Depuis deux jours, c’est une véritable armada de commentaires sur la décision chinois d’éventuellement taxer les vins français. Bon, comme à chaque fois que la Chine menace d’une taxe des produits importés, on se focalise sur le résultat afin de, surtout, en éviter la cause.

Petit retour sur l’affaire des panneaux solaires, des vins français et des berlines allemandes...

Les panneaux solaires ; le début du renoncement sarkozyste

Ce devait être l’une des mesures phares du quinquennat de l’ex sauveur de la planète, qui capitalise en ce moment les émoluments que les grands groupes financiers lui versent pour venir raconter devant un public ébahit - pas par son anglais - comment il a sauvé la France, l’Europe, le Monde et la galaxie en ne tenant que 40% de ses promesses de campagne - Hollande en est, au bout d’un an, à plus de 50 % - et comment nous, pauvre petits idiots sans mémoire, nous avons décidé de le faire gerber de l’Élysée ; les aides de l’État en direction de l’énergie propre, et donc des fameux panneaux solaires, ont été stoppées bien avant la campagne des présidentielles.

Ainsi, après le non productif sommet de Grenelle pour l’environnement, au début du mois d’Avril 2010, juste après avoir visité l’INES (Institut National de l’énergie solaire), le président Nicolas Sarkozy avait annoncé son soutien à l’installation de panneaux solaires photovoltaïques dans l’hexagone. Il avait même déclaré qu’une installation solaires photovoltaïque pourrait bénéficier une aide de 5 000€, voire même être gratuite pour les ménages à faibles revenus.

Ensuite, après la période caniculaire, la hausse des tarifs d’achat des panneaux solaires serait à 75 centimes d’euro par kw/h, et pourrait être garantie sur 5 ans. En fin d’année,2010, les possesseurs de panneaux solaires auraient du bénéficier d’une augmentation des crédits d’impôt.

Sauf que ça ; c’était avant... Avant que notre sauveur du monde libre ne découvre qu’entre annonce et réalisation, il pouvait y avoir quelques soucis majeurs, comme celui de financer une envolée lyrique après l’avoir sorti et comme celle des achats majeurs des installateurs français de leurs matos à... La Chine.

Résultat des courses ; les particuliers ont claqué du pognon pour s’équiper, les installateurs ont prospecté et passé des accords avec les fabricants - en parti Chinois - et... Rien n’est venu puisque plus de tunes pour les rêves du NanoPrésident.

Petit détail qui vaut son pesant de pois chiches ; en 2012, Sarkozy proposait - pas trop fort - de recouvrir les toits de l’Élysée de panneaux solaires - Chinois sans doute - et de remplacer les vécés par des toilettes sèches... Pour cette dernière proposition, c’est clair que cela a du être fait à l’insu de notre plein gré mais pas dans les règles de l’art, puisqu’il a réussi à nous mettre dans la merde pour de nombreuses années.

L’affaire chinoise ou la bataille du dumping

Déjà, on va commencer par le commencement ; c’est quoi cette histoire de dumping ? Le mot vient du verbe anglais to dump, « déverser », « se débarrasser de » et désigne l’ensemble des pratiques contraires à une libre concurrence. Ainsi, on peut parler de “dumping” lorsqu’une entreprise décide de vendre “à perte” - pratique d’ailleurs formellement interdite en France -. Mais on peut aussi parler de “dumping” lorsqu’un secteur d’activité est subventionné par le gouvernement d’origine des marchandises.

C’est ce que la France, et l’Europe, reproche à la Chine concernant les panneaux solaires. La Chine, elle, reproche avec raison à l’Europe de faire de même avec ses propres produits. Elle annonce être en mesure de mettre en place une taxe d’importation sur les vins français - eux aussi “dumpés” - et sur les berlines allemandes - tout aussi dumpées, avec toutefois un “détail” intéressant ; les voitures allemandes vendues en Chine sont, en grande majorité, produites en... Chine.

Alors... ? Quelle est la vrai raison de cette soudaine “fronde” anti panneaux photovoltaïques chinois ?

Deux raisons semblent l’avoir générée. La première est une bataille juridique qui oppose depuis des mois des sociétés européennes d'énergie photovoltaïque à leurs rivales chinoises, le litige commercial le plus important impliquant l'Europe et la Chine. La Commission cherche à protéger l'industrie photovoltaïque européenne, dont la survie est menacée par les pratiques de dumping des industriels chinois. "Ce n'est pas une mesure protectionniste, a assuré le commissaire chargé du commerce, Karel De Gucht, lors d'une conférence de presse, mais une mesure d'urgence pour donner un ballon d'oxygène à un secteur qui souffre."

Bruxelles n'a donc pas souhaité attendre le résultat, prévu pour décembre, des deux enquêtes qu'elle avait ouvertes, à la suite de la plainte du groupement d'entreprises européennes EU ProSun : l'une sur les subventions de Pékin aux exportations de panneaux solaires chinois et l'autre contre le dumping des fabricants chinois.

"Les sociétés chinoises vendent des panneaux solaires en Europe bien en dessous de leur coût de production, avec une marge de dumping de 60 % à 80 %, assure Milan Nitzschke, président d'EU ProSun. Cela implique que les entreprises chinoises du secteur solaire font d'énormes pertes, mais pour autant, elles ne font pas faillite car leurs pertes sont compensées par l'Etat chinois."

Par ces sanctions, l'Union européenne suit la position de Washington, qui avait imposé, en mai 2012, des droits de douane allant de 31 % à 250 % sur les panneaux solaires chinois. Sauf que... Cette mesure s’est largement barrée en quenouille aux États-Unis...

Les taxes US contre la Chine : ça a merdé...

Le bilan de ces mesures apparaît cependant "beaucoup plus restreint" que toutes les oppositions ne le laissaient imaginer, selon l'Association des industries de l'énergie solaire aux Etats-Unis.

Certes, les importations de Chine ont connu aux Etats-Unis une régression spectaculaire. Mais elles ont été souvent contrebalancées par des importations issues d'autres pays asiatiques, la Malaisie en premier lieu, pratiquant des prix aussi bas, sans être touchées par les tarifs douaniers.

De plus, des entrepreneurs chinois ont trouvé des intermédiaires à Taïwan leur permettant d'exporter sans subir de barrières douanières accrues.

Selon la Solar Foundation, le secteur a perdu 22 % de ses emplois en 2012. La raison tient moins à l'imposition de la politique tarifaire américaine qu'à l'effondrement général des prix du solaire entre 2009 et 2011 : celui-ci a provoqué la fermeture de quelque 25 sociétés actives dans ce secteur aux Etats-Unis en trois ans. Enfin, les tarifs de l'énergie solaire sont devenus de plus en plus attractifs.

Ces taxes ont elles un avenir ?

Sachant que la décision de la commission se comprend également dans le contexte des délicates négociations à venir avec les Etats-Unis sur un traité de libre-échange. D'autant que les taxes qui ont été décidées ne seront en place que pour une période de six mois, sauf si une majorité simple des Vingt-Sept se prononçait pour leur prolongation, ce qui ne semble pas être le cas.

Six mois, un délai bien court pour tirer de l'ornière une industrie en piètre état. Pour preuve, le groupe allemand Bosch – qui a annoncé le 22 mars son désengagement du photovoltaïque - avait pris dans ses calculs l'hypothèse de cette taxation des produits chinois et avait jugé que cela ne serait pas suffisant pour regagner le terrain perdu, explique Harald Franck, porte-parole du groupe Bosch en France.

Donc, la réponse est “oui” ; mais pas sur la base des taxes en elles-mêmes ; plutôt pour aider l’Europe a être n position de force quant aux négociations à venir entre elle et les USA et entre elle et la Chine. Gageons d’ailleurs qu’aucune taxe ne sera mis en place, mais que tout cela fera l’objet d’une négociation globale.

Vidéo : L'Europe taxe les panneaux solaires chinois

Le 7 juin 2013 :
Ces panneaux solaires sont au cœur d'un bras de fer commercial entre l'Europe et la Chine. La première accusant la seconde de pratiques déloyales lui ayant permis de remporter 80% du marché européen. Pour contrer ces pratiques, la Commission européenne va imposer une taxe de près de 12% sur les panneaux chinois. Durée: 01:19
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