Le compte à rebours pour Nahda a commencé.

Ils avaient promis un million de manifestants pro gouvernementaux à la Kasbah ; ils ont eu maximum 30 000. Manou Bouzid, du Kiosque aux Canards, était sur place.

Un échec cuisant pour Nahda

Loin d’admettre leur échec Nahda, symbole même de la mauvaise foi du mensonge et de la turpitude, préfère se contenter d’annoncer avec triomphalisme, qu’ils ont eu 150 000 manifestants.

On veut bien leur faire ce plaisir, car ne jamais frapper quelqu’un à terre telle est la devise de ceux qui se respectent. Et pourtant, ce serait le meilleur moyen d’en finir avec cette plaie.

Bref, claironnant leur 150 000 manifestants, soutenus tous azimuts par les médias français, notamment France 24 qui est prêt à soutenir tous les islamistes du monde pourvu, qu’en contre partie, on lui laisse ses antennes dans tous les pays arabes, prend un malin plaisir à montrer les images de la Kasbah à son grand moment d’affluence et à montrer sournoisement le sit in du Bardo à son premier jour.

Mais la société civile tunisienne n’avait pas dit et n’a toujours pas dit son dernier mot.

La guerre des chiffres

Mardi 6 aout, une manifestation monstre s’est déroulée au Bardo.

Monstre, c’est peu dire ; plus de 460 000 manifestants se sont rués vers le Bardo, et ce chiffre fut appuyé par le système de surveillance du pentagone, qui, on le sait, est si efficace qu’il va jusqu’à repérer une mouche dans le cul d’un éléphant.

La mauvaise foi des nahdaouis les poussent à annoncer 100 000 manifestants, mais France 24 qui se veut plus Royaliste que le roi, persiste à n’annoncer que 40 000.

Hors au vu de toutes les photos et des vidéos, avec un minimum d’honnêteté, même un borgne s’apercevrait de l’ampleur de cette manifestation.

J’y étais et j’ai traversé toute la manifestation d’un bout à l’autre.

Sur près d’un kilomètre, il n’y avait pas 3 personnes au mètre carré, mais bien 4, 5 voire 6 à l’approche du centre de la place.

Nous ressemblions à des anchois entassés les uns contre les autres dans une boite à conserve. Il m’a fallut plus de deux heures pour traverser, avec des instants ou j’ai cru tourner de l’œil tellement nous étions serrés.

Mais la joie et la fierté d’être présent pour son pays, n’a fait reculer personnes.

Ils sont venus par familles entières et entières veut dire les 3 générations, le drapeau à la main et la fleur au bout du fusil s’ils en avaient eu un.

Les artistes aussi étaient présents

Tous les acteurs connus et inconnus sur la place de Tunis ; les peintres, les sculpteurs, les écrivains, les musiciens ainsi que tous les politiciens opposants à ce régime moyenâgeux, se trouvaient pèle-mêle au milieu de la foule.

Une véritable marée humaine chantant à l’unisson l’hymne national et fière de prendre en main la destiné de leur pays.

Devant une telle mobilisation, Nahda annonce que ses sympathisants aussi nombreux que quelques tiques sur un chien, lèvent le camp du Bardo et demande à l’opposition d’en faire autant.

En fait, cela leur coûte la peau des fesses pour payer leur sit in, et le grand rassemblement de la Kasbah, leur a en plus coûté un bras.

Par ailleurs, depuis ce rassemblement, un étrange ballet se joue entre Tunis et Doha. Différentes personnalités Qataris vont et viennent discrètement à Tunis, tandis que des personnalités nadahouis se rendent à Doha. Personne n’est dupe de ces ballets roses, qui n’ont pour but que de rebouster les finances de Nahda mis à mal par les cachets donnés à ces acteurs de propagande tout comme le faisait Ben Ali.

Le gouvernement conjure les sit ineurs de laisser place libre pour les festivités de l’Aïd.

Qu’à cela ne tienne, les festivités auront lieu au bonheur de tous, au Bardo et sous les couleurs nationales du pays.

Ainsi fut dit et ainsi fut fait au grand dam de Nahda qui ne put rien contre cette déferlante humaine.

Une véritable fête foraine fut improvisée sur la place du Bardo afin que les manifestants ne privent pas leurs enfants de la joie de célébrer l’Aïd.

Les islamistes commençant à mal digérer les victoires successives de l’opposition, devinrent très nerveux et paniquèrent !

Ce sit in a reçu l’autorisation du Ministre de l’Intérieur en personne, difficile de le déloger officiellement.

Tel une vipère, ils attendirent tapis dans l’ombre, l’occasion qui comme on le dit souvent fait le larron.

Cette occasion le leur fut donnée le Vendredi, lendemain de l’Aïd.

Un ordre de dispersion à l’encontre des consignes du ministre

Alors que le Ministre de l’intérieur était en déplacement, et que les tunisiens se reposaient de l’Aïd, à 8 h du matin à la place du Bardo quelque peu déserté, l’ordre venu d’une source mystérieuse, fut donné pour disperser le sit in, démonter les tentes et faire évacuer la place.

Mais c’était sans compter avec la réactivité des tunisiens.

Aussitôt les réseaux sociaux et les téléphones sonnèrent le branle bas de combat, et c’est toute une foule de citoyens qui se dirigèrent vers le Bardo pour prêter main fortes aux sit ineurs.

Entre temps, les députés contactèrent le Ministre de l’intérieur qui leur affirma qu’il n’avait jamais donné l’ordre de disperser le sit in et que seules les tentes des vendeurs anarchiques étaient visées.

Bien évidement, encore une fois, les tunisiens ont mal compris, les nadahouis ne doivent pas parler la même langue ; ils sont des éternels incompris car, d’après l’affirmation du MI, et bien que les tentes des sitineurs et des députés qui se sont retirés de l’assemblée aient été démonté, ce n’était en fait qu’une erreur de communication.

Selon lui seules les tentes des vendeurs anarchiques devaient être démontées.

Les vendeurs anarchiques sur la place du Bardo ?

Ils ont du penser que la tente des médecins était là pour vendre des accessoires médicaux car mis à part celle là, les autres tentes étaient celles des sitineurs et celle de la coordination du sit in.

Encore une fois, c’est une erreur de compréhension...

C’est vrai aussi que ce qui est incompréhensible, c’est que depuis le début du sit in contre le gouvernement, l’ANC, donc contre Nahda, régulièrement les forces de sécurité sont appelés pour désamorcer un explosif, chose que la Tunisie n’a connue qu’à l’époque glorieuse de Ghanoucchi, Ali Larayed and Co, c'est-à-dire Nahda dans les années 80.

Mais là aussi c’est un hasard, ou plutôt une mauvaise compréhension des faits.

Bien que les manifestants aient reçu l’assurance du MI qu’ils ne seront pas délogés, les citoyens ont remonté les tentes et ont occupé la place du Bardo afin d’éviter toute nouvelle tentative d’expulsion.

Nahda ayant peur de perdre le pouvoir est prête à tout. Ce n’est pas qu’une question de pouvoir ou d’argent, mais en n’étant plus dans la place, trop de cadavres pourraient être découverts dans leurs placards.

Ils prétextent la sauvegarde de l’islam pour justifier leurs forfaits, et nous font croire qu’ils protègent Dieu alors que tout bon musulman pense que c’est Dieu qui le protège.

Et pour reprendre Rabiâa Najlaoui la plus jeune députée de l’ANC et démissionnaire depuis ce matin : « Partez et soyez rassurés au sujet de l’islam. S’il a survécu à la mort du prophète Mohamed, alors il survivra à votre départ. »

Le compte à rebours pour Nahda a commencé.
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