Festival du film américain de Deauville. 39ème édition.

En 1975, nait le Festival du Cinéma Américain de Deauville sous l’impulsion de Lionel Chouchan et d’André Halimi, et avec les soutiens enthousiastes du Maire d’alors, Michel d'Ornano, et de Lucien Barrière, PDG du groupe Barrière. Aujourd’hui son objectif est d’aider a` la diffusion et la promotion sur le marché européen de films américains indépendants. Depuis sa création, il est le rendez-vous incontournable de la rentrée cinématographique avec la présentation de plus de 100 films et la présence de stars américaines du grand écran, acteurs et réalisateurs. Vincent Lindon succèdera à Sandrine Bonnaire à la présidence du Jury du Festival pour cette 39e édition, l'actrice Valérie Donzelli sera présidente du Jury Révélation Cartier.

L'âge de raison

Le 39e festival du cinéma américain de Deauville (Calvados) s'est ouvert vendredi soir en présence de Michael Douglas et Steven Soderbergh, respectivement acteur et réalisateur du film d'ouverture "Ma vie avec Liberace", ovationnés lors de la cérémonie d'ouverture.

Film d'ouverture du 39ème de Deauville

Ma vie avec Liberace

Synopsis

« Avant Elvis, Elton John et Madonna, il y a eu Liberace : pianiste virtuose, artiste exubérant, bête de scène et des plateaux télévisés. Liberace affectionnait la démesure et cultivait l'excès, sur scène et hors scène. Un jour de l'été 1977, le bel et jeune Scott Thorson pénétra dans sa loge et, malgré la différence d'âge et de milieu social, les deux hommes entamèrent une liaison secrète qui allait durer cinq ans. "Ma Vie avec Liberace" narre les coulisses de cette relation orageuse, de leur rencontre au Las Vegas Hilton à leur douloureuse rupture publique.

"Liberace était plus grand qu'Elvis. Lady Gaga et Elton John ont appris de lui", a déclaré sur le tapis rouge Michael Douglas, présent pour la 4e fois au festival où il a raconté avoir rencontré sa femme. Ce festival "C'est le plus grand cadeau que la France peut donner après la statue de la Liberté", a-t-il affirmé.

Steven Soderbergh, en cravate mauve à fleurs, a confirmé sur le tapis rouge son désir exprimé au festival de Cannes de faire "plus de télévision", déclarant que ce choix lui apportait plus de liberté. "Si ça en restait là, ça m'irait", a-t-il dit à propos du cinéma.

"Le cinéma fait partie de l'ADN français et de l'ADN américain plus qu'ailleurs au monde. Ils sont nés ensemble, c'est pour ça que j'aime venir à Deauville", a-t-il ajouté lors de la cérémonie.

John Travolta est également attendu sur les planches, ainsi que Nicolas Cage, l'Australienne Cate Blanchett, arrivée dès vendredi soir, ou encore Forest Whitaker et Jamie Foxx. Au total environ 70 projections sont annoncées.

14 films en lice

Quatorze films concourent cette année pour le Grand prix du jury, présidé par Vincent Lindon, avec notamment à ses côtés la chanteuse Lou Doillon et l'écrivain Jean Echenoz, qui sera remis samedi 7 septembre.

"Je suis fou de joie d'être là ce soir" a lancé Vincent Lindon lors de la cérémonie, rendant hommage à la "sublime carrière" de Michael Douglas, l'homme "le plus courageux d'Hollywood". Reparti bredouille de Cannes avec "Ma vie avec Liberace", produit pour la télévision américaine, Soderbergh présente son film peu avant sa sortie en France le 18 septembre. Michael Douglas y joue le rôle du pianiste virtuose et roi du kitsch, Liberace. A ses côtés Matt Damon y incarne son amant. Soderbergh et Douglas donneront une conférence de presse samedi à Deauville.

Stars et hommages

Parmi les films en compétition son attendus "Fruitvale Station" de Ryan Coogler (Grand prix du jury au festival de Sundance 2013), "All is lost", deuxième film de J. C. Chandor avec Robert Redford, ou "Shérif Jackson", deuxième film de Logan et Noah Miller avec Ed Harris.

Concourent également à Deauville "Blue caprice" du Français et New-Yorkais d'adoption Alexandre Moors sur la genèse de la violence aux Etats-Unis, "Night Moves" de Kelly Reichardt, en compétition également à La Mostra de Venise qui s'ouvre mercredi, ou "Short term 12" de Destin Cretton, trois fois primé à Locarno.

Un hommage sera rendu à l'acteur, chanteur, danseur et producteur américain John Travolta, dont les festivaliers pourront revoir bon nombre de films. Il vient également présenter le film "Killing Season" de Mark Steven Johnson, avec également Robert De Niro, qui doit sortir prochainement en France.

Le festival rendra aussi hommage à Nicolas Cage qui présentera lundi "Joe" de David Gordon Green, hors compétition à Deauville mais en compétition à Venise.

Cate Blanchett, oscarisée en 2005 pour "Aviator", présentera samedi "Blue Jasmine" de Woody Allen (hors compétition), avant sa sortie en France le 25 septembre.

L'acteur Forest Whitaker ("Good morning Vietnam", "Ghost Dog") foulera les planches de Deauville samedi et Jamie Foxx ("Django Unchained", de Quentin Tarantino) est attendu dimanche.

Le réalisateur Larry Clark, dont tous les films seront proposés, est annoncé jeudi 5 septembre.

Parmi les documentaires, Deauville propose "Dancing in Jaffa" de Hilla Medalia, sur un projet de faire danser ensemble enfants palestiniens et israéliens, ou encore "Inequality for all" de Jacob Kornbluth, sur Robert Reich, l'ancien secrétaire au Travail sous Bill Clinton, et sa conviction que l'accroissement des inégalités salariales est l'une des menaces les plus graves pour l'économie et la démocratie.

Enfin en clôture Deauville offrira "le Transperceneige", adaptation au cinéma de la bande dessinée éponyme par le Sud-Coréen Bong Joon-Ho. Le film doit sortir le 30 octobre en France. Ce sera l'une de ses premières projections hors de Corée du Sud.

Une exploration de la société américaine : « USA in deep »

Le Festival du Cinéma Américain de Deauville continue d’explorer à travers la société américaine la vie des héros qui nous inspirent ou qui nous ressemblent. La compétition, les premières, les documentaires, montrent à l’évidence des héros fatigués, démotivés, mais curieux de comprendre ce qu’ils vivent et cherchant dans l’épreuve l’affrontement nécessaire avec eux-mêmes. Cela sera le ressort scénaristique d’une grande partie des fictions. En quête d’identité, les personnages de MA VIE AVEC LIBERACE, BLUE JASMINE ou WHITE HOUSE DOWN, RUSH, JOE pour ne citer qu’eux, témoignent de cette vérité.

La compétition, elle, toujours dans cette quête de références, cherchera dans les racines de la ruralité américaine le sens à donner à l’existence, montrant que les pieds dans la boue valent thérapie.

La thématique des héros décelée dans la sélection, aurait pu être l’inspiratrice du choix de Vincent Lindon comme président du jury, véritable héraut de cette compétition. Mais il n’en fut rien, ce choix résulte d’un désir commun de la direction du Festival de l’avoir comme président depuis trois ans, et de l’envie de Vincent de nous faire partager sa fougueuse passion du cinéma américain. C’est la première fois qu’un acteur dirigera ce jury, de même, pour la première fois, une actrice dirigera le jury révélation Cartier, Valérie Donzelli.

Vous lirez peut-être aussi...

Festival du film américain de Deauville. 39ème édition.
Le KAC © 2017 -  Hébergé par Overblog