Hollande Bashing : les moutons suivent

Alors que la première année du quinquennat Hollande vient de passer, alors que les promesses de campagne sont, peu à peu, actées et suivies d’effets, alors que le président impose avec succès un style calme, posé et une réponse tranquille aux événements ; les insultes et les assimilations nauséabondes fusent de toutes parts, issus de démocrates auto-proclamés se noyant eux-mêmes dans une bassesse qu’ils regretteront un jour.

De “dictateur” à “salopards”, en passant par Christiane Taubira grimée en King Kong. Comme l’écrit Jacques Julliard dans Marianne : “Oui, il y a là quelque chose qui menace de ne plus s'arrêter, comme la chienlit des dégénérés fascistes, comme la veulerie des révolutionnaires de ruisseau.”

Et les moutons suivent...

Une haine pathétique et dangereuse

Pathétique car il suffit de se poser quelques instants sur les discussions des réseaux sociaux pour se rendre compte de l'obscénité qui découle des arguments des deux extrêmes ; entre théorie de douce sodomie de coléoptère, issue de chiffres tronqués, d’exemples maquillés et de liens mille fois copiés et refus de la démocratie ; promesse de “putsch” UMPiste, de “démission” extrémiste, alors que le président a été élu, à l’inverse des gueulards de tous bords.

Mais voilà ; le cercle infernal a été lancé par la presse et cette logique est compréhensible, mais pas de la manière dont nos moutons nous l’expliquent ; ce n’est pas la réalité qui y est abordée, c’est la nécessité de vendre : la presse va mal et elle surjoue : tous les quotidiens et l’ensemble des hebdomadaires sont à la ramasse. Seul semble pouvoir les faire submerger une sorte de consensus abscons où la solution serait de lier le plus de lecteurs possible sur une idée simple ; “groupons-nous contre l'infâme Hollande”. Quitte à ce que ce soit grâce à d’énormes conneries, reprises en coeur par nos dégénérés des réseaux sociaux.

On doit discuter d’une politique ...

Mais voilà ; discuter d’une politique veut dire qu’on est capable de l’analyser, sans allez chercher dans de mystérieux pays qui auraient tout compris, tout fait, tout changer alors qu'en fait ce sont de fausses solutions rêvées, que ces mêmes pays n’appliquent même pas eux-mêmes. On peut s’opposer, mais en proposant des solutions qui ne sont pas d’obscures copiés/collés de programmes refusés, oubliés, qui reviennent à l’ordre du jour puisque personne ne met les mains dans le cambouis de la mémoire politique pour en dénoncer le duplicata.

On peut ne pas être d’accord, le développer, l’expliquer, le décortiquer comme une enveloppe de crevette que l’on pèle méticuleusement pour en découvrir la chair. Or ce n’est pas le cas ; les invectives, les postures malencontreuses, les insultes et les bassesses remplacent logiques, analyses et, surtout malheureusement ; elles remplacent les idées mûrement réfléchies, que l'internaute commente sans même lire.

... Mais en sachant de quoi on cause

Quand le Kiosque aux Canards était dans l’opposition, il a passé toute la campagne à prendre les programmes des autres candidats que le sien en les décortiquant ligne par ligne, afin de développer pourquoi il n’était pas d’accord avec leurs propositions. Il a déchiffré le programme économique du FN, démonté les exemples Vénézuélien et islandais du Front de Gauche, renvoyé dans les limbes les projets - avortés - de discussion sur l’identité nationale, mises en place par l’UMP pour draguer l’électeur nationaliste.

Aujourd’hui ; pourquoi donc se faire chier autant ? Puisqu’il suffit d’insulter, d’invectiver, d'amalgamer ? On est en plein ce que nous avions prévu l’année passée ; les limites de la démocratie sont atteintes. Mais voilà ; nous, ici, on va continuer à aller chercher la petite bête et à la traquer, n’en déplaise à nos moutons.

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