Délinquance : l’UMP avait bidouillé les chiffres

C’est définitivement pas leur année, aux UMPistes.

Après dix années de gestion catastrophique, un quinquennat sarkozyste où la dette a été exponentielle, une année 2012 où nos guignols de droite ont pointé du doigts les hausses d’impôts du gouvernement socialiste, alors qu’en fait, la moitié était issue de la première partie de l’année - donc ce sont “leurs” hausses d’impôts qu’ils fustigaient -.

Après des élections internes clownesques, une situation de dépôt de bilan du parti et des casseroles judiciaires qui s’accumulent, voici que leur cheval de bataille ; la sécurité, tombe, elle aussi, en quenouille.

Le rapport de l'Inspection générale de l'administration (IGA) : la claque !

Aujourd’hui est tombée l’étude commandée par Manuel Valls, dès son arrivée au ministère de l’Intérieur et... C’est le drame : l’UMP avait bidouillé les chiffres de la délinquance et non, ils n’ont pas augmenté depuis un an. Pire ; l’ex président de la république, lorsqu’il s'agitait au ministère de l’Intérieur dans une incohérente “politique du chiffre” a lui-même généré des “anomalies” et des “manipulations”.

Les rédacteurs de ce rapport ont inspecté les pratiques en matière d'enregistrement statistique des plaintes en remontant jusqu'à 2006. Les "objectifs quantitatifs" ainsi que "certaines directives de l'administration centrale ont pu contribuer à minorer fortement les statistiques", notent-ils. Notamment grâce à l'application de deux directives de 2006. La première en février, la seconde en décembre 2006.

Cette dernière propose au fonctionnaire qui reçoit la plainte d'"ajuster" la qualification pénale des dégradations délictuelles. Celles-ci représentaient 16 % de la délinquance générale en 2006. Elles passent à 11 % en 2011, "faisant sortir, dès 2007 et les années suivantes, près de 130 000 faits" des chiffres officiels.

Les responsables des différents services, placés entre l'injonction d'afficher de bons résultats et l'impératif de contrôler l'application de la procédure,"privilégiaient souvent la première option".

Des pratiques étranges...

Une autre méthode pointée du doigt consiste à modifier l'unité de compte pour certaines infractions. L'inspection prend l'exemple d'un délinquant qui casse dix voitures dans une rue. La procédure voudrait que l'agent constate dix faits, un par plaignant. Or, il est possible de n'en constater qu'un. "Cette pratique est courante", tranche l'IGA.

La remise aux normes par Valls engendre des chiffres plus importants

C'est pour prévenir ce genre de dérives que la gendarmerie et la police s'équipent de logiciels spécialisés. Pulsar pour la première, un dispositif d'assistance semi-automatique qui fiabilise la saisie statistique, TSNICE pour la seconde. Problème : le rapport confirme par ailleurs "une rupture statistique" suite au déploiement dans la gendarmerie de Pulsar, en janvier 2012, qui a modifié les chiffres entre 2011 et 2012, de près de 50 000 faits annuels, soit près de 5 % de la hausse de la délinquance constatée en zone gendarmerie.

L'explosion des chiffres de la gendarmerie connue depuis fin 2012 avait alimenté les critiques de l'opposition qui dénonce un "laxisme" du gouvernement. Michel Rouzeau prévient : le déploiement du logiciel de traitement automatisé des statistiques chez la police nationale "va engendrer dans un premier temps au moins autant d'écart".

Même si l'inspection souligne la "nouvelle impulsion ministérielle" et la modernisation informatique qui devraient atténuer ces pratiques, elle estime qu'aucune statistique fiable n'est à attendre avant 2017.

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