Le clip d’Indochine “College Boy” : une réussite

Bon... Je suis fan d’Indochine depuis ses premiers concerts parisiens. Des grattes qui s’envolent vers des limbes orientales, une voix qui trouve peine à tenir, des textes qui marquent par une simplicité de bon aloi, qui ne se prennent pas la tête dans de la pseudo philosophie, dans des messages qui se veulent compliqués, voir hermétiques.

Non, Indochine : c’est simple, dans le bon sens du terme, dansant certaine fois et, depuis “Tes yeux noirs”, fantasmatique avec l'apparition dans le clip de la somptueuse Héléna Noguerra, qui meubla mes fantasmes, alors.

College Boy... Réalisé par Xavier Dolan

En février dernier, Indochine sort Black City Parade. Le chanteur du groupe, Nicolas Sirkis, y défend une démarche éducative en affirmant "Nous ne cherchons ni la censure ni le scandale, ne visant que les problèmes d’éducation. Quand il est possible qu’une personne puisse acheter des armes sur Internet et qu’ensuite il l’utilise contre des innocents, il est urgent qu’on entreprenne là dessus une sérieuse réflexion politique."

C’est gagné. Grâce aussi au travail du réalisateur Xavier Dolan pour le clip d’un des titres de l’album “College Boy”. Le message est simple et efficace ; un texte de mise en garde débute la vidéo, qui met en scène un jeune collégien subissant les humiliations de camarades, allant créscendo dans la violence, jusqu’aux scènes finale où ce premier sera crucifié dans la cour de récréation, devant ses camarades et un professeurs, bandeaux sur les yeux, regardant ailleurs.

Un débit de polémique sur ce clip d’Indochine

Normal. Et c’était sans doute voulu. Et c’est tant mieux puisqu’ainsi est la société ; il vaut mieux choquer et entrechoquer nos neurones pour qu’un message passe. C’est d’ailleurs ce que le groupe confirme : pour Sirkis, la chanson a été rattrapée par l’actualité, "avec toutes les manifestations qui ont eu lieu contre le mariage gay, les discours homophobes". L'artiste a souligné qu'il comprendrait que la vidéo ne passe pas en journée à la télévision.

Le clip a déjà fait réagir les politiques. Ancien ministre de l'Éducation, Luc Chatel, invité de France Info, rappelle qu'il s'est battu contre le harcèlement à l'école en utilisant des "images difficiles mais avec un vrai but pédagogique derrière. Je dirais: oui à la dénonciation, non à la banalisation."

Le réalisateur reste pragmatique

Xavier Dolan, né Xavier Dolan-Tadros le 20 mars 1989 à Montréal, est un comédien québécois de cinéma, de télévision et de doublage. C'est en tant que scénariste et réalisateur qu'il se fait connaître du public et des sphères cinématographiques et artistiques internationales lors de la projection de son premier long métrage: J'ai tué ma mère, à la 41e Quinzaine des réalisateurs, au cours de la 62e édition du Festival de Cannes.

Ce jeune Québécois branché à qui l’on doit le remarqué « les Amours imaginaires » explique ; « Je voulais aller jusqu’au bout non pas pour choquer, mais pour montrer que cette situation est possible parce rien ne l’empêche, explique le cinéaste. La question n’est pas de se demander pourquoi suis-je allé aussi loin mais qu’est-ce qui empêcherait un groupe d’adolescents d’aller aussi loin alors que le lobbying des armes aux Etats-Unis est très puissant. C’est ma vision nord-américaine, mais des gens se font lapider partout. »

College Boy - Indochine

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