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Publié par Le Kiosque aux Canards

Manou Bouzid, la rédactrice tunisienne du Kiosque aux Canards, revient sur la manifestation du 24 août et développe les prises de positions qui la conduiront à participer à la prochaine, le 30 août.

La semaine Erahil (dégage) a commencé samedi 24 août.

Elle ne concerne pas que le gouvernement et l'Assemblée Nationale Constituante.

Un poste pour les fans de Nahda

Logo officiel d’Ennahda

Il faut savoir que pendant près de deux ans, le seul acte et la seule préoccupation de Nahda a été de nommer à tous les postes un adepte de cette secte sans se préoccuper de leurs compétences. Leur seule allégeance à Nahda est la condition exclusive pour obtenir les nominations quémandées.

Pour seul exemple le nouvel Ambassadeur nommé par leurs soins en Libye est mécanicien. Il a comme expérience celle de son métier. Non pas que la mécanique soit une profession déshonorante, mais pour la diplomatie on peut faire mieux. Et c’est ainsi dans tous les domaines, aucune compétence n’est requise excepté celle d’être adepte du gourou.

On ne peut pas gérer un pays d'après les préceptes d'une religion Après les frères musulmans d’Egypte, Nahda vient encore de prouver que les islamistes n'avaient aucune capacité à gouverner, et de ne pas faire significativement la différence entre la théorie et la pratique, et entre la gestion d’un pays et la religion.


 

Les femmes sont au coeur de cette mobilisation massive

manifestation du 24 août dernier

La situation économique et sociale s'est considérablement dégradée mais la mobilisation populaire prouve encore une fois que l’on ne peut pas faire ce qu’on veut et tant qu’on veut.

Cette campagne prévue pour durer une semaine, a commencé samedi 24 août par une grande marche réunissant entre 20 à 30 000 personnes dont plus de la moitié étaient des femmes, sous une chaleur dépassant les 30°. Et quand on dit femmes, il faut comprendre toutes classes sociales confondues et surtout toutes générations confondues ou comme disait Sardou de 7 à 77 ans. La tunisienne ayant bien compris que si elle ne prenait pas son avenir en main, personne ne le ferait pour elle.

Dans la soirée, la masse humaine devant l’ANC s’est agrandie et les manifestants ont veillé sur la place du Bardo jusqu’à tard dans la nuit dans une ambiance festive comme si la victoire était certaine.

Mais même si au fond, chacun sait que rien n’est certain, personne ne baisse les bras et lorsque les tunisiens voient la panique et la cacophonie d’en face, ils sont motivés plus que jamais.

 

Un gouverneur illégitime

Rached Ghanoucchi, chef d’Ennahda

Suite au lancement de cette campagne, le sieur Rached Ghanoucchi qui n’a aucun poste officiel dirige malgré tout le pays. Nous devons remercier nos amis occidentaux qui le reçoivent comme un chef d’état, le consultent et négocient avec lui pour tout ce qui a trait aux affaires de la Tunisie. Il faut dire qu’ils ont une longue expérience dans le domaine. Ils ont reçu les rebelles syriens comme s’ils étaient un gouvernement officiel. Ainsi, Rached Ghanoucchi essaye de paraitre calme. Il y a malgré tout une véritable panique à bord de Nahda. Le bateau coule mais comme pour le Titanic, il n’y a pas assez de place dans les canots de sauvetages.

Quel ne fut pas l’étonnement des tunisiens de voir ce visage marqué par la haine envers ses compatriotes, leur préférant les frères musulmans d’Egypte dont il est le numéro 2 de l’organisation. Le voilà qu’il apparait tout mielleux et tout sourire au cours d'une l’interview.

"Nous sommes tous frères et sœurs" (ça va faire plaisir à mon père), "nous sommes tous tunisiens". Une première! Il laisse tomber l’arabe littéraire qu’il affectionne, cet arabe propre aux gens du Golfe Persique, pour s’exprimer en dialecte tunisien.

Rappelons que seul Habib Bourguiba le faisait et que la seule fois ou Zine Ben Ali s’est essayé à cet exercice, il a plié bagage le lendemain. Sur le plateau, l’arrogance dont fait preuve habituellement le gourou (terme qui n’est pas péjoratif mais qui décrit réellement sa position au sein de Nahda) s’était faite timide.

Le clou de la soirée fut lorsqu’il a déclamé que les tunisiens n’avaient pas a se plaindre : "lorsqu'ils ouvrent les robinets, de l’eau en sort, lorsqu’ils appuient sur l’interrupteur la lumière jaillit". Le sieur Rached Ghanoucchi qui s’est vautré pendant 23 ans dans un quartier chic de Londres, pense que sans lui, nous pauvres indigènes, nous puiserions notre eau au puis et nous vivrions encore à l’ère de la lampe à pétrole.


 

La proposition de création d'un gouvernement de salut national

Moncef Marzouki, président de la république

Ce fut la seule sensation que ressentirent les tunisiens à son égard. Pathétique au point que pour sauver ce qu’il reste de la popularité de son parti, il n’hésite pas à lâcher ceux qui ont vendu leur âme pour lui. Il l’avait fait en 1987 quand il prit la fuite vers l’Angleterre. Il a laissé croupir dans les geôles tunisiennes ceux qui l’avaient suivit aveuglément dans sa croisade contre les mécréants que nous sommes, en faisant des attentats à la bombe.

Le premier sacrifié sera notre Tartour national, le Président plus provisoire que jamais Moncef Marzouki.

Sieur Ghanoucchi annonce que finalement il accepte la formation d’un gouvernement de salut national, à savoir des technocrates apolitiques s’engageant à ne pas se présenter aux prochaines élections.

Notons que c’est une des exigences faites depuis des mois par l’opposition et la société civile.


 

Il faudrait déjà que le gouvernement actuel démissionne

Ali Larayed, premier ministre tunisien

Si ce n'est pas le cas, le sit-in se déplacera et ira camper devant la Kasbah, notre Matignon.

Ce deal, car il s’agit bien d’un deal dont on ne connaît pas les tenants ni même les aboutissants, n’est pas du tout du goût du chef du gouvernement, Ali Larayed, et encore moins de notre Tartour qui s’accroche pieds et poings liés à son précieux poste.

Aujourd’hui ce même premier sinistre va à l’encontre des déclarations du gourou, affirmant qu’il ne démissionnera pas tant que l’ANC n’a pas finit la rédaction de la constituante et tant que le calendrier des élections n’a pas été établi.

De plus il a vivement dénoncé la multiplication des sit-in et des manifestations, affirmant que ce ne sont pas des méthodes démocratiques. C'est vrai que pour eux des sit-in et des manifestations pacifiques ne sont pas démocratiques. La démocratie à leurs yeux doit s'exprimer avec des gourdins, des sabres, des kalachnikovs et des bombes quand elles ne leur sautent pas à la tête !

Il a également classé comme organisation terroriste le groupe Ansar el Chaaria. Il est devenu à ses yeux infréquentable. Il oublie que c’est le gouvernement nadahouis qui lui a donné son aval pour toutes les expéditions punitives, pour ceux qu'ils jugeaient comme blasphémateurs, allant jusqu'à libérer les assaillants de l'ambassade américaine.


 

Le gouvernement actuel essaye de gagner du temps

Manifestation du 24 août à Tunis

Allant à l’encontre des paroles de son gourou et s’accrochant à son siège comme une tique à un chien, les dissensions semblent au sein de Nahda, prendre de plus en plus forme, à moins que ce ne soit qu’une simple manœuvre de diversions pour gagner du temps. I

l est impossible de leur faire confiance, ils affirment puis contredisent leur affirmation continuellement, semant la confusion juste pour gagner du temps.

Selon les dernières rumeurs, ce serait plus une mutinerie qui se passe au sein de Nahda, qu’un jeu trouble pour tromper l’opposition.

Il y aurait danger dans la demeure si les dinosaures de Nahda, (vous avez les mammouths du PS et nous les dinosaures qui sont l’aile dure de Nahda), se révoltaient contre leur gourou.

Les dés sont jetés, il ne partira pas, ce qui a pour incidence de soulager quelque peu notre Tartour qui a dû passer une nuit blanche suite à la déclaration du gourou qui a affirmé que s’il veut se présenter aux prochaines élections présidentielles, il doit démissionner dès la formation du nouveau gouvernement qui pour l’instant est comme le messie. On en entend parler mais on ne le voit pas arriver.

C’est vrai que personne ne regrettera le Tartour qui peut prétendre à tout sauf à un poste de chef d’état, et il ne sait que trop bien qu’en se présentant, il obtiendra un score plus proche du ridicule que de l’honorable. Alors le porte parole de son parti commence à fustiger celui là même qui l’a placé à la fonction suprême, estimant qu’il lui était légitime de rester à ce poste.

Sachant que le parti de Moncef Marzouki s’est réduit comme peau de chagrin, nul doute que s’il démissionne, il doive dire adieu à Carthage qu’il ne reverra qu’en rêve. Et ce rêve il veut continuer à le vivre coûte que coûte, même si pour cela il doit sacrifier la stabilité du pays duquel il est complètement déconnecté, enfermé dans sa tour d’ivoire.

Mais c’est lui qui sera sacrifié par le gourou qui cherche encore à sauver l’honneur de son parti après la déconfiture de son alter égo Mohamed Morsi l’égyptien.

 

Pour conclure

© Only Photos

De grandes concessions ont été faites, en parole, mais il faut se méfier, car Rached Ghanoucchi est passé maître dans l’art du double langage.

A tout moment on s’attend comme à l’accoutumée, à ce qu’il annonce que nous l’avons mal compris et qu’il n’avait jamais annoncé la création d’un gouvernement de salut national, ce que vient confirmer la conférence de presse d’aujourd’hui du premier sinistre.

En fait Nahda n’est pas inefficace, ce sont les tunisiens qui comprennent mal, et c’est là que nous voyons que Nahda et les tunisiens n’ont pas la même vision du futur de la Tunisie. Nous, nous voulons vivre au 21ème siècle et eux ce sont arrêtés au 14ème siècle. Comme disait César, "Alea jacta est".

Nous irons à la Kasbah le 31 août pour demander son départ.


 

Dégage !

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