Faire en dix mois ce qui n’a pas été fait en dix ans ?

Incroyable de lire et d’entendre les commentaires de la prestation d’Hollande hier soir. Qu’ils soient, d’ailleurs, de droite, de gauche ou des deux extrêmes. A se demander si nos commentateurs savent, déjà, que la première année d’un nouveau président est sous le “contrôle” du budget de l’État voté par la majorité précédente. Comme, d’ailleurs, n’importe quelle collectivité en France.

Pathétique de voir que nos UMPistes n’ont pas de mots suffisamment durs pour juger dix mois de présidence, dont sept sous budget de leur propre majorité, alors qu’ils viennent de nous pondre un quinquennat “blanc”, sauf en ce qui concerne les dettes et les ratés en tout genre.

Délirant d’écouter les Le Pen et autres Philippot se la ramener alors que les municipalités gérées par le Fn ont toutes explosé en vol, sauf une dont le maire est passé à “l’ennemi”.

Rattraper la catastrophe de la mesure phare sarkozyste

La mesure phare de Sarkozy qui fait plouf

Souvenons-nous ; le “travailler plus pour gagner plus” devait, en 2007, être le marron sur la dinde du programme économique du NanoPrésident, tout comme son “plus un seul SDF dans les rues en deux ans” devait être celui de son programme social. On avait bien vu que le second avait très légèrement merdé, vu que, depuis 2007, ce sont des travailleurs qui sont venu rejoindre les sans emplois dans nos rues et, dès 2007, nous étions nombreux à écrire que le “travailler plus pour gagner plus” coûterait cher pour un résultat proche du que dalle.

Et bien, jolies lectrices et fiers lecteurs, depuis le 30 juin dernier ; on en est certain. Le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques, par la plume de son rapporteur UMPiste a présenté sa Synthèse du rapport d’information n° 3615, qui a pour titre “Évaluer le « travailler plus pour gagner plus ” - voir l’original : ici.

Un rapport parlementaire accablant

Ce rapport commence par la présentation de l’article de la loi ad hoc : “L’article premier de la loi n° 2007-1223 du 21 août 2007 en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat, dite « loi Tepa », visait à promouvoir la réalisation d’heures supplémentaires. Les gains de revenus ainsi suscités et l’augmentation du temps de travail des salariés devaient provoquer un surcroît de croissance, permettant de lutter contre le chômage. Il s’agissait de mettre en pratique la formule « travailler plus pour gagner plus ".

Et de présenter le pourquoi/comment de l’étude liée ; "L’étude s’est concentrée, d’une part, sur l’estimation de l’efficience du dispositif (son efficacité ramenée à ses coûts) et, d’autre part, sur les conditions d’élaboration de la décision publique."

Pas de hausse significative du nombre d'heures supplémentaires

Et de reconnaître que "le nombre annuel d’heures supplémentaires n’a pas connu de hausse significative et la durée moyenne effective du travail n’a pas substantiellement augmenté. L’application du dispositif est marquée par un fort effet d’aubaine, un certain nombre d’heures supplémentaires effectuées mais non déclarées comme telles avant la réforme ayant bénéficié des allégements fiscaux et sociaux."

Ainsi, non seulement le bidule existait partiellement avant notre lumineux NanoPrésident, mais pour sa nouvelle partie ; non seulement le nombre d’heures supp n’a pas augmenté ; mais ce dispositif n’a été vraiment utile que pour certaines... Administrations “Le dispositif a certes permis de gratifier certains salariés. Il a aussi, voire peut-être surtout, facilité les restructurations dans l’administration de l’État. Son application dans les hôpitaux publics a également entraîné une meilleure rémunération des personnels particulièrement sollicités et affectés par les modalités de la réduction du temps de travail.”

puisque l’étude nous apprend que “le dispositif n’a bénéficié ni aux non-salariés ni aux salariés n’effectuant pas d’heures supplémentaires. Il a peu bénéficié aux salariés à temps partiel.”

Une mesure de 4,5 milliards d'euros financée par un surcroit de dette publique

Concernant son financement, c’est encore plus catastrophique ; Le coût total de la mesure est évalué à plus de 4,5 milliards d’euros. Et si la Commission de contrôle s’accorde à dire que la mesure a contribué à un maintien - pas une augmentation, hein : un maintien - du pouvoir d’achat des rares salariés qui en ont bénéficié, elle met cela principalement sur le fait que “Son absence de financement par des prélèvements supplémentaires ou des redéploiements de dépense a permis, à court terme, de stimuler la demande intérieure et donc de contribuer à lutter contre la récession de 2009.”

Tout en ajoutant que “Cependant, à moyen et à long terme, cette dépense peu efficace, financée par un surcroît de dette publique". Ainsi, peu de personnes en ont bénéficié, mais tout le monde paye pour et tout le monde remboursera un jour, l'énorme coût de cette NanoMesure.

Quand Le Canard vous aura indiqué que le premier rapporteur de la commission est Jean-Pierre Gorges, député UMP de la première circonscription d’Eure-et-Loir et pas un affreux gôchiste altermondialiste, Le Canard pourra terminer son Billet d’humeur en vous confirmant sa “fierté” d’avoir écrit à peu près la même chose lors de la campagne des présidentielles 2007.

Une succession d’entreprises en difficultés depuis mai. Un hasard ?

Non. Certainement pas un hasard, pour le plus grand malheur des salariés. Le Kiosque aux Canards l’avait d’ailleurs prédit durant la campagne des présidentielles ; le gouvernement UMPiste avait négocié le report de bon nombre de plans sociaux, afin de calmer le jeu sur sa catastrophique gestion de la crise et garder la fausse image d’un gouvernement ayant mis en avant l’entreprise et la compétitivité de notre pays.

La réalité est bien différente. Jamais, durant un quinquennat, la France n’a subit une gestion aussi aléatoire de son économie privée. Et la crise n’explique pas tout ; un président, un premier ministre, un gouvernement se doit de prévoir, d’anticiper et surtout de prendre le temps d’analyser une situation avant de prendre des décisions qui engageront tous les citoyens, dans leurs vie de chaque jour.

Et c’est bien pour cela que le gouvernement actuel le prend, ce temps d’observation, afin de répondre au plus juste aux attentes de toutes et de tous. La différence est de taille, même si elle est bien moins “sexy” au niveau de la communication ; balancer dix réformes en même temps sans en terminer aucune mais en grossissant la communication sur chacune d’entre elle, contre prendre le temps d’analyser chaque situation pour ne lancer que les réformes qui s’imposent, en les terminant.

La France va mal ? Ah oui ?

Ça commence à gonfler Le Kiosque aux Canards. A le gonfler grave. On entend, chez nos mononeurones de droite comme d’une certaine gôche auto-proclamée que la France va mal, que depuis le 6 mai c’est la catastrophe interplanétaire ; limite on est en train de devenir comme l’Espagne - Le Canard en revient et ça ressemblait pas à une guerre civile... - voire comme la Grèce, faisant fi des énormes différences existantes entre un pays ayant une économie et un autre, n’en ayant pas.

Mais va expliquer ça à nos mononeurones qui ne comprennent la politique et l’économie que devant The Voice ou Master Chef... Dans le moins pire des cas en écoutant un tribun qui n’a de cesse que de gueuler sans proposer et, aussi, sans siéger...

Oui, on va mieux qu’il y a un an

Et le canard défie quiconque de lui prouver le contraire ! Mis à part, bien sûr, ces mêmes sondages dont nos détracteurs d’aujourd’hui se faisaient les commentateurs d’hier ; pour eux, les sondages sont acceptables alors qu’ils ne l’étaient pas avant le 6 mai... Pathétique de conneries ? Ben non ; juste la réalité de commentateurs qui s’y connaissent en économie comme le canard s’y connait en rituel catholique.

Les “grosses” industries qui licencient ? Pas plus qu’avant, et surtout en sachant que le gouvernement précédent à tout fait, tout tenté afin que les plans sociaux n’apparaissent qu’après les élections, alors qu’ils étaient prévisibles - voir engagés - durant le quinquennat précédent. Et, ces plans sociaux, ne constituent qu’une infime minorité dans le monde du travail, vu que la base salariale de la France est principalement constituée de travailleurs issus de PMI/PME - plus de 90 %.

Donc, on prend la température d’une minorité pour traiter les maux d’une majorité. Drôle de manière de faire de la politique. A moins que cela ne serve les positionnements idéologiques dont, en fait, tout le monde se tape, vu les résultats des scrutins depuis 2007, où les deux extrêmes n’ont pas réussi à passer en tête.

L’OCDE félicite la France

Et elle confirme que les choix du gouvernement vont dans le bon sens : une réduction des dépenses publiques pour diminuer le déficit budgétaire et permettre la baisse des prélèvements sur le travail et les entreprises – composante essentielle des futurs programmes en faveur de la compétitivité.

Des réformes du marché du travail – notamment une nouvelle définition du licenciement économique, la simplification des procédures de licenciement et l’amélioration de l’efficacité de la formation professionnelle et des services d’accompagnement vers l’emploi – sont indispensables pour stimuler la création d’emplois. Dans ce sens, la récente convention collective avec les partenaires sociaux est opportune. Le renforcement de la concurrence dans le secteur des services et la rationalisation des politiques du logement seront essentiels pour augmenter le pouvoir d’achat, créer des emplois et améliorer la compétitivité.

Le maintien du rythme d’amélioration des finances publiques est nécessaire. Les efforts de réduction du déficit structurel doivent se poursuivre comme prévu. Les dépenses publiques sont très élevées en pourcentage du PIB et doivent être progressivement réduites afin d’alléger les prélèvements à moyen terme.

L’épargne des Français continu de grimper

Et pas celle des “nantis” ; non, celle de madame et monsieur “tout-le-monde” ; des petits, des travailleurs, des classes moyennes ; bref, selon les titres de presse, les chiffres clés à retenir sont les suivants :

- 3,52 milliards d'euros : le recul des dépôts sur les livrets bancaires fiscalisés, en novembre dernier (pour un total de dépôt de 178,68 milliards d'euros) ;

- au moins 8 milliards d'euros d'impôts qui ont été ajoutés depuis 2010 sur les revenus du patrimoine ;

- la taxation des revenus du patrimoine pèse 20 milliards d'euros, selon Eurostat. Soit l'équivalent de 1% du PIB.

Sur les différents sondages postés via les réseaux sociaux de BforBank, se dégage en revanche une tendance à la recherche d'optimisation de la rémunération de l'épargne, ou bien aussi d'investir sur l'immobilier.

Clairement, un léger mieux économique et notamment sur le front de l'emploi (84% des Français jugent la lutte contre le chômage prioritaire) pourrait rapidement rebattre ces cartes. Ainsi, Selon les derniers chiffres de l'Insee , le patrimoine financier des ménages s'est accru de 4,1% (à 10,411 milliards d'euros nets), essentiellement porté par les hausses de prix dans l'immobilier.

Si moins d'argent a été placé en actions (-7,6%), l'argent numéraire a été davantage utilisé (+5,8%), ce bien moins que les encours d'assurance-vie (+1,5%), demeurant cependant le premier placement financier national (à 1,430 milliards d'euros d'encours).

Ainsi le taux d’épargne des ménages est, en France, un des plus élevés d’Europe. Il est supérieur à 16% du revenu disponible et a même atteint 16,8% en 2011.

Contrairement à ce que pensent les Keynésiens, c’est a priori plutôt une bonne nouvelle. Si les Keynésiens n’aiment pas l’épargne, c’est parce qu’ils pensent qu’elle représente une non consommation, et comme pour eux la demande est le moteur de l’économie, plus on épargne, moins on dépense, de sorte que l’activité économique se ralentit.

Hollande et son gouvernement bossent

Nous en sommes, à cette heure, à plus de cinquante promesses de campagne mises en place - lire ou relire : http://www.lekiosqueauxcanards.com/45-promesses-de-campagne-realisees -, le président à clairement indiqué hier soir qu’il maintiendrait le cap, le sien, celui pour lequel il a été élu, n’en déplait aux guignols UMPistes et aux extrêmes - Lire ou relire : http://www.lekiosqueauxcanards.com/fran%C3%A7ois-hollande-sur-france-2-gardons-le-cap

Alors oui ; gardons le cap parce qu’il est atteignable et ce, sans effet de manche, sans déclaration insultante, sans bla-bla.

Faire en dix mois ce qui n’a pas été fait en dix ans ?
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