L’UE met le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes

Réunis en conseil à Bruxelles, lundi 22 juillet, les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé d'inscrire la branche militaire du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes.

Cette décision nécessitait l'unanimité des 27.

Une décision initiée par la France

Paris avait plaidé en mai pour inscrire le mouvement chiite libanais sur la liste des mouvements terroristes établie par l'Union européenne, en raison de son soutien au régime syrien. Le Hezbollah prend en effet position sans ambiguïté en faveur de Bachar Al-Assad et ses troupes d'élite combattent aux côtés de l'armée syrienne.

"Compte tenu des décisions qu'a prises le Hezbollah et le fait qu'il a combattu très durement la population syrienne, je confirme que la France proposera d'inscrire la branche militaire du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes" de l'UE, avait déclaré le ministre des Afffaires étrangères, Laurent Fabius. Le Royaume-Uni avait lui aussi déjà plaidé pour l'inscription de la branche armée du Hezbollah sur cette liste, rapportait France 24.

Allié de la Syrie et de l'Iran

Le Hezbollah est un allié indéfectible de Téhéran, qui l'a créé en 1982, et de la Syrie, qui l'a très longtemps aidé militairement. Le "parti de Dieu" a été créé à l'initiative des Gardiens de la Révolution iraniens, dans la foulée de l'invasion israélienne du Liban. Il devient rapidement le fer de lance contre l'occupation israélienne du Liban-sud et ses opérations meurtrières contraignent en 2000 l'État hébreu à retirer ses troupes du Liban, après vingt-deux ans d'occupation.

Ce combat, couplé à un solide réseau d'aides sociales, a rendu le parti très populaire, notamment au sein de la communauté chiite (30% de la population). Remarquablement organisé, le Hezbollah rassemble des milliers de militants actifs et dispose d'un puissant service de sécurité et de renseignements, ainsi que de son propre réseau de télécommunications.

Dans la haine d'Israël

Vivant dans la culture du secret, il voue une haine tenace à Israël. Selon les services de renseignements occidentaux, sous le label du "jihad islamique", le Hezbollah a été l'auteur du rapt de nombreux occidentaux au Liban dans les années 80. Il est aussi accusé par la Bulgarie d'être derrière l'attentat anti-israélien perpétré le 18 juillet 2012, comme il fut soupçonné par l'Argentine d'être avec l'Iran responsable de l'attentat à la voiture piégée en juillet 1994 contre un bâtiment regroupant des organisation juives à Buenos Aires (84 morts).

Officiellement, le Hezbollah ne fait pas de différence entre sa façade politique et sa branche militaire, car il se présente comme un "parti de la résistance" contre Israël, et il n'a pas été désarmé à la fin de la guerre civile (1975-1990), contrairement aux autres milices libanaises. S'il ne dispose que de onze députés au Parlement sur 128 sièges, il y joue toutefois un rôle essentiel, grâce à ses alliés.

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