Hollande cogite à un remaniement

Si depuis plusieurs semaines l’idée d’un remaniement du gouvernement fait son chemin, François Hollande précise ce mardi les choses par petites touches. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Paris Match à paraître mercredi, le chef de l’Etat évoque en effet la question en soulignant notamment qu’aucun ministre n’est protégé ».

Et surtout, pas d’ouverture vers l’extrême-gauche

Un ministre fragilisé ?

Si ces propos pourraient laisser penser qu’un ministre comme Arnaud Montebourg est de fait fragilisé après le dossier Dailymotion, le président apporte son soutien, comme le firent avant lui Jean-Marc Ayrault et la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, au ministre du redressement productif. « Il y avait un risque de perdre cette entreprise française. L’idée était de nouer un partenariat avec Yahoo! qui l’a, pour le moment, refusé », explique François Hollande.

Les résultats attendus par les français, et pas rêvés par d’autres

Selon Paris Match, le seul ministre que François Hollande félicite nommément est le ministre de l’Intérieur. « Manuel Valls fait du bon travail. Reconnu comme tel par l’opinion publique », relève-t-il. « Aujourd’hui, ce sont des résultats que les Français attendent. Cette équipe doit en produire sur le chômage, le logement, la consommation, l’éducation, la place de la France dans le monde », fait-encore valoir François Hollande.

Pour autant le Président de la République avertit que la décision de modifier l’équipe du gouvernement n’est pas forcément d’actualité à court terme. Un remaniement ministériel viendra « en son temps », souligne François Hollande. Et de préciser, « un jour, des choix et aménagements auront à être faits. Mais j’ai besoin de tous .»

Pas d’extrême-gauche au gouvernement

Pour l’heure ces choix ne semblent pas impliquer une plus grande ouverture vers la gauche, et notamment celle que défend Jean-Luc Mélenchon.

« Mélenchon n’a jamais fait partie de la majorité. Qu’il ne fasse pas semblant de s’étonner de notre politique aujourd’hui alors qu’il l’avait dénoncée par avance durant la campagne », explique le chef de l’Etat.

Pas convaincu par l’idée d’un gouvernement d’union nationale, François Hollande explique toutefois qu’il y a « des causes qui doivent nous réunir ». « Aujourd’hui, la lutte contre le chômage, le redressement productif, la place de la France dans la mondialisation sont des enjeux qui dépassent les clivages », détaille le chef de l’Etat.

« Si nous n’avons pas la capacité de convaincre les Français qu’ils peuvent mieux vivre demain, il y aura une alternance, mais elle ne sera pas forcément entre la droite et la gauche », met en François Hollande. « On en a eu une illustration en Italie avec l’irruption des populistes, » souligne-t-il.

L’idée d’un remaniement circule de manière insistante depuis le coup de semonce de l’affaire Cahuzac.

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