80 morts sur le chemin de Saint-Jacques : la faute à l'austérité européenne ?

Comment expliquer un tel excès de vitesse ? L’Espagne a trouvé comme il y a deux ans en Italie, après le naufrage du Concorda, l'homme le plus détestable de son pays : le machiniste du train à grande vitesse reliant Saint-Jacques-de-Compostelle.

Et s'il n'était pas le seul responsable ?

La Renfe, la compagnie publique des chemins de fer espagnols n'aurait-elle pas une petite part de responsabilité car son commanditaire le gouvernement espagnol a joué à fond la carte de l'austérité. Ligne à grande vitesse inaugurée en décembre 2011, ce virage était déjà considéré comme dangereux par les conducteurs des motrices, mais budget oblige, les alarmes et la prise de contrôle de la vitesse du trains ou l'arrêt de celui-ci en cas de vitesse non-réglementaire n'ont pas été mises en place par souci d'économie.

Alors la faute à l'Europe ?

Certainement, les contraintes budgétaires imposées par Bruxelles aux pays en difficulté forcent ces derniers à jouer avec le feu, quitte à jouer aussi avec la vie de leurs propres concitoyens. Austérité et rigueur, ô combien vas-tu coûter en vies humaines, de la santé publique, en passant par les risques écologiques, les suicides dus au chômage, les investissements nécessaires à une sécurité maximale dans les transports ou la vie de tous les jours ? Et j'en passe. 

A l'heure où l'Europe entière s'émeut de cet accident dramatique, nos institutions européennes ne doivent pas se contenter de sincères condoléances mais réfléchir à l'important, au majeur : la sécurité, le bien-être ou bien-vivre de plus de 250 millions d'européens.

Je crois que ce n'est pas le cas. L’Europe ressemble à une espèce de méga Conseil d'Administration où seul l'intérêt de quelques uns semble pris en compte. 

Cet événement doit-nous faire réfléchir sur les conséquences de l'austérité sur notre quotidien, bien au-delà d'un pouvoir d'achat qui ne servira encore qu'une minorité de groupes financiers, de groupes agroalimentaires, de multinationales ou fonds de placement. 

Mazette !

L'Europe est en récession, il faut s'en faire une raison. Mais quelle est cette institution qui peut imposer à un gouvernement d'un pays souverain de faire économies sur le dos de ses concitoyens, au risque de les mettre en danger ? Aucune ! Alors ces 80 morts pourquoi ? A cause de la folie d'un seul homme comme on se plaît à l'entendre sur nos chaînes infos ou sites Web d'actus favoris ou bien le problème est-il plus profond, structurel et irresponsable ?

Mais l'Europe ne semble pas tuer uniquement sur les voies ferrées espagnoles, elle tue aussi au quotidien, avec vice, celui de l'euro fort et de l'économie alignée à la mondialisation.

Attendons les conclusions de l'enquête officielle, mais je pense que la responsabilité du gouvernement espagnol et directement de la Renfe, contraint par Bruxelles à l'austérité, ne pourra pas être ignorée ou atténuée. L'homicide par imprudence qui est officiellement retenu contre le chauffeur du train, doit aussi s'appliquer à ses patrons : la Renfe et le gouvernement espagnol. En effet contrairement à la France, les peines encourues par Francisco José Garzon, âgé de 52 ans, sont additives en Espagne. Ce qui revient à dire que si la peine maximale est appliqué par voyageur décédé lors de cet accident ( entre 3 et 5 ans ), il risque jusqu'à 400 années de réclusion.

A méditer...

Encore une fois, au championnat de l'austérité l'Espagne bat la France 80 à 6. Triste sport que celui de l'Europe.

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