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La Cour de justice de Versailles contraint Mediapart à effacer tous les extraits des enregistrements relatifs à l’affaire Bettencourt. Le site d’information indépendant lance un appel, signé par Le Soir, pour protéger la liberté de l’information. Le texte complet en fin d'article. 

 

Le Kiosque aux Canards s’associe à l’appel de solidarité avec Mediapart après la récente condamnation lui imposant de censurer, trois ans après leur révélation, ses informations sur l’affaire Bettencourt.

La justice française condamne à mort une certaine presse libre

En effet,  Mediapart, le site d’information qui s’est rendu célèbre par ses investigations fracassantes, devra-t-il désormais s’abstenir de toute révélation d’intérêt public, qui serait de nature à déplaire à des intérêts privés ? La Cour de justice de Versailles a en effet condamné, le 4 juillet dernier, le site fondé par Edwy Plenel, mais aussi le magazine Le Point, à retirer tout extrait ou partie de la retranscription des enregistrements à l’origine de l’affaire Bettencourt, sous le chef « d’atteinte à l’intimité à la vie privée ». Mediapart est également interdit d’en publier à l’avenir.

Supports papier et électronique, tout doit être détruit. La menace qui pèse sur Mediapart ne porte pas seulement sur les articles rédigés par la rédaction du site. Les centaines de milliers de commentaires des abonnés du site doivent également être effacés. Autrement dit, un coup d’épée dans chaque mot, chaque phrase, chaque citation, chaque article sur l’affaire la plus retentissante du quinquennat Sarkozy. 

L’appel de Mediapart: «Nous avons le droit de savoir» 

« La liberté de l’information n’est pas un privilège des journalistes mais un droit des citoyens. Dans une démocratie vivante, le pouvoir du peuple souverain suppose le savoir d’un public informé. Etre libre dans ses choix et autonome dans ses décisions nécessite de connaître ce qui est d’intérêt public, c’est-à-dire tout ce qui détermine et conditionne nos vies en société.

S’agissant des affaires publiques, la publicité doit donc être la règle et le secret l’exception. Rendre public ce qui est d’intérêt public est toujours légitime, notamment quand le secret protège indûment des injustices et des délits, des atteintes au bien collectif ou aux droits humains. Ainsi la sécurité des Etats ne saurait empêcher la révélation de violations des libertés individuelles, pas plus que la sauvegarde de l’intimité de la vie privée, impératif par ailleurs légitime, ne saurait être l’alibi d’infractions aux lois communes.

C’est pourquoi il importe de défendre les journalistes professionnels, les sources d’information et les lanceurs d’alerte ayant permis la révélation de faits d’intérêt général qui, sans leur travail et leur audace, seraient restés inconnus du public. Les soutenir, c’est protéger et étendre un droit de savoir universel, garantie d’un renforcement de la démocratie mondiale à l’heure de la révolution numérique.

 

Pour toutes ces raisons, nous nous disons solidaires de Mediapart après la récente condamnation lui imposant de censurer, trois ans après leur révélation, ses informations sur l’affaire Bettencourt. En signe de protestation, nous faisons désormais nôtres toutes ces informations. Et nous encourageons les médias, les associations, les élus, les citoyens à les reprendre immédiatement et à les diffuser par tous les moyens démocratiques en leur possession. »

 

Les signataires

  • Le Soir
  • Le Courrier, quotidien de Genève
  • Infolibre, site espagnol d'information
  • The World press freedom committee
  • Marianne
  • L'Express
  • lexpress.fr
  • Libération
  • L'Humanité
  • Politis
  • Les Inrockuptibles
  • Charlie Hebdo
  • Regards
  • Polka Magazine
  • Causette
  • Arrêt sur images
  • Mediapart
  • ArteRadio
  • Rue89
  • Marsactu
  • Electron Libre
  • Reflets
  • Le Courrier des Balkans
  • Radio Nova
  • Le Nouvel Observateur
  • La Quadrature du Net
  • L’Association de la presse judiciaire
  • Reporters sans frontières
  • Ligue des droits de l’Homme
  • Syndicat national des journalistes SNJ
  • SNJ CGT
  • SPIIL
  • Attac
  • Syndicat de la magistrature
Le Kiosque soutient Mediapart: «Nous avons le droit de savoir» - Démocratie en danger
Tag(s) : #Affaire bettencourt, #justice, #mediapart, #censure, #liberté de la presse, #Actualités, #France

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