Front national : les premiers “mais”

Alors que le FN et ses nervis nous font leur grande parade du 1er mai, alors que de plus en plus d’électrices et d‘électeurs semblent séduits par un parti qui n’a de cesse que de pondre des “vérités” totalement erronées et profite de la détresse des plus faibles pour leur sortir des conneries sans nom, il était temps, du moins je le pense, de sortir un billet un peu argumenté pour mettre nos mononeurones en face de leurs contradictions.

Programme économique, immigration, prises de position contradictoires... Et si on faisait le tour ?

Un programme économique pour les incultes

Le Canard a passé un peu de temps sur le programme économique du FN. On entend, ici et là, que le Fn aurait changé, qu’il serait désormais fréquentable et que son programme économique tiendrait la route. Ce n’est pas l’analyse du Canard qui considère - au delà de la stupidité du programme économique et surtout des mensonges que l’on y trouve et qu’il va se faire un plaisir de développer - que le FN est autrement plus dangereux aujourd’hui qu’à l’époque du papa de La Marine.

Il est plus dangereux car, non seulement il camoufle des théories néo fascistes derrière un discours doucereux, mélange improbable de libéralisme et de léninisme, mais il permet à une majorité de béotiens d’assimiler des thèses basées sur un pseudo bon sens compréhensible par tous les gnous. Et ça, c’est de l’importation Italienne. Le MSI - ancêtre de La Ligue du Nord - a modifié son approche politique de la même manière ; en mentant éhontément sur ses buts, son idéologie et sur ses approches. Le Canard se souvient d’un cadre de La Ligue du Nord, élu national Italien au parlement, qui conseillait de “mentir” pour être élu, d’avancer “masqué” - ce sont ses termes verbatim - et seulement, ensuite, de mettre en place son idéologie, une fois élu.

Le Fn d’hier ne voulait pas le pouvoir, mais se pensait un rassemblement de la droite extrême, du catho ultra tradi jusqu’aux nationalistes révolutionnaires bouffeurs de curés, en passant par le courant monarchiste de Jean-François Chiappe et agissait afin d'insuffler à la société un minimum de thèses issues de ses courants et dont les textes de références passeraient largement au dessus des neurones du militant FN de base d’aujourd’hui. A présent que le Fn se souhaite parti de pouvoir - ou du moins de pouvoir partagé, puisqu’une alliance avec certains UMPistes est d’actualité dans les état-majors.

Alors, à électeur mononeurone ; programme économique monocellulaire. On y trouve des perles phénoménales ; ce programme « en construction » comporte beaucoup de questions renvoyées à plus tard, ce qui ne l’empêche de montrer par ses erreurs le caractère superficiel de son approche.

Salaire minimum

Ainsi, « vouloir éviter de démanteler le salaire minimum comme notre voisin allemand l’a fait ». (p.7) : l’Allemagne n’a jamais « démantelé » (tiens, tiens, une formule sémantique empruntée à la CGT…) le salaire minimum, puisqu’elle n’a jamais institué de salaire minimum généralisé (il existe des salaires minimum dans certaines branches, telle la métallurgie).

Quant au salaire minimum généralisé, il n’y a que Die Linke (parti d’extrême-gauche issu notamment de l’ancien parti communiste de la RDA) dans l’Allemagne d’aujourd’hui pour le réclamer (le SPD étant divisé sur la question) ; ce n’est pas le seul constat de « socialisme » dans le programme du FN crû 2011…

Marges des grandes surfaces

Autre sorte de mensonge ; s’attaquer aux marges indécentes des grandes surfaces : les résultats publiés des grandes surfaces (cotées en Bourse) ne font pas ressortir de profits si extraordinaires, cela se saurait… Et si les marges brutes sur certains produits sont importantes, celles sur d’autres sont nulles. Et entre la marge brute et la marge nette, il faut payer les salariés, les bâtiments, les charges et les impôts…

L’euro

Sur l’euro, en page 7, l’euro fort est critiqué parce qu’il nuit à nos exportations - dans le programme de papa Le Pen, alors que l’euro était moins fort par rapport au dollar, c’était sa faiblesse qui était critiquée… -, tout en affirmant qu’il favorise celles de l’Allemagne ! Allez comprendre.

Plus nostalgique - et incantatoire -, tu meurs ! Tout y est, du planisme d’X-Crise - finissant à Vichy - à la référence à Colbert en passant par l’appui pris sur les « ingénieurs », clin d’œil à feu-Staline… Mais ce n’est pas tout… Il faut C4 / Un Etat fort garant des services publics (p. 17) - mais oui…- La Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) consiste depuis 2007 à une réduction massive des capacités de l’Etat, dans tous les domaines …Pour un coût social très élevé… Cette voie est absurde. Il faut en sortir, en cessant le non-remplacement systématique des fonctionnaires d’Etat. (p.34)

D’ailleurs Les gouvernements UMP et PS ont largement privatisé les services publics. (Ibid.) Les vilains…

L’État stratège

L’Etat stratège aura vocation à redevenir actionnaire majoritaire ou exclusif des grandes entreprises stratégiques de service public, dans les domaines des transports et de l’énergie notamment. (Ibid.) Le secteur bancaire sera régulé autour d’un pôle public bancaire sous contrôle de l’Etat. Ce qui, il est vrai, ne changera pas grand chose, mais, la… GOSBANK, il fallait oser…

Toutes les recettes éculées de l’étatisme sont au rendez-vous :

Ateliers nationaux : rebâtir une industrie efficace et compétitive, sous l’impulsion de l’Etat stratège (p. 14)

Tarifs extérieurs : reconstitution de filières technologiques sous l’égide de l’Etat stratège et sous la protection des tarifs extérieurs rétablis. (p. 15),

Contrôle des prix : une politique de contrôle transitoire des prix pouvant être nécessaire pour limiter les effets à court terme des mesures tarifaires sur les produits ne pouvant pas être produits localement (p. 15)

Le « projet » ne s’appesantit pas – et pour cause – sur les sources de financement de ce retour arrière.

Mais attendez-vous à des lendemains fiscaux qui déchantent. En voici un aperçu.

Les impôts

Impôt progressif… fruit de la fusion entre la taxe foncière et l’ISF, sur des bases rénovées assurant la justice fiscale (p. 26)

Ainsi nous avons pour objectif d’instaurer la progressivité de l’impôt partout (p. 24) - l’impôt lourd progressif du Manifeste du Parti communiste de Karl Marx - 1848 - quel modernisme échevelé ! - La justice fiscale suppose aussi de rééquilibrer la taxation du capital et du travail : les revenus du travail doivent être moins taxés, mais le capital et les revenus du capital davantage. (Ibid.)

La dette... Mais laquelle ?

Et pour la dette, la solution est trouvée : En ce sens, l’épargne massive des Français - 17% du revenu disponible - est, dans la crise actuelle, un des atouts majeurs de notre pays. Elle peut nous permettre de rebondir, à condition de la sécuriser et de l’utiliser à bon escient en fonction des besoins du pays. L’objectif est de canaliser une partie de cette épargne vers le financement de notre dette, dans l’intérêt des épargnants et de la Nation. (p. 37).

Sécuriser l’épargne des Français, mais qui la menace ? L’utiliser à bon escient, parce que les épargnants ne savent pas ? La canaliser par quel moyen ? Que de termes galants pour annoncer une simple razzia !

D’ailleurs l’arme de l’impôt - c’est le terme employé ! - est omniprésente : le Front National propose d’utiliser l’arme de l’impôt sur les sociétés. Son taux doit être modulé en fonction de l’utilisation qui est faite des bénéfices. Plus les bénéfices vont vers les actionnaires, plus l’impôt sur les sociétés est lourd. Plus ils vont vers la participation, les salaires, l’emploi et l’investissement productif, permettant une relocalisation des activités, plus l’impôt sur les sociétés baisse. Il y a là une fonction incitative de l’impôt que nous devons utiliser. - pp. 22-23, aussi p. 25, c’est un thème récurrent…- Et comment empêchera-t-on ces actionnaires de chercher ailleurs un meilleur placement de leur argent ? Mais en fermant les frontières, voyons ! Et, comment on fait pour les fermer à de l'argent virtuel ? Ben on sait pas...

Contrôle des changes

Le contrôle des changes et des mouvements financiers est implicitement prévu : contribution exceptionnelle prélevée sur les avoirs extérieurs en euros et en autres devises des institutions financières françaises (p. 10) Où commence et où finit une institution financière ? Au nom de quoi les avoirs des seules institutions financières et non ceux des entreprises ou des ménages à l’étranger, qui, libellés en euros, bénéficieraient également de la dévaluation, ne seraient-ils pas taxés ?

Et tout cela nécessitera, naturellement, un appesantissement de la répression.

Répression

Exemple : Il faudra en particulier … condamner très fermement les employeurs ayant recours au travail au noir. (p.35) Il ne s’agit pas du "travail clandestin" des immigrés, critiqué dans le programme de papa Le Pen, mais bien du "travail au noir" des gaulois qui prive la vertueuse URSSAF de 10 à 15 milliards d’euros par an - étude d’une commission parlementaire présidée par l’UMP, évoquée, sans la citer, dans le projet -.

Tous les ingrédients d’un projet économique néofasciste sont présents. Y compris les incantations “socialisantes” du début du siècle dernier et les invectives polémiques.

Les incantations sans preuve

Comme souvent dans les écrits du Fn, les incantations sans preuve, sans source, sans chiffrage, se substituent aux démonstrations :sur la « dévaluation compétitive » (p. 10) : Il est même probable que les acteurs économiques récompenseront la France d’avoir le courage de se redonner les moyens de sa prospérité.

Sur les - nombreuses - dépenses prévues sans aucune indication sur les moyens de les financer : la vraie réponse, structurelle, se situe au niveau de la ré-industrialisation de notre pays, et de la croissance retrouvée. (p. 30).

On croirait lire Lénine dans ses explications piteuses sur la motivation dans l’économie « socialiste ».

Entre propositions démagogiques et stigmatisation des autres, le « projet économique » adopte tous les caractères du genre. Illustration :

le Front National rétablira l’échelle mobile des salaires, c’est-à-dire l’indexation automatique des salaires sur la hausse des prix, qui existe dans un certain nombre de pays (la Belgique par exemple) (p. 20), Ce qui est faux.

Les 35 heures seront conservées (p. 29), La sémantique est martiale : Etat stratège, arme de l’impôt… Les mots ne sont pas neutres.

Le serpent de mer des super profits... de 40 entreprises

Les superprofits des grands groupes du CAC 40 (p. 22) sont une injustice sociale effroyable (Ibid.), reprise en main du secteur de l’énergie par l’Etat stratège, aux dépens des directives européennes ultralibérales - lutte contre la spéculation internationale sur les produits de base via une négociation internationale et une régulation des contrats à terme. (p. 22) patrons voyous (p. 23) il faut enfin éradiquer les paradis fiscaux qui servent à loger des profits qui échappent à l’impôt (p. 23).

Superprofits, injustice sociale effroyable, ultra-libéral, spéculation, régulation, patrons voyous, paradis fiscaux, profits qui échappent à l’impôt…Un florilège.

Le Front National est-il en train de doubler Monsieur Mélanchon par la gauche ?

Que nenni !

Posture néo-fasciste qui a conduit l’Allemagne et l’Italie à la faillite

On est dans une posture typiquement néofasciste où la vacuité de la réflexion économique appliquant en miroir les théories socialo-communistes, non contradictoires avec une nostalgie corporatiste, conduit naturellement à camoufler cette vacuité derrière des propositions creuses adornées de coups de cymbales polémiques.

Alors, prenons au mot ce programme sur deux points assez compréhensibles pour tous : et d'abord au plan pratique : pour passer du franc à l’euro, il a fallu que 2 300 ouvriers travaillent pendant 10 ans pour produire plus de deux milliards de billets et sept milliards et demi de pièces. Un délai de six mois – comme l'affirme le FN – ne permettrait tout simplement pas de passer, pour les besoins de la vie quotidienne des ménages et des entreprises, d'un système monétaire à un autre.

Au plan économique et financier, le slogan "sortons de l'euro" n'est pas rassurant. Marine Le Pen promet une dévaluation du "nouveau franc" de 20 % pour relancer les exportations.

La réalité, c'est que le défaut de paiement – autrement dit la faillite – menacerait rapidement la France. D'une part, notre dette – libellée en euros, à maturité courte et détenue à plus de 60 % par des créanciers non-résidents – subirait immédiatement une hausse de 20 % : elle sera déjà à 90 % du PIB à la fin du mandat du NanoPrésident, voilà qu'elle dépasserait les 110 % !

Quant aux épargnants, soucieux de la valeur de leur patrimoine, ils placeraient illico leurs euros à l'étranger. Les banques relèveraient leurs taux d'intérêt, renchérissant l'argent pour les particuliers et les entreprises. Dans le même temps, les pays voisins ou plus lointains mettraient en place des mesures de rétorsion sur des produits comme les carburants, le cacao, le café, les bananes, la téléphonie, les écrans plasma.

Ces produits verraient leurs prix augmenter dans des proportions substantielles pendant que les marchés extérieurs nous deviendraient inaccessibles ou interdits. Et qui serait touché en priorité ? Les classes moyennes et les catégories populaires, ainsi que les PME, les artisans, les agriculteurs.

Le programme du FN parle d'immigration...

Marine Le Pen serait en voie de reproduire le 21 avril de son papa… Alimentées par la crise économique, récupérées par une certaine branche de l’UMP, les idées d’intolérance et de repli sur soi ont le vent en poupe.

Pourtant, il suffit de s’attarder quelques instants sur le programme du front national afin de s’apercevoir qu’en matière d’immigration, l’exercice ne saurait convaincre. Cette immigration constitue le fer de lance du parti frontiste, c’en est même le pilier électoral depuis 30 ans. Mais les solutions proposées reposent sur un constat plutôt bancal argumenté par des chiffres plus qu’inexacts. Mais qui vérifie les chiffres de nos jours ?

Le travail réalisé ici vise à justement confronter les arguments instrumentalisés par le front national avec la réalité des statistiques. Dans un souci d’objectivité, je me suis attaché à toujours sélectionner les sources disponibles au moment de la rédaction du programme frontiste (bien que présenté comme le programme actuel sur le site internet du Front National dont je me priverai de publier le lien ici – un moyen de ne pas leur faire de publicité au travers des algorithmes de Google – il semble qu’il n’ait pas été réactualisé depuis les présidentielles de 2007).

6 millions d’immigrés en 20 ans

6 millions : c’est le nombre des nouveaux résidents installés en France depuis 20 ans (et non pas deux millions comme le prétendait, il y a peu de temps encore, l’INSEE).

Programme du front national au 1er mai 2011 – Chapitre immigration

A en croire le front national, la France compterait 6 millions de nouveaux résidents d’origine étrangère (comprenons par là, les étrangers ainsi que les « nouveaux » français ayant acquis la nationalité) depuis 20 ans. Mais si l’on se réfère aux chiffre de l’INSEE, 6 millions, c’est justement le nombre de nouveaux résidents présents en France en 2007 (voir population selon la nationalité – INSEE), incluant de fait ceux installés depuis moins de 20 ans, comme ceux présents depuis bien plus longtemps (pour revenir au niveau de 2 millions, il est nécessaire de remonter jusqu’en… 1921…). Réduisez cette statistique aux 20 dernières années, le chiffre avancé par le FN fondra comme neige au soleil. Notons au passage qu’il a été impossible de retrouver toute trace d’une étude ciblant plus particulièrement les 20 dernières années auprès de l’INSEE, mais ça, c’est comme pour tout avec le FN, on laisse penser que la source est celle qui est citée, mais en y regardant de plus près, l’INSEE, ce n’est que le gros méchant qui mentait autrefois sur ses statistiques, alors que « nos 6 millions à nous », rien ne dit qu’on ne les a pas sortis d’une belle soupe maison.

Jusqu’à 500 000 nouveaux arrivants chaque année en France

400 000 à 500 000: C’est le nombre de nouveaux immigrés qui entrent chaque année sur le territoire national dont 300 000 en situation régulière selon l’OCDE.

Programme du front national au 1er mai 2011 – Chapitre immigration

Référons nous à l’OCDE (source: International migration database), et la surprise est de taille, car il n’y est pas question de 400 000 à 500 000 immigrés entrés en France en 2007, mais très exactement 128 882 (seulement). Et quant bien même le front national souhaiterait surfer sur une officielle méconnaissance de l’immigration clandestine, 128 882 au lieu de 300 000, c’est tout de même une erreur d’exactement 132.77%. Comparée à d’autres pays, la France ne s’en sort finalement pas si mal!

Et si, toujours afin de comparer ce qui peut l’être, nous ramenions cet afflux d’immigration au nombre d’habitants de chaque pays (source: OCDE – General statistics), on s’apercevrait alors qu’avec seulement 0.21% de la population totale, la France est bien loin de constituer une destination d’immigration massive… Même les Etats Unis pourtant ultra sécuritaires nous devancent. Et que dire du Luxembourg…

Le rapport Milloz "prouve" le gouffre financier de l’immigration

40 millions d’euros: C’est le montant du déficit annuel dû à l’immigration si on se réfère à l’actualisation 2005 du rapport Milloz, jamais réellement contredit.

Programme du front national au 1er mai 2011 – Chapitre immigration

L’arme secrète du Front National: Les rapports d’économistes « maison ». Car Pierre Milloz milite pour les idées du parti. En 2002, il apporte sa signature d’élu au parrainage de la campagne de Jean Marie Le Pen. Il est d’ailleurs membre du conseil scientifique du Front National (source: Wikipedia), et occupe les fonctions de secrétaire au sein du club de l’horloge (ce petit club très privé réunissant des politiques de l’UMP et d’extrême droite et ayant envisagé une alliance entre ces deux partis sous couvert de l’abandon des positions les plus extrêmes du FN).De quelle objectivité a pu faire preuve Monsieur Milloz dans la rédaction de son rapport? Nous avons vu que lorsqu’il est questions de chiffres, le FN n’a aucun complexe à falsifier!

Quant au fait que ce rapport n’ait jamais été réellement contredit, notons tout de même la parution en 1998 d’un ouvrage intitulé « face au front national, arguments pour une contre offensive » écrit conjointement par Pierre André Taguieff (historien, politologue et philosophe dont la notoriété n’est plus à faire) et Michèle Tribalat (démographe) en réponse aux premiers écrits de Monsieur Milloz.

Evaluer un bilan financier fiable lié à l’immigration constitue un exercice difficile tant il requiert un regard global sur la société. L’économie liée à l’immigration, c’est un mélange de dépenses et recettes directes, mais aussi indirectes (l’aspect le plus difficile à estimer). Une étude crédible se doit par conséquent de ne jamais omettre les paramètres suivants:

- la population immigrée consomme, mais les retombées en matière de TVA, points d’indices de croissance liés à cette consommation, sont difficiles à évaluer fidèlement,
- un immigrant est souvent une personne jeune, active, et déjà formée d’un point de vue professionnel (l’immigration française est fortement d’origine européenne).

- Un travailleur immigré participe à la diffusion d’idées, de savoirs et de technologies, ceci contribue activement au développement économique et industriel,
- la population immigrée travaille et aide à prendre le relai en finançant les retraites d’une France vieillissante,
- l’immigration engendre des les retombées culturelles et artistiques de part la diversité sociale qu’elle permet,
- l’immigration est indissociable d’une émigration française à l’étranger, refuser une certaine immigration, c’est fermer la porte à la présence ailleurs de plus de 2.2 millions d’expatriés (source: La Tribune) qui y servent souvent des intérêts français (quid de l’approvisionnement énergétique française au travers de ce que certains qualifient de pillage des ressources en uranium au Niger, ou du pétrole gabonais?).

Selon un rapport du sénat, le coût des reconduites à la frontière s’est élevé à 415,2 millions d’euros en 2009, soit 20970 euros par personne reconduite. Il s’agit de dépenses non négligeables qui doivent entrer en ligne de compte dès lors qu’on prône une politique plus répressive encore.

Autant de paramètres éclairant sur la complexité d’un chiffrage exhaustif, et qui mettent en lumière que les seuls arguments avancés par une personne comme monsieur Milloz et ses trop nombreuses affinités avec le FN ne peuvent certainement pas servir de support à un rapport éclairé. D'ailleurs, c'est de ce chiffrage dont part le Fn pour construire son argumentaire sur la dette

L’immigration plombe les budgets de la sécurité sociale

700 millions d’euros: C’est le coût annuel de l’Aide médicale d’Etat (AME) réservés aux étrangers en situation illégale.

Programme du front national au 1er mai 2011 – Chapitre immigration

Le front national se garde bien de citer ses sources, il n’a pas non plus été possible de confirmer ce chiffre au travers de recherches sur la toile. Par contre, un rapport de l’inspection générale des affaires sociales intitulé « analyse de l’évolution des dépenses liées à l’aide médicale d’état (AME)« chiffre le montant de cette AME à 524M€ en 2007, en relevant une importante évolution de ces dépenses au cours des dernières années.La charge est élevée, certes, mais bien en deçà de ce qu’affirme le front national.

L’argument du FN vise à convaincre sur l’impératif de supprimer cette AME pour les étrangers, mais le rapport des affaires sociales pointe justement la nécessité d’une prise en charge médicale rapide et gratuite comme bénéfique en matière de santé publique: « Retarder une prise en charge médicale et un retour tardif à l’hôpital » ne se révélera que « nettement plus couteux« , sans parler des « risques sanitaires sérieux du fait des retards » auxquels peuvent alors être exposés un ensemble de la population (tuberculose, autre…).

Cette nécessité d’un système médical efficace au profit des plus défavorisés ne concerne pas que la population immigrée, bien qu’elle en inclue une certaine minorité. Leur fermer l’accès à une médecine « de droit » comme le souhaiterait le FN n’n'aura pour unique conséquence que l’augmentation à moyen terme des dépenses globales de santé.

Les prisons françaises sont remplies d’immigrés

25%: C’est le taux moyen annuel de la population étrangère en milieu carcéral, un taux qui avoisine probablement les 70% si l’on prend en compte toute la population d’origine immigrée.

Programme du front national au 1er mai 2011 – Chapitre immigration

Ici encore, aucune source n’est citée, cela donne tellement de libertés pour sortir du chapeau les chiffres les plus fantasmagoriques qui soient. Le FN joue encore une fois sur les doubles sens: Parle t-on de 70% d’une population carcérale d’origine immigrée, ou alors 70% d’une population d’origine immigrée en milieu carcéral. La vérité est que l’INSEE évaluait la population carcérale à 60 403 personnes pour l’année 2007, dont 19.7% d’étrangers (soit environ 11900 individus). Rapporté aux 3.6 millions d’étrangers présents sur le territoire français en 2007, nous obtenons… 0.33% de la population d’origine étrangère incarcérée en France!

Tout est histoire de chiffres et de points de vue, mais quel que soit l’angle sous lequel on aborde ces chiffres, le FN reste bien éloigné de la vérité… Comme toujours…

Les immigrés volent le pain des français

5%: C’est le taux d’étrangers qui rentrent en France avec un contrat de travail, ce qui signifie que 95% entrent sans.

Programme du front national au 1er mai 2011 – Chapitre immigration

Un argument purement inutile, puisqu’il ne veut rien dire, et il n’est encore une fois appuyé par aucune référence. S’agit-il de statistiques officielles ou de fantasmes maison? De quel type d’entrées sur le territoire parle t-on, car outre le visa « travail », il existe des visas « etudiants », « conjoints », voire « retraités ». Alors, réjouissons nous plutôt de voir une france soit si attractive pour les touristes du monde entier, parce que ça, c’est bon pour notre économie!

Les immigrés sont tous des fainéants

50% des bénéficiaires du RMI sont des étrangers.

Programme du front national au 1er mai 2011 – Chapitre immigration

Le RMI est mort, vive le RSA (oui ce programme du front national n’a pas été réactualisé depuis quelques années), mais pour ce qui est de l’année 2006, une enquête de la DREES publiée en 2009 notait que seuls 19% des bénéficiaires du RMI étaient étrangers. Peut être les chiffres du Front National incluaient-ils également les 14% de descendants d’immigrés (il serait alors honnête de le préciser), mais là encore, nous sommes loin du compte. Evidemment, la source du FN n’est une nouvelle fois pas citée, on ne peut que se fier aux statistiques officielles.

Marine Le Pen n’est pas votre amie

Les flux migratoires doivent être gérés par les gouvernements du monde entier. C’est un fait. Mais lorsqu’on prétend proposer des solutions adaptées à la situation, encore faut il partir d’un constat juste. Le front national en est bien loin, son programme ne se fonde que sur un ramassis de mensonges destinés à engendrer une peur irrationnelle de l’étranger.

L’instrumentalisation des chiffres par Marine Le Pen et ses amis décrédibilise l’ensemble de son projet. Sans cette capacité à poser un regard honnête et réaliste sur notre société, un parti politique n’a aucune légitimité à exposer ses réponses si ce n’est gesticuler seul dans son coin en mode clownesque. Nous l’avons vu, l’immigration ne représente pas le problème majeur de la France, mais admettre cet état de fait signifierait l’effondrement du front national puisqu’il s’agit là de son unique fond de commerce, un bien mauvais populisme.

Tant de mensonges ne peuvent être le fait d’une relation de confiance, ce qui intéresse Marine Le Pen chez un électeur, ça n’est que l’éventualité d’un vote FN. Pour ce qui est du respect, gageons que cet électeur ne bénéficie pas plus d’égards qu’une personne d’origine étrangère… Alors pourquoi ce genre de personnes devraient bénéficier de votre voix?

Mais au fond, cet irrespect pour l’électeur n’est que l’image des ambitions secrètes du FN, bien plus proches de la monarchie que d’une démocratie au vu de la récente mascarade électorale lors de la succession de la tête du parti (il faut reconnaitre que la candidature de Bruno Gollnish n’était qu’un faire valoir démocratique, tant chacun de ses partisans influents se sont faits exclure l’un après l’autre).

Quant à ceux qui instrumentalisent l’intolérance sans oser étayer leurs actes par quelque argument que ce soit aussi ridicule soit-il, suivez mon regard avec en ligne de mire messieurs Guéant et Sarkozy ainsi que leurs amis les plus radicaux au sein de l’UMP, cela n’a pas plus de valeur, qu’ils aillent eux aussi se noyer dans leur puits sans fond.

L’immigration vu par le FN : une contre vérité

Immigrés italiens à Marseille

L'ensemble des personnes « issues de l'immigration » vivant en France ne constituent pas une petite minorité. 

En 2010, on estime que l'ensemble des étrangers, des immigrés et de leurs descendants résidant en France totalisent environ 11,7 millions de personnes, soit près d'un cinquième de la population (voir la source). Ils forment donc une composante très importante de la population, ce qui est un fait ancien en France, pays dont le développement industriel s'est fait depuis le 19ème siècle grâce à l'immigration (italienne, belge, polonaise, portugaise, maghrébine, africaine sub-saharienne, etc.).

Le nombre de jeunes pratiquant régulièrement la délinquance constitue au contraire une petite minorité. 

Donnons quelques ordres de grandeur en prenant pour point de repère le nombre total de mineurs et de jeunes majeurs suivis au titre de la délinquance au cours d'une année par la Protection Judiciaire de la Jeunesse et par le secteur associatif habilité : environ 170 000 jeunes en 2010 (voir la source ici). Et admettons pour simple raisonnement que la moitié de cette population sont des jeunes « descendants d'immigrés » (cela peut être davantage dans les agglomérations des régions industrielles, mais moins d'autres territoires). Cela ferait donc 85 000 jeunes.

Ce calcul n'est qu'une approximation. Le but est de montrer l'écart existant entre d'une côté quelques dizaines de milliers de personnes et de l'autre côté plusieurs millions. Ainsi, chez les immigrés et leurs enfants, comme dans le reste de la population, la délinquance ne concerne qu'une petite part de personnes ou de familles. C'est une évidence à l'échelle nationale mais c'est également vrai à l'échelle locale. 

La délinquance et l’immigration : le subterfuge ultime

la facilité

Dans n'importe quelle ville de France, les jeunes engagés dans la délinquance sont une minorité, même à l'échelle de leur quartier et même à l'échelle d'un quartier « sensible » à très mauvaise réputation. A contrario, il est dès lors évident 

- que les immigrés et leurs enfants sont très majoritairement des personnes respectant la loi, 

- que la délinquance de certains jeunes descendants d'immigrés récents s'explique par d'autres facteurs que cette origine. Les études montrent ainsi que cette délinquance s'explique en réalité par les mêmes facteurs que ceux qui ont toujours expliqué la délinquance des jeunes quelle que soit leur origine : ruptures familiales, échecs scolaires, effets d'entraînement dans des « bandes » au sein de quartiers concentrant les problèmes...

Donc, si délinquance = immigration ; il n’y aurait que peux de crimes et de délits en France

Au final, en toute logique, si la délinquance avait quelque chose à voir avec la condition de migrant ou de descendant de migrant en général, elle devrait concerner peu ou prou toutes ces populations. 

Si ceux qui soutiennent ces hypothèses n'avaient pas des peurs non maîtrisées ou des préjugés idéologiques, ils comprendraient qu'on ne peut pas expliquer le comportement particulier de quelques uns par une caractéristique générale de toute une population (ils comprendraient peut-être même que procéder à cette généralisation est justement le propre du raisonnement raciste).

Voilà pourquoi toutes ces affirmations ou ces allusions sur le lien supposé fondamental entre délinquance et immigration sont fausses à la base. Si nous étions logiques et raisonnables, elles seraient d'emblée écartées comme constituant de grossières erreurs de raisonnement. C'est qu'il s'agit en réalité non pas de raisonnements mais de peurs et d'émotions manipulées par certains à des fins politiques.

Un bouquin à lire d’urgence : “l’invention de la violence” par Laurent Mucchielli

“l’invention de la violence” par Laurent Mucchielli

À en croire le discours ambiant, nous vivons dans une société très violente. Instrumentalisée à coups de statistiques douteuses par les discours politiques, entretenue en permanence par le traitement médiatique des faits divers, l’émotion emporte tout sur son passage. De l’insulte au meurtre, tout est appelé « violence ». Chacun y va de sa solution et de son bouc émissaire (les étrangers ! les jeunes ! les malades mentaux !). Le sentiment d’insécurité grandit et, obnubilés par la peur, nous sommes séduits par le vieux refrain du « c’était mieux avant ».

Laurent Mucchielli pose sur ces questions un diagnostic scientifique, objectif et impartial. Il révèle que cette fameuse « explosion de la violence » est un mythe produit par une société amnésique. Quels sont les actes délinquants les plus fréquents en France aujourd’hui ? Qui en sont les victimes, les coupables ? Et si notre société est globalement moins violente qu’autrefois, d’où vient ce sentiment envahissant d’insécurité et d’impuissance face à la délinquance ? 

Le sociologue montre ce que ces actes et ces sentiments révèlent de l’état de notre société – l’évolution des valeurs, les inégalités croissantes de richesse, les façons d’habiter villes et villages, les drames familiaux, l’ampleur du chômage, la ghettoïsation de certains quartiers – et ce qu’ils disent finalement de notre « vivre ensemble ». 

Avec clarté et brio, Laurent Mucchielli met à la portée de tous une synthèse magistrale des connaissances scientifiques disponibles sur ces questions de société essentielles.

la France est le pays Européen qui à les règles les plus strictes concernant les autorisations de séjour

Titre de séjour en France

Le thème ne fait pas bander Le Canard plus que ça. Ecrire sur un sujet lié à la misère humaine, au fait que des populations ne puissent vivre paisiblement chez elle, et être obligé de se barrer “ailleurs”.

Mais voilà... Y’a des gens, des français sans doute de souche - que cette expression est débile... - qui pensent qu’un apport extérieur fout le bordel, qui croient que nos banlieues sont des repères de voyous immigrés qui ne cherchent qu’à imposer islam, cannabis, racket, niqab - vous mettez ça dans l’ordre que vous voulez... -. Et, puisqu’il faut toujours se justifier dans ses connaissances sur un sujet ; Le Canard, en ces années de jeunes adultes, donna des cours de français et d’histoire dans trois cités référencées de “non droit”, dans le cadre d’une association qu’il avait monté avec quelques copains. Il y retourne quelques fois, lorsqu’il monte dans la capitale, puisqu’il y a conservé de fortes amitiés.

N'en déplaise aux connards : la France est le pays Européen qui à les règles les plus strictes concernant les autorisations de séjour délivrées pour motif familial

On va déjà commencer par une réalité, un truc acquis, mais qui, à priori, ne semble pas avoir été intégré par beaucoup ; la France est le pays Européen qui à les règles les plus strictes concernant les autorisations de séjour délivrées pour motif familial. Les demandes issues de cette catégorie étant les deuxièmes plus nombreuses. En 2010, 203 017 autorisations de long séjour ont été accordées, contre 185 988 en 2005, selon l'Office français de l'immigration et de l'intégration  - Ofii -. 

Entre 2005 et 2010, les chiffres de l'immigration légale ont été boostés par le nombre croissant d'étudiants étrangers. Ils étaient près de 45 000 en 2005 et plus de 65 000 en 2010, soit une augmentation de 47%. A l'inverse, le nombre de réfugiés a diminué de près de 30% en cinq ans, passant de 12 000 à moins de 8500.  

En cinq ans (2005-2010), l'immigration légale pour motif familial a enregistré une baisse de 10%. Le durcissement des conditions du regroupement familial - 15 000 personnes en 2010 - explique en partie cette diminution.  

L'immigration pour motif économique, qui représente plus de 31 000 titres de séjour en 2010, doit retomber à 20 000 par an, selon le ministre de l'intérieur de l'époque, Claude Guéant. Sa consoeur à l'Economie n'est pas du même avis. "Dans le long terme, on aura besoin de main d'oeuvre, on aura besoin d'effectifs salariés formés", délarait Christine Lagarde quand elle ne dirigeait pas le FMI. "En ce qui concerne l'immigration qui est légale, évidemment, il faut qu'elle soit protégée et sécurisée", ajoutait elle.  

Immigration ; une histoire de... France

Soldats des colonies françaises, sous le statut du code de l'indigénat

Quelques précisions toutefois ; avant l'apparition des moyens de locomotion mécaniques modernes - train, voiture, avion, etc. - les migrations furent essentiellement régionales, les registres paroissiaux en France démontrent que les origines des immigrés de chaque village ne dépassèrent guère un rayon de quinze kilomètres. 

Le mode de vie sédentaire impose généralement un espace de vie d'un rayon de 7 km : jusqu'au début du XIXe siècle pour une grande partie de la population, ayant pour seul mode de transport la marche, la vie se déroulait entièrement dans cet espace. Les échanges de produits se font alors de proche en proche, 90 % des produits disponibles sont produits dans un rayon de 7 km. 

Cette proximité est également à la base des premiers découpages politiques en France. À la fin du XVIIIe siècle, le découpage du territoire français en communes se fait sur la base de la distance parcourue à pied en une journée. À l'époque, on parlait même d'immigré quand une personne venait du village voisin le plus proche, les mariages inter-villages étant alors mal vus. A notre époque, avec le rapprochement des distances qu’implique l’évolution des transports, il est malheureux de se rendre compte que les mentalités n’évoluent pas aussi vite.

Le droit du sol ; historiquement le nôtre

Pendant l’Ancien Régime, le statut des personnes d’origine étrangère est marqué par la prédominance du droit du sol. Le 23 février 1515, un arrêt du Parlement de Paris autorise ainsi le « droit de succéder » à toute personne née en France de parents étrangers. 

Le droit du sang s’y ajoute toutefois afin de permettre à un enfant né dans un pays étranger d’un père français de venir s’installer en France. Le XIXe siècle développe la conception juridique et politique du terme « étranger » à mesure que s'affirme celle de la « nationalité ». 

Le Premier Empire restreint le droit du sol et fait dépendre la nationalité de la personne et non du lieu de résidence. Toutefois le droit du sol est rétabli en plusieurs étapes : une loi de 1851 déclare Français l’enfant né en France d’un étranger lui-même né en France, tandis que, sous la Troisième République, la loi du 26 juin 1889 assure la nationalité française à tous les étrangers nés en France et parvenus à leur majorité. Cette conception du droit de sol restera un fondement du droit de l’immigration en France jusqu’aux dernières années du xxe siècle - loi du 22 juillet 1993 -.

À partir du XVIIIe siècle, la croissance démographique de la France ralentit. La Belgique et la Suisse fournissent alors les plus gros contingents d'immigrants en tant que « travailleurs étrangers », mais au XIXe siècle, leur croissance démographique commence à rejoindre celle de la France. C'est alors que l'immigration italienne, pays à forte croissance démographique, prend le relais, le statut de Nice et de la Savoie - annexés en 1860 par Napoléon III - favorisant les mouvements transfrontaliers.

L'immigration fait parti de l'histoire de France, bien plus que les baltringues nationalistes

À partir de 1851, l'État intègre dans le recensement des données concernant la nationalité et le lieu de naissance, fournissant ainsi une base pour estimer le nombre et la proportion des étrangers en France. L'administration recense alors 380 000 étrangers, dont 63 000 Italiens. Les Italiens sont plus de 100 000 à la fin du Second Empire ; 163 000 en 1876 ; 240 000 en 1881 et 330 000 au tournant du siècle. 

En 1911, ils deviennent le premier groupe d'immigrants en France, dépassant les Belges : les Italiens constituent alors 36 % des immigrants en France et 1 % de la population totale. Ces chiffres, de plus, n'incluent pas les migrations saisonnières, qui représentent la plus grosse partie des mouvements transalpins. Venus de l'Italie septentrionale - Piémont, Lombardie, Émilie-Romagne, Val d'Aoste -, les migrants s'installent davantage dans la zone frontalière : Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, Corse, mais aussi dans le Rhône, en Savoie, et en Isère. Le département de la Seine, qui compte 24 000 Italiens en 1896, est le troisième pôle d'émigration pour les Italiens. Un quart de la population niçoise est italienne en 1896.

Marseille, carrefour culturel depuis l'Antiquité, est un autre grand pôle d'accueil. La ville s'industrialise rapidement à partir des années 1870, avec le développement du secteur portuaire. Entre 1872 et 1911, la ville accueille plus de 250 000 personnes. À la veille de la Première Guerre mondiale, elle compte une population de 550 000 habitants, dont un peu plus de 100 000 étrangers : essentiellement des Italiens - 75 % des étrangers et à peu près un cinquième de la population marseillaise -, mais aussi des Espagnols - Picasso s'installe à Paris en 1905 -, des Arméniens,... Louis Massignon souligne aussi la présence d'une centaine de commerçants et colporteurs Kabyles à Marseille dans les années 1830.

La lutte contre l'immigration en France : le combat des simples d'esprit

Dès le XIXe siècle, l'immigration venant des colonies commence également. Les immigrés d'Afrique du Nord sont quelques centaines vers 1895 - tel l'arrière grand-père marocain de la chanteuse Edith Piaf -. C'est toutefois avec la première guerre mondiale que se déclenche vraiment l'immigration maghrébine en France.

Parallèlement à cet afflux migratoire, favorisé en outre par la politique du droit d'asile, la France jouant le rôle, au xixe siècle, des Pays-Bas aux XVIIe et XVIIIe siècles, la société française connaît des élans nationalistes - affaire Dreyfus, crise boulangiste et développement des ligues d'extrême-droite telles que la Ligue de la patrie française ou la Ligue des patriotes, antisémite et xénophobe -.

Peu de temps avant que n'éclate l'affaire Dreyfus, un pogrom contre des ouvriers italiens, travaillant dans les salins de Peccais, a lieu à Aigues-Mortes, les 16 et 17 août 1893 - huit morts et quarante-neuf blessés -. Déjà, en 1881, après la signature du traité du Bardo faisant passer la Tunisie sous l'influence de la France, un pogrom contre les Italiens avait eu lieu à Marseille : les Vêpres marseillaises font alors trois morts et vingt-et-un blessés.

Manifestation de catholiques intégristes contre le "mariage pour tous"

Le Fn n’est plus en odeur de sainteté chez les cathos tradis

La réponse est malheureusement simple ; parce que les sondages montrent que les électeurs, sympathisants et adhérents FN sont, dans leur grande majorité, favorables au mariage pour tous. Et c’est logique, en fait, puisque depuis la main mise de la fille Le Pen sur le parti, les valeurs de ce dernier ont laissé de côté les principes traditionalistes que papa Le Pen conservait, malgré le fait qu’il n’y ait jamais, à titre personnel, adhéré, afin de conserver les petits mouvements de l’extrême-droite religieuse dans le giron FN.

Or, depuis le vote des militants en faveur de la présidence Marine Le Pen,  excluant de facto le représentant de ces mouvements ; ces derniers ont plus ou moins quitté la grande famille du FN, pour se rapprocher d’autres mouvements. Le Fn n’est plus vraiment en odeur de sainteté dans la mouvance catho tradi. Des responsables dépassés par leur électorat

Ainsi, même dans le cas où les mamamouchis FN seraient plutôt contre le mariage pour tous, il ne serait pas électoralement rentable pour eux d’aller dans une manif qui contredirait le positionnement de ses nouveaux militants.  Car, le problème pour le Fn, c’est que partant d’une base très cultivée  politiquement et socialement dans les vingt premières années de vie du mouvement, il arrive aujourd’hui avec une base militante plutôt enclin aux discussions de comptoir. Il suffit de constater les nombreux posts de ces derniers sur les réseaux sociaux et sur les commentaires ouverts des organes de presse pour se rendre compte de leur inculture, tant au niveau des idées que sur la syntaxe qu’ils emploient. 

Les militants de comptoir

On peut penser ce que l’on veut du Fn, mais jamais ni Jean-Pierre Stirbois, ni Yann Piat, ni François Duprat, ni même Jean-François Chiappe, “patron” de la mouvance monarchiste du Fn dans les années 70, n’auraient toléré ce genre de militants de comptoir, préférant faire moins de voix, mais garder un minimum de cohérence quant à leurs idées fondatrices. Ce n’est pas le cas de la direction actuelle du Fn et c’est là qu’elle est bien plus dangereuse ; elle s’adresse à celle et ceux qui sont les plus faibles culturellement et à qui on peut tout faire croire. Sauf que, cela implique de mettre dans sa poche pas mal de valeurs, mouchoir dessus, pour les dirigeants du Fn, dépassés par leur électorat.

Front national : les premiers “mais”

plomberie paris 18eme 29/01/2015 16:44

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