La droite accepte enfin de plonger dans son bilan !

Alors que l’UMP et ses différentes constituantes se foutent allègrement sur la tronche, principalement par le biais du duel Fillon/Sarkozy, commencé en réalité depuis de longs mois mais particulièrement visible depuis hier ; Gérard Longuet, vice-président de l'UMP, a estimé vendredi que François Fillon rendait "un service" à son parti en ouvrant le débat sur le "diagnostic" de l'action de la droite au pouvoir entre 2002 et 2012.

“Poser toutes les questions, y compris celle du diagnostique”

"Je pense que nous aimons Nicolas Sarkozy mais on a envie de faire vivre l'UMP", a expliqué sur RFI le sénateur de la Meuse, désormais représentant départemental du mouvement de François Fillon, Force républicaine. Il faut, selon lui, poser "toutes les questions, y compris celle qui n'est pas facile, celle du diagnostic de ce que nous avons fait en bien, en très bien et parfois en moins bien, ou ce que nous n'avons pas fait du tout".

"François Fillon le fait à sa façon mais c'est un service qu'il rend à l'UMP pour que l'on puisse enfin parler", a souligné l'ancien ministre de la Défense, jugeant que ce débat, "c'est plus que le droit d'inventaire, c'est réfléchir pourquoi la France en est là".

"Après tout, on a gouverné pendant dix ans”

"Après tout, on a gouverné pendant dix ans, de 2002 à 2012, et le bilan de la France n'est quand même pas complètement satisfaisant. Il y a sans doute une part de socialisme mais il n'y a pas que le socialisme, ce serait bien d'en parler", a-t-il dit.

Pour M. Longuet, la position de "retrait" adoptée par Nicolas Sarkozy en tant qu'ancien président lui vaut de rester "sur le piédestal dans l'opinion publique". Mais cette position est, d'après lui, "incertaine".

“ il y a des sujets sur lesquels l’UMP n’a pas pris de position”

"Il y a, à la fois de la sympathie, du respect, de la considération pour le président et, en même temps, dans les combats d'aujourd'hui, on a envie que les gens prennent des positions. Or il y a des sujets (...) sur lesquels en effet depuis un an il n'y a pas eu de prise de position de l'UMP", a-t-il observé. De fait, a relevé le sénateur, "on a l'impression que l'UMP est un peu paralysée".

Quant à savoir ce qui distingue les deux hommes forts de l'UMP, "c'est une approche des sujets qui est différente", a analysé M. Longuet: "François Fillon est plus parlementaire, avec cette culture du débat, et Nicolas Sarkozy est plus présidentialiste, avec l'affirmation de l'autorité de celui qui porte le message".

Mais Fillon et Longuet restent isolés

Henri Guaino, la plume de l'ancien président, a été certainement le plus sévère à l'égard de François Fillon. Selon l'ex-secrétaire général de l'Elysée, il s'agit d'"une forme de trahison affective, de trahison morale" faite à Nicolas Sarkozy et à l'UMP.

"Ce qui s'est passé hier soir [...] ce n'est pas digne" au regard de ce que vivent les Français et du calendrier politique, a ajouté le député UMP des Yvelines.

"Le moment viendra de l'affrontement des ambitions, de l'affrontement des projets, de l'affrontement des idées, mais enfin on est à un an de l'élection présidentielle précédente, on est à quatre ans de l'élection suivante, est-ce que c'est le moment de se déchirer ?", a-t-il lancé sur RMC.

Brice Hortefeux, également proche de l'ancien président, a invité le second à faire preuve d'"autocritique" sur Europe 1 vendredi : "Ils étaient totalement liés. François Fillon a travaillé en totale confiance pendant cinq ans sous l'autorité de Nicolas Sarkozy, donc s'il y a critique, ce serait une autocritique [...]. C'est comme ça que je l'interprète."

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