nombre

Le peuple, à l'inverse des élites, ne comprend pas bien l'importance des élections, c'est pour cela qu'ils ont là (les leaders populistes) pour le guider, sollicitant le « peuple », tout en le « blâmant » dans son discours, le « populisme réinventé ». A gauche comme à droite, le constat est le même: cela fonctionne ! En effet « le populisme fait un tabac dans les couches populaires ». Un tiers des ouvriers qui sont allés voter, à la présidentielle 2012, ont voté pour Le Pen ou Mélenchon. C'est le premier électorat ouvrier, mieux que Sarkozy et Hollande réunis. En revanche c'est dans la catégorie des cadres supérieurs et des professions libérales que ces partis font leurs plus mauvais scores...

Le populisme c'est le « vote HLM » et le « vote de villas » tout à la fois

Ce sont des gens qui sont en bas de l 'échelle des revenus mais aussi de l 'échelle des savoirs.« Plus le niveau de culture est élevé, plus on est à l'abri d'un vote Le Pen ou Mélenchon ». Mais cela n'est pas toujours vrai en ce qui concerne le FN: par exemple dans le Sud Est existent un vote idéologiquement constitué pour l'extrême droite (depuis les années 1960 et Jean-Louis Tixier-Vignancour) et un « vote de villas » accompli par des retraités très aisés. De même qu'en Alsace le vote FN l'emporte souvent dans des bourgs où les ouvriers sont aux abonnés absents.
Mais nos chers médias aiment aussi à se complaire dans cette idée farfelue où ,il est plus rassurant en effet, mais aussi plus économe scientifiquement et plus médiatiquement spectaculaire, d'affirmer que ce sont les individus ou les groupes les moins légitimes socialement qui se retrouvent dans le programme d'une organisation indigne moralement et politiquement, que de commencer une enquête sur les raisons toujours locales et hétérogènes d'un vote. 

Un jeu dangereux

Le populisme joue tout autant sur une frange électoraliste « bobos-golf-sauterne-villas » que sur le grand nombre de « beaufs-foot-bière-HLM » qu'il méprise le plus souvent. Pour me résumer, le populisme c'est : « la stigmatisation des élites cherchant à mobiliser le peuple contre ses propres intérêts ou contre ses principaux défenseurs ».
On en arrive à une véritable anomalie mettant en péril l'ordre démocratique installé par des individus responsables. Autre façon de réaffirmer la supériorité morale de ces dernières et de renforcer les convictions des partis populistes.    

Pour conclure sous forme de paraphrase :  « le populisme n'est pas un humanisme ».

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