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Publié par Le Kiosque aux Canards

Sarkozy l'avait toujours assuré : le plan de sauvetage des banques, lancé en octobre 2008, était une très bonne affaire pour l'Etat. Sauf que la Cour des comptes avait encore contredit cet optimisme. En prêtant 120 milliards d'euros aux banques, l'Etat avait à très court terme gagné de l'argent, mais ça ne devrait pas durer.

On n’a pas fini de payer pour le bilan de ces guignols !

Combien l'Etat a-t-il vraiment déboursé ?

Seulement le tiers de ce qu'il avait annoncé. Le plan dévoilé en octobre 2008 prévoyait d'accorder jusqu'à 360 milliards d'euros aux banques. Selon le rapport de la Cour des comptes publié ce jeudi, l'Etat n'a déboursé que 120 milliards d'euros, notamment :
- 77 milliards d'euros sous la forme de prêts ; .
- 20,75 milliards d'euros en apports de fonds propres (en entrant au capital des banques)
Pourquoi l'Etat n'a-t-il dépensé qu'un tiers de l'enveloppe ? D'abord, la situation des banques s'est redressée beaucoup plus vite que prévu. En annonçant une aide massive, l'Etat a aussi voulu marquer les esprits : la France ne laisserait pas son système bancaire s'effondrer, et elle allait y mettre le prix.
Les banques ont-elles remboursé l'Etat ?

En partie. C'est presque fait pour les 20,75 milliards d'euros apportés en fonds propres. Six banques en avaient bénéficié. Quatre d'entre elles ont déjà racheté la participation de l'Etat dans leur capital. La banque franco-belge Dexia et le groupe Banque populaire-Caisse d'épargne doivent encore rembourser 6,3 milliards d'euros.

Le remboursement des 77 milliards d'euros prêtés sera plus lent. Ces prêts courent jusqu'à 2014, mais les banques ayant renoué avec les bénéfices, elles, seront en mesure de rembourser.

L'Etat a-t-il gagné de l'argent ?

A court terme, oui. A moyen terme, ce gain devrait s'estomper, voire s'annuler. Selon la Cour des comptes, le plan se traduit par un gain de 1,3 milliard d'euros sur trois ans dans le budget de l'Etat.

Les prêts accordés aux banques, par exemple, ont été une bonne affaire. L'Etat a emprunté l'argent à un taux avantageux sur les marchés financiers, il l'a ensuite prêté à un taux supérieur aux banques, et les intérêts lui assurent des rentrées d'argent régulières.

A moyen terme, le résultat sera plus mitigé que ne le promettait Nicolas Sarkozy. Selon la Cour des comptes, l'Etat a sous-estimé les « coûts indirects » du plan de sauvetage. Celui-ci pourrait finalement ne rien rapporter du tout :

« Des coûts indirects ont commencé à jouer dès 2009 et surtout en 2010 et leur impact, pérenne et différé dans le temps, est susceptible d'amoindrir progressivement ce bénéfice budgétaire à partir de 2011, jusqu'à l'annuler. »
Parmi ces coûts, il y a d'abord celui des prêts accordés aux banques. Puisque l'Etat a emprunté l'argent apporté aux banques, il doit lui aussi verser des intérêts et il devra lui aussi le rembourser. Cela n'arrangera pas les finances publiques.

Autre « coût indirect » relevé par la Cour des comptes : la médiation du crédit, mise en place pour étudier les demandes de prêts rejetées par les banques. Le dispositif est géré par la Banque de France et il lui coûte cher. Résultat : les profits de la Banque de France baissent et, avec eux, les dividendes qu'elle reverse à l'Etat.

Encore un gloubiboulga dont l’UMP est spécialiste ; des effets d’annonce et peu importe qui paye et pour combien de temps. Logique que leur parti soit quasiment en dépôt de bilan avec une telle logique économique.

Encore un tacle de la Cour des comptes sur l’UMP

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