Fumée blanche, fumée bleu, fumée noire

Un nouveau billet de Manou Bouzid, notre correspondante en Tunisie

Alors que les chrétiens du monde entier ont les yeux tournés vers le Vatican en attendant fébrilement que s’en dégage la fumée blanche, en Tunisie, la population vivant dans la crainte de voir se dégager une fumée bleue au dessus du Palais de Carthage (palais présidentiel) - ce bleu étant la couleur du partis des obscurantistes, couleur que les tunisiens commencent à détester comme ils ont jadis haïs le violet qu’adorait et qu’arborait fièrement Ben Ali ( tout cela au détriment du rouge couleur du drapeau national) - donc en attendant la couleur de cette fumée : c’est une fumée de couleur noire que les tunisiens ont vu ce matin sur L’Avenue Habib Bourguiba !

Un jeune homme s’est immolé hier matin

Un jeune homme s’est immolé hier matin à l’heure ou tous les tunisois vont travailler, le geste et l’heure, étant tous deux symboliques !

Le geste, car c’est celui là même qui a déclenché la révolution, à laquelle aucune fumée bleue ( les nadaouis) n’a participé, l’heure c’était celle ou tout le monde se rend au travail alors que lui est chômeur !

Pendant cette fameuse révolution, les chapeaux bleus étaient soit à Londres, chouchoutés par la couronne saoudienne sans être inquiétés par la couronne anglaise, une tradition séculaire du Royaume Unis, fief des islamistes bannis de leur pays d’origine.

D’autres se trouvaient en France essayant de gagner leur maigre pitance tout en se gargarisant d’être opposants à Ben Ali ( en fait d’opposants, aucuns d’eux n’avaient le statut de réfugié politique, ils étaient simplement allés travailler aux pays des droits de l’homme comme tous les émigrés honnis par Marine), et une grande partie en prison pour attentats terroristes et non pas pour délit d’opinion (les délits d’opinions étant surtout le fait des militants de gauche) comme ils aiment s’en flatter aujourd’hui !

Quand à la dignité, vous avez dit dignité ?

Les bleus de Nahda avaient promis à la jeunesse, travail et dignité qui étaient les principaux slogans de la révolution. En fait de travail, les bleus ne pensaient qu’aux leurs qu’ils ont assurés (croient ils) pour au moins une décennie. Quand à la dignité, vous avez dit dignité ? Non, ils ne voient pas ce que c’est ; ce doit être un mot de mécréants inventé par la France qui les a abrités pendant leurs années de vaches maigres, pour corrompre le peuple tunisien !

Dés leur arrivée aux pouvoirs, les bleus qui voulaient s’assurer la sympathie des chômeurs et surtout qui n’avaient pas la moindre idée de la façon de résorber cet énorme problème, puisqu’étant tous des amateurs, - soulignons en passant qu’à leur arrivée aux pouvoirs la Tunisie comptaient 491 000 chômeurs contre 850 000 aujourd’hui, on peut dire que sur ce plans là au moins, les bleus n’ont pas chômé sans aucuns jeux de mots - ils ont laissés ces jeunes installer des étals de vente sauvages, de tous produits de contrebande : cigarettes, téléphones, ainsi que tous les émade in chinaé, aux grands désespoirs des commerçants payants leurs loyers, leurs charges et leurs Impôts.

Les commerçants ne sont pas les seuls à être en colère ; il y a aussi la population qui n’a plus de trottoirs où marcher et les citoyens qui n’en peuvent plus de vivres dans des villes qui commencent à ressembler aux rues de Calcutta !

Pollution visuelle et laisser faire

Cette pollution visuelle ne dérange pas les bleus, qui ne vivent que pour conserver leurs privilèges. Mais le manque à gagner dans les caisses de l’état, dû à la baisse d’impôts, taxes et TVA en tous genres - dont l’une des raisons est la baisse du chiffre d’affaires des commerces légaux, avec en première ligne les taxes des cigarettes- a eu raison de leur insouciance et les fit redescendre, à leurs grand dam, sur la planète réalités.

Et ce qui devait arriver, arrivât, les nassabas (vendeurs de rue) se virent illico sommés de plier bagages, ou plutôt étals, sans qu’aucune une solution de rechange leur soit proposée pour palier à ce revirement de situation aussi direct que brutal.

La vice présidente de l’ANC arbore fièrement son foulard afin de passer pour une personne pieuse et charitable tout en ne gagnant que 38 fois le SMIG - ce qui n’est rien comparé à notre Tartour national (président provisoire) qui ne gagne que 107 fois le SMIG - s’accroche à son poste comme des morpions à leur nid de prédilection (mâle ou femelle, je laisse le choix aux morpions, choix assez cornéliens pour ces bestioles qui ne voient pas la différences entre les deux sexes).

Ce malheureux jeune homme à qui l’on a confisqué son étal de cigarettes de contrebande a commis cet acte horrible par désespoir. Il se trouvait dans un état grave, très grave quand il a été conduit à l'hôpital et il est décédé ce matin.

Si le Tartour se déplace à son chevet comme l’avait fait avant lui Ben Ali, cela pourrait signifier la fin des bleus comme l’a été la fin des violets, l’histoire se répétant inlassablement et éternellement !

Fumée blanche en occident, fumée bleu en Tunisie ; fumée noire partout.

Fumée blanche, fumée bleu, fumée noire
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