Le terme anglo-saxon “soap”, traditionnellement réservé aux feuilletons télévisés des ménagères de moins de cinquante ans et facilement traduisible par “soupe”, s’applique à merveille à Dan Brown. Ses bouquins, dont les ventes lui permettent de vivre largement de ses droits d’auteurs, sont un mélange des fantasmes d’une population de lecteurs incultes.

Bien que mal écrit, à la limite du gloubiboulga du “Cinquante nuances de Grey”, Dan Brown sait développer une intrigue, en surfant sur la ligne tenue du roman et de la pseudo-réalité des amateurs de complots en tout genre.

Sur Evène, l'intrigue est résumée ainsi

"Robert Langdon, professeur de symbologie à Harvard, se réveille en pleine nuit à l'hôpital. Désorienté, blessé à la tête, il n'a aucun souvenir des dernières trente-six heures. Pourquoi se retrouve-t-il à Florence ? D'où vient cet objet macabre que les médecins ont découvert dans ses affaires ? Quand son monde vire brutalement au cauchemar, Langdon va s'enfuir avec une jeune femme, Sienna Brooks. Rapidement, Langdon comprend qu'il est en possession d'un message codé créé par un éminent scientifique - un génie qui a voué sa vie à éviter la fin du monde, une obsession qui n'a d'égale que sa passion pour l'une des oeuvres de Dante Alighieri: le grand poème épique Inferno.

Pris dans une course contre la montre, Langdon et Sienna remontent le temps à travers un dédale de lieux mythiques, explorant passages dérobés et secrets anciens, pour retrouver l'ultime création du scientifique - véritable bombe à retardement - dont personne ne sait si elle va améliorer la vie sur terre ou la détruire."

Son nouveau roman, Inferno, échappera t’il à la règle “Brown” ?

Déjà, le “bidule” commence mal ; les teasers sont légions et on nous balance infos étranges sur infos étranges ; ça causerait de clés USB dernier cri, de manuscrits cachés, de personnels de sécurités ultra entraînés et armé comme des portes-avions ; bref : de l’étrange et du punchy comme Dan sait l’écrire. Les traducteurs ont eu, chrono en main, à peine deux mois pour traduire 567 pages. On est tenté d'imaginer que l'éditeur de Dan Brown transférera bientôt sa production en Chine, là où la main d´oeuvre est meilleur marché.

Les lecteurs sont censés découvrir la Divine Comédie de Dante. Nul doute qu'ils n'ont jamais entendu parler de la Porte de l'Enfer de Rodin. Et pour que ce ne soit pas trop fastidieux pour les fans de Dan, le tout est agrémenté d'une intrigue de roman de gare. Quitte a falsifier la réalité artistique de l'œuvre de Dante. Et non, les lecteurs de Dan Brown n'en sauront pas plus, après avoir lu Inferno, sur la Divine Comédie.

Inferno, bientôt une suite?

Dan va-t-il être tenté de surfer sur la vague des livres en plusieurs parties? On s'attend à lire la suite d'Inferno sous le titre de Purgatorio et Paradiso. Après les romans policiers nous aurons certainement droit aux romans à l'eau de rose. Autant se renouveler pour ne pas lasser ses lecteurs et piquer ceux de Guillaume Musso et Marc Levy. Le tiroir-caisse ne s'en portera que mieux.

Il n'y a aucun doute qu'Inferno va figurer dans les meilleures ventes de la Fnac. Après un plan marketing bien gras attrape-couillons, on s'attend à voir Inferno adapté en film. La culture consommateur a de beaux jours devant elle.

La paralittérature ou la culture consommateur

La paralittérature regroupe toutes les formes d'écrits qui se situent en marge de l'institution littéraire, autrement dit le corpus des textes dont le statut littéraire est rendu incertain par l'absence de reconnaissance sans être pour autant pleinement identifiable à un autre régime d'écriture (comme l'histoire, le journalisme, etc.). On emploie cette notion surtout pour désigner les différentes formes de littérature populaire, comme la littérature de colportage, le roman d'aventure, le roman policier, le roman de gare, la science-fiction, le roman à l'eau de rose etc., genres où l'ambition littéraire cède le pas au plaisir immédiat du lecteur et à l'appât du gain que cela entraîne pour leurs auteurs.

Consommez moins mais consommez mieux.

Les romans de gare, c'est comme la malbouffe. Plus on en consomme et plus on est en pleine indigestion et le surpoids est inévitable. Évitez les grandes surfaces et leur anonymat, qui mettent en tête de gondole les boîtes de lasagnes en promo. Privilégiez les librairies indépendantes où vous rencontrerez des professionnels passionnés par leur métier. Et c'est dans ces lieux magiques que vous aurez une réelle initiation à l'institution qu'est la littérature.

Inferno : deux mois d'enfer, via Le Kiosque aux Canards

Dan Brown ; le symbolisme pour les beaufs
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