Françoise Seligmann : décès d’une « indignée »

Moins médiatique, mais toute aussi, une empreinte dans l'histoire de notre pays, Françoise Seligmann, est décédée le même jour que Stéphane Hessel (voir notre billet à ce propos).

Elle était avant tout une femme éprise de justice, du respect du droit d'autrui et une grande démocrate et humaniste.

Résistante, femme politique, militante féministe et défenseuse des droits de l’homme, au cours de sa vie, elle a été de tous les combats.

Née à Marseille le 9 juin 1919, Françoise Seligmann s’est engagée dans la résistance en 1941, dans les rangs du mouvement Combat. Cinq ans plus tard, elle fonde le journal « La Française », hebdomadaire auquel collabore Albert Camus. Militante à la Ligue des droits de l’homme, elle en occupe le poste de vice-présidente de 1970 à 1994. Toute sa vie elle accompagne la gauche française.

Après avoir adhéré au Parti socialiste en 1974, elle participe à la campagne électorale de François Mitterrand. Du fait de son engagement, elle était très proche de nombre de personnalités du PS. Son combat contre « les événements d'Algérie », dénoncés avec force, sont une des nombreuses batailles qu'elle a menées au cours de sa vie. Née en 1920, elle avait 20 ans en 1940, quand sa famille, à Marseille, a subi les conséquences des persécutions antijuives, et qu’elle a commencé son « long chemin d’inconditionnelle de la liberté ». rès vite, elle fit le choix de rejoindre la Résistance, où elle a rencontré la fraternité et la solidarité de tous ces anonymes qui lui ont permis de construire, pour les personnes recherchées, une filière d’évasion à travers la frontière suisse.

Avec Claude Bourdet, dans le mouvement Combat, elle s’est jetée dans la lutte clandestine, parcourant la France de part en part pour ses missions. C’est là qu’elle a rencontré celui qui partagea sa vie et ses engagements, François-Gérard Seligmann.

Dès les lendemains de la Libération, où elle a travaillé avec Albert Camus au journal Combat, elle a, à l’occasion de son combat pour la liberté des enfants Finaly (fils de médecins juifs autrichiens morts en déportation à qui ceux qui les avaient cachés voulaient donner une éducation catholique alors que des parents survivants souhaitaient les élever), rejoint la Ligue des droits de l’Homme, devenant en 1949 la présidente d’une section parisienne dont elle est restée membre jusqu’à sa mort. Elle expliquait, dans son livre Liberté quand tu nous tiens : « Nous devons adhérer à la ligue des droits de l’Homme. Ce n’est pas un parti politique. C’est une organisation qui défend les idées pour lesquelles nous nous sommes battus pendant l’Occupation ».

Élue à son Comité central en 1954, puis vice-présidente, elle a été élue présidente d’honneur lorsqu’elle a atteint la limite d’âge, en 1994. A la mort de son mari, en mémoire des combats qu’ils avaient menés ensemble contre le nazisme, elle crée la Fondation Seligmann dont l’objet est d’« œuvrer pour la victoire de la raison et de la tolérance, et promouvoir le rapprochement entre les citoyens et résidents étrangers de toutes origines rassemblés sur le sol français »

Hommage à cette grande dame est rendu ce jour par le Kiosque aux Canards.

Alors pour tous ceux qui ignoraient son existence, ses combats, son engagement, je vous conseille lecture de son livre : Liberté quand tu nous tiens . Elle a retrouvé Stéphane Hessel au paradis des démocrates et des indignés.

Françoise Seligmann : décès d’une « indignée »
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