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Publié par Camille Desbois

À l'heure où les anti-mariage pour tous réclament un post mai 68, un retour aux valeurs traditionnelles de la famille, une exposition est dédiée à un célèbre tueur en série qui a abusé et tué onze femmes en profitant du contexte social et patriarcal de l'époque.

Le Musée des Lettres et Manuscrits consacre une rétrospective des pièces à charge du dossier d'Henri Désiré Landru, l'un des plus célèbre serial-killer du XXème siècle.

La naissance d'un escroc

Né à Paris en 1869 d'un père chauffeur et d'une mère couturière, Henri Désiré Landru est un enfant choyé qui aura une enfance heureuse. Après des études d'architecte, suivies sans grande conviction, il épouse sa cousine, Marie-Charlotte Rémy le 7 octobre 1893. Le couple aura quatre enfants.

La paternité le pousse rapidement à prendre le chemin du travail. De cartographe à brocanteur en passant par comptable, Landru exercera différents métiers qui ne lui permettront toutefois pas de subvenir décemment aux besoins de sa famille.

C'est à partir de 1900 que Landru entame sa véritable carrière de petit escroc.

Rapidement condamné pour divers méfaits liés à ses activités qu'il dit professionnelles, il alternera entre des peines d'amende et des peines de prison dont il parvient à éviter l'entière exécution sur la base d'expertises de médecins aliénistes qui le déclarent dans "un état mental maladif, qui sans être de la folie, n'est plus du moins l'état normal". En 1909, Landru est une nouvelle fois condamné pour avoir, cette fois, soutiré des titres financiers à une femme, Jeanne Isoret, qu'il aurait séduite par le biais d'une agence matrimoniale.

Cette affaire signe le commencement de ses rapports aux femmes, tristement célèbres. Son ultime escroquerie liée à l'achat et la revente d'un garage scellera définitivement son destin puisqu'il est condamné en 1914 à une peine de prison assortie d'une relégation au bagne de Guyane. Il parvient à prendre la fuite et est définitivement contraint de vivre caché.

Le "Barbe-Bleu" de Gambais

En décembre 1914, Landru loue une villa à Vernouillet, dans cette villa où 4 personnes disparaîtront.

Janvier 1915 : Jeanne Cruchet, une veuve de 39 ans et son fils André 17 ans

Juin 1915 : Thérèse Labord-Line, veuve de 46 ans

Août 1915 : Désirée Guillin, 52 ans

Landru loue ensuite la villa de Gambais en décembre 1915. Sept femmes y disparaîtront.

Décembre 1915 : Mme Heon, veuve de 55 ans

Décembre 1916 : Anna Collomb, veuve de 44 ans

Avril 1917 : Andrée Babelay, 19 ans

Septembre 1917 : Céléstine Buisson, veuve de 44 ans

Novembre 1917 : Louise Jaume, divorcée, 35 ans

Avril 1918 : Anne-Marie Pascal, divorcée de 36 ans

Janvier 1919 : Marie-Thérèse Marchadier, célibataire, 36 ans

Onze personnes en 4 ans, toutes rencontrées par le biais d'annonces matrimoniales.

Pour quels motifs : l'argent sans aucun doute. Ayant un physique pourtant peu agréable, Mr Landru plaisait aux femmes. Il réussit en tout cas à les appâter, fini par leurs faire signer des procurations, les emmènent dans l'une ou l'autre de ses villas, elles disparaissent, il revend leurs meubles et empoche l'argent. En 1917, il rencontre Fernande Segret qui devient sa maîtresse, il l'aime et la couvre de cadeaux. Elle ne disparaîtra pas, il sera arrêté chez elle.

Un contexte social propice pour Landru

Le contexte économique et social de l'époque lié au commencement de la 1ère guerre mondiale, est propice à son nouveau mode de vie pour lequel il multiplie les identités au quotidien. Sous des noms différents, il se fait passer pour un veuf esseulé feignant la prospérité, qui n'est pourtant que façade. Il entreprend alors, par l'intermédiaire de petites annonces dans les journaux, de séduire des femmes seules, possédant quelques économies et leur promet à chacune le mariage.

"Monsieur sérieux, ayant petit capital, désire épouser veuve ou femme incomprise, entre 35 et 45 ans, bien sous tous rapports, situation en rapport."

Adoptant plus de 90 pseudonymes, l'appât fonctionne et Landru fait la connaissance de près de 300 femmes. Avec un soin plus que méticuleux, il rédige des lettres, dresse un fichier précis de chaque femme, notant aussi bien des détails physiques que la situation familiale et la fortune. Lorsque les femmes lui semblent suffisamment intéressantes, il les invite à séjourner dans des pavillons de campagne isolés qu'il loue, d'abord à Vernouillet puis à Gambais, qui deviendra le lieu de villégiature de ses assassinats.

L'isolement y est doux pour les couples naissants et Landru le sait. Faisant fi de son physique peu attrayant, il sait se faire aimer. Charmeur et plein d'humour, il met peu de temps à mettre la main sur les économies de ces femmes.

Landru était un patriarche. Il faisait main-mise sur le patrimoine de ses victimes avant même d'avoir convolé. Il exerçait une autorité absolue auprès des femmes et de ses propres enfants. Lors du procès de Landru on notera que sa parole faisait force de loi auprès de sa progéniture : "Le président : Voyons Landru, toutes ces femmes...vos enfants ne disaient rien ? - Landru : Quand je donne un ordre à mes enfants, moi, monsieur le juge, ils obéissent. Ils ne cherchent pas le pourquoi ni le comment. Je me demande comment vous élevez les vôtres !"

Une exposition fascinante

En un siècle, l'un des premiers tueurs en série français identifiés, Henri Désiré Landru, n’a rien perdu de sa notoriété et de son pouvoir de fascination.

Ses onze victimes, les multiples identités endossées au fil d’une vie d’escroc puis de meurtrier, un mode opératoire jamais totalement élucidé, l’absence de corps, le refus obstiné de tout aveu, la personnalité enfin de cet homme magnétique, intelligent, éloquent, énigmatique et méticuleux condamné pour avoir tué, découpé et brûlé onze victimes abusées par ses promesses de mariage ont contribué à ancrer solidement dans la mémoire collective ce qui constitue sans doute le fait divers le plus célèbre du XXe siècle. Si chacun pourtant connaît au moins dans ses grandes lignes l’histoire de Landru, un axe essentiel est totalement méconnu : l’enquête elle-même, la traque obstinée de l’inspecteur Jules Belin et de son équipe des brigades mobiles, l’examen mental du meurtrier, les notes de son bourreau, Anatole Deibler, autant d’éléments inédits qui renouvellent la grille de lecture de cette étonnante histoire.

L’exposition du Musée des Lettres et Manuscrits, dont le titre « Landru - 6h10 - Temps clair » se réfère précisément à l’heure d’exécution notée par Anatole Deibler dans ses carnets, s’attache, à travers les pièces du dossier d’instruction de cette affaire emblématique, à retracer le processus qui aboutira à l’arrestation de l’un des plus grands criminels du XXe siècle.

Vidéo : Exposition Landru aux Musée des Lettres & Manuscrits t

Le 8 juin 2013 :
Les caméras de France3, soir3 visitent l'exposition Landru, 6h10-Temps clair au musée des Lettres et Manuscrits. Durée: 2:08
Retrouvez toutes nos vidéos ici : Les Vidéos du Kiosque

Landru - 6h10 - Temps clair

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