Il n’y a pas de politique d’austérité en France

Jean-Marc Ayrault a enfoncé une porte ouverte en le rappelant le 11 avril dernier. Mais c'était pourtant nécessaire. Non, il n’y a pas de politique d’austérité en France depuis le 6 mai dernier.

Et ça tombe bien puisque l’ensemble des institutions mondiales et européennes disent exactement la même chose. Mais bon, allez expliquer cela à des gens qui ne savent même pas faire un budget à moyen terme est exactement comme expliquer aux mononeurones du FN pourquoi les étrangers n’ont pas plus d’aides publiques que les français, en France.

Il faut aller voir ailleurs ce que veut dire “austérité”

"La France ne pratique pas l'austérité. Il faut aller voir en Espagne ce qu'est l'austérité"

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a rappelé vendredi 11 avril sur RTL que la politique économique mise en place par le gouvernement français n'est pas une politique d'austérité.

«La France ne pratique pas l'austérité. Il faut aller voir en Espagne ce qu'est l'austérité, il faut aller voir au Portugal ce qu'est l'austérité», a expliqué Jean-Marc Ayrault, précisant que la ligne suivie par le gouvernement était celle du «sérieux budgétaire» et du «redressement», et non celle de «l'austérité».

Des propos qui répondent aux critiques faites par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, sur la politique d'austérité en Europe. «Le sérieux budgétaire, s'il tue la croissance, n'est plus sérieux. Il est absurde et dangereux. Il est donc plus que temps d'ouvrir le débat sur cette politique qui conduit l'Union à la débâcle», avait déclaré le ministre, ne citant d’ailleurs pas la France, puisque en dehors du système d’austérité.

Toutefois, ces déclarations n'ont pas manqué d'agacer le Premier ministre. «Je n'ai pas aimé qu'on conteste la politique du gouvernement. Il y a qu'une ligne du gouvernement, il n'y en a pas deux, il n'y en aura pas deux», a ajouté Jean-Marc Ayrault.

Le président de la République avait lui aussi répondu aux critiques émises par le ministre du Redressement productif. «Le sérieux budgétaire, ce n’est pas l’austérité. Ce sérieux est la condition de la crédibilité. C’est ce qui permet aujourd’hui à la France d’emprunter sur les marchés financiers à des taux qui n’ont jamais été aussi bas», avait tenu à clarifier François Hollande.

Mettre en place ce qui fonctionne chez les socio-démocrates du nord

Ainsi, il est préférable de travailler autour de trois axes pour retrouver la croissance en Europe : desserrer les calendriers de retour aux équilibres budgétaires, mener une politique plus accommodante de la part de la BCE et des efforts pour libérer de la croissance de la part des pays en excédent, essentiellement l'Allemagne. Celle-ci devrait augmenter ses salaires ou créer un salaire minimum. Si l’Europe s’est reconstituée autour de l’Euro ces dernières années, il est important d ela fédérer socialement et politiquement ; c’est exactement pour cela que la présidence Hollande a renégocié le dernier traité, comme il l’avait promis durant la campagne, en y intégrant cette idée de renégociation du traité, réalisée avec succès.

Taxe sur les transactions financières : dix pays suivent

Dix pays sont aujourd’hui volontaires pour la mise en place d’une taxe sur les transactions financières. Cette taxe rentrerait en vigueur en 2013 confirmait François Hollande à la sortie du Conseil européen à Bruxelles. "Il y aujourd'hui dix pays qui ont adressé leur demande, a dit le président. La coopération renforcée a donc été acceptée par la Commission européenne." La France et l'Allemagne font partie des pays qui souhaitent mettre en place cette taxe et cette coopération renforcée.

Supervision bancaire ; Merkel suit Hollande, sauf pour le planning

La Chancelière allemande s’est rangée à l’avis français de développer le mécanisme de supervision bancaire en Europe, ce qui était le sujet principal de ce sommet. Ainsi, comme le voulait François Hollande, les dirigeants européens réunis à Bruxelles ont confirmé dans la nuit de jeudi à vendredi que l'ensemble des 6 000 banques de la zone euro seraient soumises à une supervision unique à partir du 1er janvier 2014, mais, comme le demandait Angela Merkel, ils ont donné un peu plus de temps à la Banque centrale européenne pour mettre en place ce dispositif.

Recadrage français sur une union politique et un budget de la zone euro

François Hollande a assuré qu'un éventuel budget de la zone euro viendrait en supplément des contributions des Etats membres au budget de l'UE. La suggestion d'un budget séparé pour la zone euro a été faite par le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et tant la France que l'Allemagne en ont approuvé le principe, par exemple pour financer des actions en faveur de la compétitivité.

Le président français a ajouté qu'une éventuelle révision des traités pour réaliser une véritable union politique européenne, souhaitée par l'Allemagne, ne pourrait intervenir avant les élections européennes de 2014.

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