Dégage !

Le Kiosque aux canards a demandé à notre correspondante en Tunisie de revenir sur le "printemps arabe", tel qu'il fut vécu par les tunisiens. Un récit très complet, très pointu et pas toujours en phase avec celui développé par nos médias. A prendre impérativement le temps de lire.

Le récit débute le 14 janvier 2011, quand la population tunisienne s’unit en une seule voix, pour crier le fameux « Dégage », qui a éjecté Le Président dictateur Ben Ali and Co. Mais si la révolte tunisienne était une surprise générale, les révoltes suivantes étaient prévues, sinon programmées, même si des âmes tendres déclareront le contraire...

Le Qatar contre révolutionnaire

Alors que cette révolte se propageait comme une trainée de poudre sous l’œil attentif de l’oncle Sam et de certains de ses cousins de européens , au Moyen-Orient, des cheikhs très bien approvisionnés commençaient à mouiller leur pantalons, ou plutôt leurs djellabas, en ne pensant qu’a leurs grands malheurs, vu que tout ceci pourrait arriver chez eux .

Et pour contredire l’adage qu’un bonheur n’arrive jamais seul ; les cheikhs aux comptes bancaires bien remplit durent faire face à leurs peuples sans provisions !

D’où l’ire de ces riches défroqués, qui n’eurent plus en tête que l’idée d’imposer leur mode de vie à ces révolutionnaires mécréants.

Bien évidemment, le pays précurseur de ce mouvement bénéficiant de l’admiration de tous, c'est-à-dire la Tunisie, fut un casse tête chinois, ou plutôt un casse tête arabe, car ces descendants de la Reine Didon, avaient réussis l’exploit de dégager leur dictateur en s’unissant tous d’une même voix, sans parti, sans leader, et sans groupes ethniques ; les tunisiens ne faisant qu’un !

Du coup pour ces boukachtas (hommes portant des turbans) du Moyen Orient, le dicton, diviser pour mieux régner, n’eut jamais autant de sens que pour la Tunisie.

Le pays n’ayant pas de système tribale, ni de rivalité sunnite/chiite, et encore moins de problèmes ethniques, il fallut trouver une ruse pour diviser les tunisiens, et comme chaque peuple a son Juda, il fallait trouver le Juda Tunisien !

Les Islamistes rentrent en scène

Ce Juda, ils le trouvèrent dans la banlieue chic de Londres, vivant comme un prince, ou plutôt comme un émir, aux frais des saoudiens, depuis 23 ans !

Cheikh Juda, vivait exilé à Londres, après avoir échappé à la peine capitale pour attentats terroristes et meurtriers ; condamnation faites sous Bourguiba et finalement annulé par Ben ALI (Zaba pour les intimes), qu’il l’a libéré et exilé, sachant qu’un jour il aurait besoin que Juda lui renvoi l’ascenseur. C’est ce qu’il se passa par la suite : le juda laissant Zaba vivre son exil doré dans le luxe tapageur des palais saoudiens.

Et alors que les tunisiens se préparaient à commencer à construire la démocratie dont ils ont toujours rêvé, voilà que Cheikh Juda rentre au pays en héros, alors que le seul acte héroïque qu’il ai fait pendant cette révolution, fut de la regarder sur Al Jazeera, la seule chaîne d’information qui informe et déforme à volonté, quitte à monter les effets sonores d’une manif sur une autre.

Bien oui imaginez les effets sonores d’une manif pro nazis montés sur une vidéo de personnes dansant dans une bar-mitsva ; ça, c’est l’info made in Al Jazeera.

Bref, les tunisiens commencèrent donc la rude reconstruction de leur état.

La tâche était d’une ampleur limite titanesque, car ils eurent du faire face à plusieurs facteurs qui leur compliquèrent la vie.

Dégager Ben Ali, fut la tache la plus aisée, mais tapis dans l’ombre, les ennemis de la démocratie veillaient.

D’un coté les contre révolutionnaires encore attachés à l’ex régente de Carthage qui commanda sur catalogue des mercenaires pour semer la terreur dans la population ; et de l’autre, Juda soutenu par les pétro dollars du Qatar et prêt à s’autoproclamer le Khomeiny de la Tunisie.

Les libyens rejoignent le mouvement

Pour compliquer la tache, tant qu’à faire, de ce peuple qui n’eut même pas le temps de fêter sa victoire sur la dictature, voilà que son voisin libyen entame sous l’égide de l’Otan - toujours prêt à aider gratuitement et sans aucune compensation, juste par charité d’âme, tous les peuples en difficulté - débute son insurrection contre l’ex meilleur ami de l’Europe Kadhafi…

Et c’est ainsi que la Tunisie, pays d’environ 11 millions d’habitants, voit arriver un flot de réfugiés de toutes nationalités fuyant les bombardements. Elle reçut en l’espace de quelques semaines jusqu’à 1 million de réfugiés.

Les tunisiens se sentant privilégiés et quelque peu responsables des déboires de leur voisins, les accueillirent, les logèrent et les nourrirent avec leurs propres moyens, ceux de l’état inclus.

Difficile dans de telles conditions de s’occuper et de s’activer à préparer une campagne électorale, comme il se doit, et ces partis fraichement crées post révolutionnaire ne disposaient pas de toutes façons des moyens adéquats pour une grande campagne.

Sieur Juda n’avait pas ce problème : ses courses, ils les faisait dans le supermarché Qataris. Il envoyait la liste de ses besoins et recevait ses achats ou plutôt ses cadeaux plus rapidement qu’avec chronopost !

Et ce qui devait arriver, arriva…

Les élections volées

Il faut rendre hommage à la tribu de Juda ; ils ne chômèrent pas !

Ils allèrent dans les régions les plus reculées du pays offrir leur aide aux personnes démunis - aide qui ne leur coutait rien puisque sortant de la poche des qataris -. Ils se chargèrent même de les emmener bénévolement (c’est là que le mot bénévole prend tout son sens) dans les bureaux de votes situés à plusieurs kilomètres de leur domicile généralement en rase campagne et dépourvus de transports.

Bien sur, ces pauvres gens prirent ces élans d’attention pour de la bonté : bien entendu, ils n’allaient pas mordre la main qui venait de leur donner à manger.

Le même scénario se reproduisit aux quatre coins du pays, et nombreux sont ceux qui ont pensé que le parti de Juda était un parti bon, pieux et charitable…

La suite ont la connait : 37% des sièges sont attribués à ce parti !

Pour autant les tunisiens ne paniquèrent pas 37%, cela veut dire que les démocrates sont majoritaires.

Mais c’était sans compter sur la duplicité et les ambitions démesurés de notre Tartour national (équivalent de tartarin et présentement notre Président provisoire de la république) et de notre mérou qui s’avérait n’être qu’une sardine (le poisson étant le sigle du parti Takatol dont le secrétaire général fut nommé président de l’Assemblé national constituante).

Notre tartour et notre sardine, ayant été de « fervent » défenseurs des droits de l’homme à l’époque de Zaba ( Ben Ali), laïques affirmés et confirmés, étaient considérés, en cette sombre époque, comme opposants à la dictature. D’où la confiance qu’ils inspirèrent au moment des élections.

Il n’eut pas faillit attendre longtemps pour voir surgir l’Iznogoud dormant en chacun d’eux ; en fait, ils voulaient tous deux être Khalife à la place du khalife.

Et forts des voix qu’ils avaient récolté, ces deux Iznogoud reçurent en cadeau d’allégeance à Juda, les postes respectifs de Président provisoire de la République et Président de l’ANC.

Le sort venait d’être jeté. Ce bon peuple qui avait éjecté son dictateur, était vendu à Juda par le Tartour et la Sardine !

Depuis les tunisiens vivent en continuité un bras de fer avec l’actuel gouvernement qui tente par tous les moyens de leurs ôter leur identité pour les assimiler au peuple des boukachtas, le Qatar payant le maximum afin d’éviter la propagation des idées modernistes de la Tunisie.

On peut tromper une personne tout le temps, tout le monde un certain temps mais on ne peut tromper tout le monde tout le temps, et c’est ainsi que le vrai visage de ces islamistes soit disant modérés, deux mots incompatibles mais que Juda a essayé de faire avaler à l’occident, ont montré leur vrai visage.

Crise économique

Les médias internationaux et spécialement les médias français n’ont guère aidé ce petit poucet du Maghreb, en décrivant la Tunisie en situation chaotique.

C’est ainsi que les investisseurs ont déserté la Tunisie où il n’y a jamais eu d’attentat à l’inverse du Maroc ou une bombe a tué plus d’une dizaine de touristes, et qui malgré tout continuait à faire le plein touristiques héritant ainsi de la manne que les tunisiens venaient de leur offrir indépendamment de leur volonté.

Les investisseurs pliants bagages, les touristes effrayés par les news alarmantes et ne voulant pas aller dans ce pays décrit comme le nouvel Afghanistan, l’économie de la Tunisie en pâtis de tous les côtés.

Qu’a cela ne tienne, le Cheikh approvisionné du Qatar promet une aide pour bon et loyaux service et investit en Tunisie de grosses sommes d’argents qui ne créent aucun emploi. En fait d’investissement, il se paye la Tunisie comme il s’est payé le PSG, Zlatan et Beckam !

Mais la Tunisie n’est pas une équipe de football, et cet émirat, tel la grenouille qui voulait être aussi grosse que le bœuf, commence à le comprendre à ses dépends, Al Jazeera est boycottée par une grande partie des tunisiens, suivie de près par tous les pays du printemps arabes.

Quand aux tunisiens forts de leur héritage culturel : ils donnent à chaque instant un nouveau souffle à cette révolution, à qui la tribu de Juda essais par tous les moyens d’asséner un coup final et fatal, comme si leur arrivée au pouvoir était la récompense ultime pour les tunisiens.

Au fil des jours, les 37% du parti de Juda se réduisent comme peau de chagrin tout comme les sympathisants des partis du Tartour et de la Sardine qui n’ont plus de « parti que le nom, et qui sont composé spratiquement et presque exclusivement par les chanceux qui ont su tirer leurs épingles du jeu en obtenant un siège à l’assemblée ou une nomination dans un Ministère ou autre organe d’État. Pour eux et leur famille!

L’opposition, grandissante de jours en jours, commence à donner des sueurs froides dignes d’un thriller d’Hitchcock à cette majorité devenue illégitime depuis plus de 3 mois ; l’ANC ayant été élue pour un an et n’ayant pour seul rôle que d’écrire la constitution, chose qu’elle n’a toujours pas réussi à faire ; ce qui est normal lorsqu’on a essentiellement des thons dirigés par une sardine.

Mais c’était sans compter sur la ténacité du peuple qui leur rappelle à tout moment, à leur grand dam, qu’ils ne sont là que provisoirement, mot qui énerve au plus haut point le Tartour, mais qui n’en n’est pas moins vrai !

Les tunisiens ont encore un long chemin à faire semé d’embuches de toutes sortes, mais malgré tout ils commencent à voir le bout du tunnel.

On n’écrase pas aussi facilement les descendants d’Hannibal !

Dégage !
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