François Hollande applique sa méthode à Google et signe un accord historique

La méthode Hollande, loin de la communication bling-bling, fonctionne. Même dans une négociation compliquée, le président de la république signe un accord avec le patron de Google sur la rémunération des éditeurs de presse par le biais d’un financement de Google pour le développement de projets numériques.

Google et les éditeurs de presse numérique ; un projet de taxe 

Chez les éditeurs numérique de certains pays d’Europe, c’est la fronde contre Google depuis plusieurs mois. Le problème est le suivant ; si chaque éditeur possède et gère la propre monétisation du site web de son édition papier, elle ne récolte pas une partie de la publicité que le moteur de recherche affiche lorsque des internautes l’utilisent afin de trouver un article issu d’un site de presse numérique. 

Les premiers à avoir soulevé le problème sont allemands ; et le parlement allemand commençait à étudier le 29 novembre dernier le projet de loi “Lex Google” qui permettrait aux éditeurs de presse du pays d'être rétribués par les agrégateurs de contenus dès lors qu'ils sont référencés. Google restant le premier moteur de recherche dans nos deux pays - 93 % en Allemagne et 91 % en France. Ainsi, fort de cette première fronde allemande, la France, la Suisse et le Portugal ont suivi.

En France, une négociation sous l’autorité d’un médiateur a fonctionné 

Datant de l’ère Sarkozy, cette affaire trainait lamentablement depuis plusieurs années, portant préjudice aux éditeurs de contenus par rapport aux agrégateurs. François Hollande a ainsi décidé de mettre en place une négociation globale, en recevant dès le mois d’octobre dernier, le PDG de Google Éric Schmidt et nomme Marc Schwartz médiateur. Le deal est simple ; soit les parties s’entendent, soit on légifère. 

La technique qui a fonctionné dans les négociations sur le travail semble être la bonne, puisque les deux parties ont fini par trouver, hier, un accord dit de “partenariat commercial” entre l’agrégateur de contenus et les éditeurs.

Deux projets français financés par Google

Le premier projet va voir Google aider les éditeurs à tirer le meilleur parti d'internet pour accroître leurs revenus publicitaires sur le Net. Le second projet consiste en la mise en place d'un fonds pour l'innovation numérique doté par Google de 60 millions d'euros. Cette enveloppe conséquente financera des projets portés par les éditeurs de presse traditionnels comme les pure players (les sites d'actualité).

«Il s'est produit aujourd'hui un événement mondial», a déclaré le Président Hollande, estimant que «c'est une fierté pour la France d'avoir été capable de réaliser cet accord qui est le premier dans le monde. Cet accord est bon pour la presse française, bon pour les contenus et bon aussi pour Google .» Et bon pour le Président pourrait-on rajouter. 

Car la conclusion de cet accord inespéré démontre aussi que la méthode de concertation voulue par François Hollande a été la bonne.

François Hollande et Éric Schmidt signe un accord historique entre un pays et Google

François Hollande et Éric Schmidt signe un accord historique entre un pays et Google

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