Monter sur une grue ne suffit pas pour être père

Après avoir passé quatre jours à 43 mètres du sol pour protester contre la suppression de son droit de visite, Serge Charnay est descendu de sa grue. Christiane Taubira et Dominique Bertinotti ont rencontré ce lundi les associations de défense des pères.

Comment reprocher à un père de vouloir s'impliquer auprès de son/ses enfant-s ? Vouloir l'emmener/ramener de l'école, et/ou participer à son instruction? Vouloir se lever la nuit pour une crise de dent(s) ou un cauchemar? Vouloir s'inquiéter quand un bras a doublé de volume après une chute de vélo? Puis foncer aux urgences? Vouloir l'initier à la culture en l'emmenant au(x) concert(s), au(x) musée(s) et ailleurs? Vouloir le dorloter en lui/leur faisant de bons petits plats mijotés? Vouloir passer toute l'après-midi allongé sur la moquette (le carrelage) à jouer ensemble aux petites voitures et au train?

Il ne vient à personne de stigmatiser un père pour tout ceci. Ou d'autres situations. Bien sûr.

Et pourtant, si nous lisons les statistiques, globalement réalistes, de la répartition des tâches familiales dans les couples, que lisons-nous?

Que les pères passent ~2h20/jour à ces tâches, le reste de ce temps étant à la charge des mères. Chacun calculera à combien d'heures se soldent les tâches familiales dans une journée...

Entre 1 /2 et 1/3 couple termine par un divorce, basé sur de nombreuses raisons, aussi nombreuses presque que ce nombre de divorces... Mais souvent parce que la mère, lasse de faire +90% du job seule, sans soutien réel, de se sentir faire partie des meubles, préfère se séparer et prendre seule en charge sa propre vie.

Car nous vivons plus longtemps qu'au siècle dernier, et envisager passer les 40 ou 50 prochaines années comme viennent de se passer les 5 ou 10 précédentes, puisque l'éventualité d'un décès (par maladie, guerre, ou autre) dans moins de 10 ans est quasi exclue, il y a parfois de quoi attraper la nausée...

Alors, quand le divorce devient concret, la vie continue pour la femme, le monde s'écroule pour l'homme.

Qui soudain se découvre une âme de papa.

Revendique sa place et son rôle (voir le lien en fin d’article)

Qu'il n'avait que très rarement entre-aperçu durant la dernière décennie....

Sauf que, à défaut de comprendre (au moins: essayer) ce qui a cloché les années précédentes, cet homme continue sur la même lancée! Rejetant la faute du divorce sur son ex-femme/compagne; lui pourrissant la vie à de très multiples occasions.

En venant chercher/ramener le/les enfants à l'heure/le jour qui lui convient par exemple; en payant, ou pas, la pension alimentaire pour les enfants comme et quand bon lui semble; quand il ne s'ingénie pas à se rendre insolvable, sans compte bancaire officiellement à son nom, sans emploi et travaillant au noir, afin d'échapper aux éventuelles saisies sur salaire; en oubliant de ramener les affaires de piscine/foot/poney systématiquement, alors que le/les enfant-s en auront besoin dans deux jours; en laissant le/les enfant-s patauger dans la rivière/mer avec les boots en cuir neufs, qui auraient normalement dû passer l'hiver; en passant le samedi soir devant la tv tous ensemble regardant..... South Park, le petit dernier de 5ans inclus....; en s'occupant très occasionnellement du traitement médical de l'enfant, fut-ce pour un rhume, un diabète ou de l’asthme, quand il ne refuse pas de considérer les poux (que le minot ramène à chaque séjour chez le père) comme des parasites !

Quand il n'y a pas de violences physiques directes sur la mère, et/ou la famille de celle-ci, voire sur les enfants, selon diverses circonstances. Avec diverses issues.

Quand il n'y a pas d'enlèvement-s des enfants, afin de les accaparer totalement.

Quand il n'y a pas création du S.A.P. = syndrome d'aliénation parentale.

Autrement dit: la mère (c'est quasi exclusivement elle qui est accusée par le père) crée et alimente la situation pour que le/les enfant-s déconsidèrent le père, et s'en détournent.

Parce que les enfants n'ont pas d'opinion(s) personnelle(s), pour commencer. Et qu'ils ne sont non plus pas capables de se rendre compte par eux-mêmes où il y a malaise..... pour continuer.

Soyons clairs: de tout ceci, les femmes, à leur niveau, ne sont pas exclues non plus. Comme il y a des hommes battus.

Mais force est de constater qu'1 femme meurt tous les 3 jours sous/suite aux coups de son (ex)conjoint. Pour 1 homme toutes les 2 semaines. Rapport = 1/5 .

1/3 de ces hommes décédés faisaient aussi subir des violences à leur (ex)femme.

Certes, certaines (rares) mères ont utilisé la suspicion d'inceste pour éloigner le père. Mais combien de pères cachent une situation incestueuse? afin de ne pas s'éloigner de l'enfant.

Revenons au SAP. N'importe quel enfant, quelque soit son âge, demandera à maman ce que papa a dit non, et inversement. C'est un grand classique.

Quel enfant mange les courgettes à la cantine mais pas chez maman? Voire annoncera fièrement que les épinards mangés à tel endroit sont meilleurs que ceux de papa?

Et d'autant plus fièrement qu'il aura senti, conscient ou inconscient, une fragilité affective chez la personne à qui il s'adresse, au moment où il parle.

Puis pour peu que la situation se répète –les enfants ayant parfois un don naturel pour appuyer sur le bouton où ça fait mal– , alors qu'il suffirait de répondre que "chez un tel, c'est chez un tel; ici c'est à la maison et c'est comme ça." afin de montrer le peu de prise qu'a ce genre de fière déclaration, certains parents et le plus souvent les hommes se sentent atteints, agressés par ces remarques.

Dont il faut un responsable, un coupable; qui ne peut que être la mère, puisqu'il n'y a que elle qui peut ainsi mettre de telles idées dans la tête de l'enfant.

Nous parlions au départ de courgettes/épinards, mais le sujet peut être aussi divers que multiple, et aboutir au final "j'ai choisi papa, je ne veux plus voir maman", ou inversement, pour peu que les principaux adultes autour de le/les enfant-s le/les autorisent, au moins implicitement, à choisir entre son père ou sa mère.

Il est dramatique pour tout le monde, parents ET enfants, que les adultes ne soient correctement assis sur leur siège d'adulte, et qu'ils se sentent obligés de verser dans tant d'esclandres publiques.

N'oublions jamais qu'un jugement concernant la pension alimentaire, les droits de visite et d'hébergement d'un/des enfant-s, voire l'autorité parentale, n'aura été établi qu'en fonction de ce que les parents ont décidé. Rien n'empêche un couple de fixer ses propres règles; pour autant que les termes de ces décisions respectent a minima la loi.

Le juge statuera lorsque aucun n'est d'accord avec l'autre. Et uniquement lorsque.

Bizarrement, les pères (et les mères) conscients de leur statut de parent ne se posent pas la question de qui il leurs faut attendre l'autorisation pour s’asseoir sur le bon siège.

Ils payent la pension alimentaire pour l'enfant globalement à date fixe, d'un montant correct entre leurs revenus et les besoins de l'enfant.

Ils n'organisent pas leur insolvabilité.

Ils n'hésitent pas à se libérer plus tôt de leur travail pour être à la sortie des cours, quitte à faire double-emploi avec la mère (qui, en cas de situation correcte, après peut-être un temps d'adaptation, appréciera cette facilité).

Comme ils n'hésitent pas à évincer le match de foot avec les copains pour aller au spectacle de danse de leur fille.

Ils sont à 15mn près ponctuels pour venir chercher/ramener le/les enfant-s pour les week-ends/vacances. Et ils téléphonent avant quand/dès qu'ils savent que le délai ne sera pas tenable. Car la principale victime de ce non-respect, c'est l'enfant !

Ils n'occupent pas leurs journées à savoir que fait leur ex-conjoint de ses propres journées avec qui, où et comment. Accessoirement, ils ne le/la suivent pas en voiture quand ils le/la croisent avec une personne inconnue en passager/conducteur.

Ils prennent 30mn pour se pencher sur le traitement médical de l'enfant afin de l'appliquer correctement comme l'a prescrit le médecin. À moins qu'ils n'aient emmené cet enfant chez ce même médecin. Voire, ils viennent assez régulièrement aux rendez-vous de suivi dans le cas de maladie comme le diabète. Car le danger sinon sera pour l'enfant, et personne d'autre !

Ils ne passent pas leur temps à se percher sur des grues, ni à se cadenasser aux grilles de préfectures et autres tribunaux, encore moins à jeûner devant le domicile de la mère ou un quelconque ministère. Ou toutes autres formes de violences.

Ils savent correctement s'occuper de leur-s enfant-s, à la bonne place, avec les bons moyens. Et vivent leur propre vie.

Même si comme tout parent ils commettent des erreurs, il y a pourtant certaines erreurs qu'il est aisé d'éviter.

Pour l'enfant justement, dont certains brandissent bien haut l'étendard mais dont ils s'occupent si mal, de si loin.

Les cas de déchéance de l'autorité parentale, comme ça l'est pour celui qui s'est perché sur cette grue, sont suffisamment circonscris et bien définis pour noter qu'il y a très peu d'abus sur le thème. D'autant que cette situation peut être réversible!

Monter sur une grue ne suffit pas pour être père
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