Elle s’appelait Bernadette Tiendrébéogo, elle fêtait la femme.

Elle a célébré le 8 mars, à l’instar de ses consoeurs du Burkina Faso et du monde entier, la journée internationale de la femme. Sans doute comme toutes les femmes, elle a pris le pari d’améliorer son quotidien et de consolider son émancipation, comme le suggère le thème de cette commémoration, l’«Entreprenariat féminin et autonomisation économique des femmes». Mais c’était sans compter avec la folie meurtrière d’un homme, un militaire, un certain Alphonse Lompo, caporal du Régiment de la sécurité présidentielle, dont la Kalachnikov crachera, sans pitié, ses balles assassines sur la pauvre jeune femme.

Un drame malheureusement trop fréquent en Afrique.

Elle n’avait que 28 ans et ses collègues du Niger attendront en vain son retour à Niamey. Qu’a donc fait Bernadette pour mériter ce triste sort que lui a servi son «ex petit ami»? En attendant que les investigations révèlent au grand jour les dessous de ce crime de trop qu’aurait commis un militaire-encore!- sur une femme-encore!-, on ne peut qu’aligner des pourquoi et des comment. Pourquoi, cet homme, présumé coupable, quel que soit le tort que la victime lui a fait n’a pu contenir sa colère? Pourquoi utiliser une arme de guerre pour régler des comptes à une femme, de surcroît les mains nues? Comment ce militaire s’est-il retrouvé détenteur d’une Kalach alors qu’il n’était pas en mission?

Colère et réaction.

Une folie appelant forcément une autre, c’est tout naturellement que les jeunes de l’ex-secteur 28 de Ouagadougou ont pris la rue en otage depuis la nuit du drame, soit le samedi 9 mars 2013, pour signifier leur ras-le-bol. Malheureusement, comme cela est devenu de coutume, la violence a pris le pas sur la manifestation pacifique. Résultat de la course: feux tricolores détruits, pneus enflammés sur le bitume, abribus et panneaux publicitaires cassés et incendiés, etc. C’est certain, Bernadette n’aurait pas voulu être à l’origine de ces actes violents. Mais peut-on contrôler une foule dont l’ire est du reste justifiée?

La justice doit suivre son cours.

Guet-apens et meurtre commis avec préméditation seront les charges retenues contre le caporal Alphonse Banhala Lompo, auteur présumé de l’assassinat de Bernadette Tiendrébéogo dans la nuit du 9 mars 2013. Il encourt la peine de mort, s’il venait à être reconnu coupable. Telle est l’information essentielle livrée ce lundi 11 mars 2013 à Ouagadougou, aux hommes de médias, par Honorine Méda, procureur général près la Cour d’appel de Ouagadougou, et Placide Nikiéma, procureur du Faso.

Selon les informations livrées par les deux orateurs du jour, le présumé auteur du meurtre a été effectivement arrêté dans l’après-midi du dimanche 10 mars 2012 et conduit à la brigade ville de gendarmerie de Bogodogo par sa hiérarchie. Le caporal Alphonse Banhala Lompo a été interrogé et a même été présenté au procureur du Faso ce lundi matin, avant la conférence de presse, pour la suite de la procédure judiciaire. Honorine Méda, a laissé entendre que vu les faits, le procureur du Faso, Placide Nikiéma s’apprête à ouvrir une information judicaire avec pour chefs d’accusation, assassinat commis avec préméditation et guet-apens. «Pour le moment nous ne pouvons pas vous dire quand aura lieu le procès. La procédure a débuté et suit son cours», selon Honorine Méda.

Une pensée pour cette jeune femme, qui militait pour l'indépendance et l'égalité des femmmes dans son pays. Ce petit billet, pour que l'on en parle un peu sur le Web français.

Elle s’appelait Bernadette Tiendrébéogo, elle fêtait la femme.
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